Foot féminin : les Bleues n’ont pas peur du vide

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Foot féminin : les Bleues n’ont pas peur du vide
Après leur élimination face à l'Allemagne, vendredi, les Bleues ont l'intention de se relever très vite.@ Minos PANAGIOTAKIS/Getty Images North America/AFP
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ET MAINTENANT ? - Sortie par l’Allemagne en quarts de finale du Mondial féminin vendredi, l’équipe de France de football féminin se projette déjà vers l'avenir et notamment les Jeux Olympiques 2016.

Vendredi soir, dans les coulisses du stade olympique de Montréal, les Françaises, battues par l'Allemagne à l'issue de la séance de tirs au but en quarts de finale de la Coupe du monde (1-1 a.p., 5-4 aux tab), n'ont pas paru abattues. Bien sûr, cette élimination restera comme le "Séville 82" de l’équipe de France féminine et certaines joueuses ont paru plus marquées que d’autres. Ce fut le cas de la jeune Claire Lavogez. La néo-Lyonnaise, 21 ans, a fondu en larmes devant les journalistes présents, avant de s’éclipser, incapable de revenir sur son tir au but manqué, synonyme d’élimination. D’autres ont tenté de relativiser, comme Gaëtane Thiney. Elle a eu la qualification au bout du pied à la 117e minute, mais elle confie avoir vu "le ballon au dernier moment". "Je crois que là, ce fut le début du cauchemar pour moi", a-t-elle glissé au micro Europe 1. Heureusement, les Françaises sont d’éternelles optimistes et, quelques minutes après l'élimination, elles se projettaient déjà vers l'avenir.

Objectif JO 2016 et Coupe du monde 2019 en France. Car les Bleues ont une chance, c’est de pouvoir se rattraper dans un an, au Jeux olympiques de Rio. C’était l’un des objectifs prioritaires de la Fédération française de football - avec une place sur le podium - et il a été rempli par les joueuses de Philippe Bergeroo. "Il ne faut pas tout jeter", rappelle pour Europe 1 la défenseure Jessica Houara-D’Hommeaux. "Certes, on a perdu, certes, on rentre à la maison et c’est cruel, mais il va falloir qu’on se serve de ça. Il y a les JO, c’est une belle compétition, on a les qualités pour faire une médaille." Thiney abonde. "Il ne faut pas baisser la  tête, il faut croire en ce groupe. On a une chance, en perdant en quarts de finale d’une Coupe du monde, on est qualifiés pour les JO. Une année, ça passe très vite, il faut vite rebondir", ajoute l'attaquante de Juvisy. Et la Coupe du monde 2019 qui se déroulera en France est une autre perspective réjouissante. La génération actuelle atteindra sa pleine maturité dans quatre ans et les jeunes (Lavogez, Mbock, Majri, Diani) auront pris un peu plus d’épaisseur et d’expérience sur la scène nationale et internationale.

Quid de l'engouement ? L’engouement médiatique pour le football féminin a été sans précédent en France pendant cette Coupe du monde. Des unes du quotidien L'Equipe à la présence sur place d'une trentaine de journalistes de l’Hexagone pour le quart de finale, l’équipe de France féminine a quasiment eu droit au même traitement que celui de son homologue masculine. Et c'est paradoxalement avec cette défaite que les Bleues vont peut-être entrées dans le cœur des Français. "On ne cherche pas ça, mais cela fait plaisir, c’est génial", confie Camille Abily. "Quand on a eu un coup d’arrêt en 2013, cela s’était un peu tassé, mais là, j’espère que les gens et les sponsors continueront à nous suivre." L’opération séduction a fonctionné, puisque les Bleues ont attiré 4,1 millions de téléspectateurs vendredi soir, avec un pic à à 5,3 millions de personnes pendant la séance des tirs au but, pourtant disputée vers minuit et demi dans l'Hexagone...