Foot et mafia : "Ce sont deux mondes qui se fascinent"

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Brendan Kemmet et Stéphane Sellami, auteurs du livre "Les parrains du foot", invité jeudi au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1, expliquent comment les footballeurs deviennent des "objets de convoitise" pour certains "bandits".

INTERVIEW

Ce sont deux mondes aux relations troubles. Bandits et footballeurs sont amenés à se croiser régulièrement, les bandits espèrant pouvoir profiter des lucratives rémunérations sur les transferts de joueurs, racontent les journalistes Brendan Kemmet et Stéphane Sellami, dans leur livre Les parrains du foot, qui paraît jeudi, et au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1.

"Deux mondes qui se fascinent". "Ces liens se tissent d'abord car les joueurs débutent leur carrière très jeunes et sont donc plus influençables. Ils ont peu de repères, ils sont loin de chez eux et vivent aussi dans un monde qui est celui des bandits", détaille Brendan Kemmet. "Ils ont des intérêts commun, comme les grosses voitures et les boîtes de nuit. C'est là que l'on se rencontre et que des chantages se construisent". "Ce sont deux mondes qui se fascinent", complète Stéphane Sellami.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

"Matuidi s'en sort car il est bien entouré". En 2013, racontent les deux auteurs, le champion du mondeBlaise Matuidi a notamment fait l'objet de convoitise de la part d'un caïd de Saint-Denis. Ce dernier souhaite devenir l'agent du joueur, alors au PSG, et il va aller très loin pour le convaincre. "C'est un homme connu de la police et de la justice et qui met tout en oeuvre pour essayer de prendre la carrière de Blaise Matuidi en main. Il est en contact avec lui via l'un de ses amis qui était chargé de la communication d'une boite de nuit", détaille Stéphane Sellami. "Matuidi s'en sort car il est bien entouré. Son père et sa femme lui disent qu'il ne peux pas partir comme ça avec un nouvel agent, d'autant qu'il ne connaît pas beaucoup cet homme".

"C'est l'omerta". Mais dans le milieu, la règle est d'abord l'omerta. "On a eu beaucoup de difficultés à faire parler les gens. C'est encore un milieu très fermé, qui garde ses secrets", confie Stéphane Sellami. "Les bandits sont présents à la sortie des camps d'entrainement, sont aux matchs, reçoivent des maillots, ce sont des intimes", ajoute Brendan Kemmet. "Mais dès qu'on met le doigt dessus, c'est l'omerta".