Eurocoupe : Strasbourg face à Galatasaray et à son "sixième homme"

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Eurocoupe : Strasbourg face à Galatasaray et à son "sixième homme"
Plus de 12.000 supporters turcs devraient pousser l'équipe de Galatasaray, mercredi soir.@ Bülent KILIC/AFP
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Le club alsacien dispute mercredi sa finale retour de l'Eurocoupe sur le parquet de Galatasaray, réputé pour son public particulièrement chaud.

INTERVIEW

Quatre points. C'est le maigre avantage avec lequel se présentera Strasbourg, mercredi, sur le parquet de Galatasaray, pour la finale retour de l'Eurocoupe. Vainqueur 66-62 vendredi dernier, la SIG devra résister à l'équipe turque, mais aussi à son incroyable public, l'un des plus bouillants d'Europe, comme le montre cette vidéo, filmée lors d'un match d'Euroligue.

Afin de mieux comprendre ce qui attend les joueurs de Vincent Collet, Europe 1 a interrogé Erman Kunter, qui connaît bien le club de Galatasaray pour l'avoir entraîné pendant une saison, en 2002-03. Alors que son équipe s'apprête à disputer la finale de la Coupe de France, dimanche, contre l'Asvel, le coach franco-turc du Mans Sarthe Basket a pris le temps de nous détailler l'ambiance qui règne dans la Abdi Ipekçi Arena mais aussi les différences qui existent entre les publics français et turc.

Pouvez-vous nous expliquer la ferveur qui règne autour du club de Galatasaray ?

Galatasaray est un grand club, où le public pousse son équipe. Un vrai sixième homme. Ils sont tout le temps présents. C'est intéressant de coacher ou de jouer pour une telle équipe parce que l'atmosphère y est différente. Mercredi soir, la salle sera pleine, blindée, entre 12.000 et 13.000 supporters. Mais on fait ce métier pour connaître ce genre d'atmosphère. C'est la beauté du basket, de ce sport. C'est ça le sport de haut niveau. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que Galatasaray est un grand club omnisports. Et cette année, le club de foot n'est pas bon, il ne tourne pas bien. L'équipe a des problèmes, les résultats ne sont pas bons. Mais comme, sur toute la Turquie, Galatasaray compte près de 15 millions de supporters, ceux-ci se sont tournés vers le basket parce qu'au foot, ils ne seront pas champions, ils finiront derrière Beskitas et Fernebahçe. Cette année, le basket représente un peu l'honneur de ce public et c'est pour ça que ça va être chaud.

Quelles différences existent-ils entre les spectateurs en Turquie et en France ?

En France, en général, si l'équipe joue très bien, le public est excellent et met la pression sur l'adversaire. Mais si l'équipe n'est pas bonne, le public n'est pas bon. Le public accompagne donc les performances de l'équipe. À l'inverse, en Turquie, c'est le public qui pousse l'équipe. La différence est là. En Turquie, même si l'équipe n'est pas bonne, le public pousse toujours son équipe (On ajoutera que Galatasaray peut compter sur des supporters ultras, à la différence des clubs français, ndlr).

Comment la SIG peut-elle s'en sortir dans une telle atmosphère ?

C'est un match qui va être vraiment très, très difficile. Il va y avoir énormément de pression sur Strasbourg. Mais je pense que c'est jouable. Les Strasbourgeois sont capables de réaliser un exploit. Il ne faut pas donner de points faciles à Galatasaray parce qu'avec le public, les joueurs peuvent s'enflammer. La clé sera de rester au contact au score (Pour remporter l'Eurocoupe, la SIG doit l'emporter, faire match nul ou perdre par trois points ou moins, ndlr) et de ne pas lâcher, de ne pas perdre de ballons, et d'essayer de renverser la pression du public sur les joueurs de Galatasaray. En général, le public est derrière son équipe mais sait-on jamais. Si les Strasbourgeois restent dans le match, c'est jouable. Mais c'est vrai qu'en face, sur le papier, Galatasaray, c'est plus fort que Strasbourg.