Eurobasket : l'Espagne bat la France et se qualifie pour la finale

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Eurobasket : l'Espagne bat la France et se qualifie pour la finale
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DÉCEPTION - Les Bleus, qui ont mené de 11 longueurs, s'inclinent face à l'Espagne en demi-finales (80-75 après prolongation).

Un an après avoir été éliminée par la France de "sa" Coupe du monde, en quarts de finale, l'Espagne a pris une revanche éclatante, en l'emportant en demi-finales de l'Eurobasket, jeudi soir, face aux Bleus, battus après un nouveau match d'anthologie entre les deux équipes (80-75 après prolongation). Les joueurs de Vincent Collet, trop maladroits, notamment sur la ligne des lancers francs (10/17), ont cédé face à Pau Gasol, auteur de la moitié des points de son équipe (40) ! La France, pourtant bruyamment soutenue par les 22.922 spectateurs du stade Pierre-Mauroy, disputera le match pour la médaille de bronze, dimanche après-midi, contre le perdant de la seconde demi-finale, qui opposera vendredi la Serbie à la Lituanie. Cruelle déception...

Les Bleus ont mené de 11 points. Et puis... Comme tout bon France-Espagne qui se respecte, cette demi-finale est partie sur de solides bases défensives. A la pause, la France, pourtant guère adroite, menait d'une longueur, sur un tout petit score (33-32), grâce à quelques éclairs de Nando De Colo (14 points) et Mickaël Gelabale (10). Mais plusieurs paniers derrière l'arc en début de deuxième période, de Nicolas Batum, Tony Parker et même de... Joffrey Lauvergne ont permis aux Bleus de prendre onze longueurs d'avance (51-40, 28e). Auteur de 23 points dans le troisième quart, l'attaque française allait pourtant se liquéfier dans la dernière période, avec 10 points inscrits seulement. En face, l'infernal Pau Gasol enquillait les paniers faciles et les lancers francs (16/18 !) avec la régularité d'un métronome, jusqu'à placer l'Espagne en tête à 1'50" du terme (64-63).

Gasol en fait voir de toutes les couleurs à la défense française :

Batum héros pour rien, Parker en faillite. Un dernier lay-up de Sergio Rodriguez (15 points) donnait 3 longueurs d'avance à l'Espagne avec 16 secondes à jouer. C'est le moment que choisit Batum pour ressortir du placard son costume de super-héros, vu l'an dernier lors de la Coupe du monde. A 14 secondes du terme, il marquait un trois points synonyme d'égalisation. Sur l'action suivante, Rudy Gobert se chargeait du reste en contrant Pau Gasol. 66-66 prolongation. Très crispé depuis le début de la rencontre, Tony Parker, qui a dû attendre la 16e minute du match pour inscrire ses premiers points, trouva (enfin) le chemin du filet pour placer les Bleus devant (78-60, 42e) mais manqua ensuite deux lancers francs diablement importants. Sa faillite (4/17 aux tirs) et celle de Batum ensuite (le joueur de Charlotte, 3/14 aux tirs, eut trois lancers pour égaliser à 15 secondes de la fin mais les manqua tous les trois, dont le dernier volontairement) scellèrent la défaite des Bleus, entérinée par un Gasol qui marqua les 8 derniers points de son équipe...

Gasol en Une de Marca

Le site de "Marca" a choisi son héros... (Capture d'écran Marca.com)


"Interdiction de louper ça." A l'issue de la rencontre, Batum ne cachait pas sa déception. "On a interdiction de louper ça. Je travaille toute l'année pour ça et là, je rate mes lancers. Mais, au-delà de ça, on est à +11 chez nous..." L'ailier des Bleus regrettait également les coups de sifflet en faveur du géant espagnol Pau Gasol : "On ne nous a pas laissés défendre sur lui. Il a fait ce qu'il a voulu." "On n'a pas grand-chose à se reprocher jusqu'à trois minutes de la fin, où nous avons eu une panne, comme ça nous était arrivé aux Jeux olympiques de 2012", a reconnu le capitaine des Bleus, Boris Diaw. "Ensuite, ça s'est joué aux lancers francs. On est très, très déçus, on voulait gagner devant notre public. Maintenant, il va falloir aller chercher une médaille devant notre public." En perdant jeudi, les Bleus ont abandonné leur titre de champion d'Europe mais également la qualification directe pour les Jeux olympiques. Il leur faudra désormais participer à un tournoi de qualification pour espérer voir Rio l'an prochain.