Euro 2016 : on a préféré regarder Roumanie-Albanie, et on n’a pas été déçus

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Euro 2016 : on a préféré regarder Roumanie-Albanie, et on n’a pas été déçus
L'Albanie a fêté sa victoire face à la Roumanie, dimanche soir, comme une qualification.@ PHILIPPE DESMAZES / AFP
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ON TENTE LE COUP - Alors que tous les regards étaient tournés vers Suisse-France, le Lab Euro a pris le pari de regarder l'autre match du groupe A, Roumanie-Albanie.

Comment ça, on s’en fout ? Non, ce Roumanie-Albanie ne servait pas à rien. L’enjeu du soir, il n’était pas du côté de Lille où la France affrontait la Suisse, deux équipes qualifiées ou quasi qualifiées, mais bel et bien au Parc OL de Lyon, où les deux Petits Poucets du groupe avaient promis de s’arracher pour aller chercher une victoire quasi-obligatoire pour espérer la qualif'.

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Alors oui, on a préféré laisser Suisse-France de côté pour se concentrer sur Roumanie-Albanie. Et on l’a fait jusqu’au bout, comme des pros. On a révisé les statistiques, consulté les compositions et sorti les bonbons. Et on s’y est mis.

C'est parti fort. Si l’on avait eu le moindre petit doute sur l’intérêt de cette rencontre, il aurait été balayé en quelques instants. En six minutes de jeu seulement, la Roumanie avait déjà tiré deux fois au but, Alexandru Matel s’était pris un coude albanais dans l’oreille et Migjen Basha avait déjà pris un carton jaune pour s’être essuyé les crampons sur une épaule roumaine. Le match était lancé.

Le gros combat. On s’attendait à un match ouvert, comme on dit, et bien on a été servis ! Des duels en pagaille, des longs ballons, des prises de risque, ça nous a fait plaisir après un début d’Euro bien pâle. Alors certes, il y a eu du déchet, beaucoup de déchet même, mais l’intensité a compensé. Agressifs et spontanés à l’image d’un duo Stanciu/Stancu intenable, les Roumains ont multiplié les frappes et les occasions de but en début de match. La défense albanaise a commencé à plier, et on s'est dit que l’Albanie n'allait pas tarder à imploser.

Mais un match aussi enlevé ne pouvait pas être joué d’avance. Et après 25 minutes de souffrance, les Albanais sont rentrés dans leur match. Lenjani a d'abord offert au public le raté du siècle sur un centre de Sadiku (il était en fait hors jeu, mais personne n’avait rien vu), Memushaj a ensuite buté sur Tatarusanu. Bref, au fil des minutes, le match s’est équilibré.



30.000 Albanais en furie, nous aussi. Juste avant la mi-temps, le match a basculé. On vous décrit la chose : sur une touche anodine côté droit au profit des Albanais, Memeshaj se retrouve totalement seul. Libre de tout marquage, il se retourne et adresse un bon centre au deuxième poteau. Tatarusanu se troue complètement, Sadiku a un boulevard et il ne se rate pas. Tête décroisée, au fond des filets.

Si vous n'avez pas réussi à imaginer, on vous met la vidéo :



L’Albanie venait de marquer le premier but de son histoire en grande compétition. Comme les 30.000 Albanais du Parc OL, on n’a pas pu s’empêcher de lever les bras en poussant un cri (bon, peut-être un peu moins fort que les 30.000 Albanais).

Des Roumains aux fraises. Les Albanais ont repris la deuxième période sur les chapeaux de roue. Avec toujours cette même agressivité, ils ont poussé les Roumains au supplice. Défensivement, les "Tricolorii" ont peu à peu perdu les pédales, enchaînant les fautes et concédant encore plusieurs occasions. Coup du sort supplémentaire : Denis Alibec est sorti sur civière après une grosse torsion du genou.

La dernière demi-heure de jeu fut à la fois superbe et terriblement pâle techniquement. Les Roumains ont essayé tant bien que mal de relancer la machine en faisant rentrer Torje et Andone, qui trouva la barre (76e minute). Mais les marées noire (pour les joueurs) et rouge (pour le public) ont fini par ne faire plus qu'une et l’Albanie s’est arrachée pour garder ce score de 1-0.

Avec trois points et une troisième place au classement du groupe A, les Albanais de Lorik Cana, entré en jeu à la 87e minute, ne sont pas encore qualifiés pour les huitièmes. Mais ils ne sont pas éliminés non plus. Ils sont dans l'attente du classement des autres groupes (vive l'Euro à 24 !) À la fin du match, supporters et joueurs ont en tout cas pleuré après cette victoire, la première du pays dans une grande compétition. Bon, de notre côté, on n’a pas versé notre larme, mais on est bien obligés de reconnaître qu’on a bien vibré...