Euro 2016 : Comment éviter les affrontements entre hooligans ?

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Euro 2016 : Comment éviter les affrontements entre hooligans ?
Interdire l'alcool dans et aux abors des stades ? Une mesure envisagée par l'Etat.@ TOBIAS SCHWARZ / AFP
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Après les incidents de Marseille, samedi, l'Etat pourrait être amené à interdire l'alcool, voire à interdire les déplacements de supporters.

Dix personnes sont en garde à vue à Marseille après les heurts qui ont éclaté en marge de le la rencontre Angleterre-Russie samedi et qui ont fait 35 blessés, dont quatre graves. Les hooligans se sont notamment battus à coups de bouteilles de bière brisées. Pour éviter de nouveaux débordements, l'alcool est dans le viseur des autorités. Mais d'autres mesures sont envisageables.

Interdire l'alcool ? A Marseille, la consommation d'alcool a catalysé la violence entre supporters et contre les policiers. Dans ce contexte, l'Etat pourrait être amené à totalement interdire la vente d'alcool dans et aux abords des stades. Une décision qui s’avérerait très forte puisque pour l'instant, la réglementation reste timide. A Lens par exemple, les jours de match, la consommation est interdite sur la voie publique mais rien n'empêche de boire dans les bars ou les restaurants et même dans les fan-zones spécial Euro, compétition sponsorisée par une célèbre marque de bière. L'interdiction de la vente d'alcool aux abords des stades pendant l'Euro "peut être envisagée", "mais c'est une décision qui revient aux municipalités des villes hôtes", a précisé le porte-parole de Beauvau, Pierre-Henry Brandet, sur Europe 1.

Cette décision pourrait réduire les violences mais ne suffirait pas, selon le sociologue Nicolas Hourcade :"les supporters anglais étaient suralcoolisés et ça a pu jouer dans leurs réactions mais les incidents les plus graves sont les fait des hooligans russes. Pour eux, ce n'est pas une question d'alcool. Ce sont des professionnels de la violence extrêmement aguerris. L'alcool a pu jouer comme facteur aggravant mais ce n'est pas la cause des incidents."

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Limiter voire interdire les déplacements ? Le spécialiste plaide plutôt pour une amélioration de la coopération entre les polices française et étrangères. Un projet difficile à mettre en place alors que la compétition est déjà commencée... D'autant plus que, selon les autorités françaises, "beaucoup" des participants aux affrontements "n'avaient pas été signalés" par les polices étrangères. Ce qui explique pourquoi ils n'ont pas été refoulés à la frontière.


Autre piste de réflexion sur ce sujet : mieux encadrer les supporters dès leur sortie du train ou de l'avion, comme cela existe déjà parfois dans certains clubs européens. Problème : dans le cadre d'un championnat d'Europe, les supporters arrivent parfois bien avant les matches, et repartent bien après.

Faire des exercices de prévention ? Des scenarii de supporters violents avaient pourtant été envisagés, comme le 3 mai à la gare de Lyon Part-Dieu, où un exercice de sécurité visait à vérifier la coordination entre police et police ferroviaire en cas d'arrivée de supporters étrangers excités. Les policiers devaient encadrer une foule se rendant de la gare ferroviaire au tramway en partance pour le parc de l'Olympique lyonnais à Décines. Un exercice similaire avait eu lieu le 4 mai, à la gare Saint-Charles de Marseille, avec l'hypothèse d'affrontements entre... Russes et Anglais.



Mieux coordonner les efforts ?  Par ailleurs, 3.000 hooligans se sont vu interdire l'entrée sur le territoire à titre préventif et chacune des 23 délégations a envoyé des spotters, chargés de repérer, en civils, les irréductibles supporters violents. L'un de ces spotters, Vincent Manini, témoignait dans Libération le 7 juin. "Nous serons sur le qui-vive quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre afin d’orienter le positionnement des unités de force mobile. Nos barrages devront être extrêmement précis pour endiguer toute tentative de confrontation", annonçait-il dans le quotidien national.

C'est cet endiguement qui a été particulièrement difficile à contrôler dans le Vieux port de Marseille. L'homme ajoutait pourtant, prophétique, "qu'avec les Anglais, c’est toujours sportif". Et avec les Russes aussi.