Nasri, un but et une insulte

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Nasri, un but et une insulte
@ REUTERS
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FOOT - Samir Nasri a fêté son but contre l’Angleterre en criant un rageur "Ferme ta gueule".

Samir Nasri a été désigné homme du match France - Angleterre. Deux choses à retenir dans son match : un but incroyable, une frappe chirurgicale le long du poteau droit du gardien Joe Hart (à voir en vidéo ici), mais aussi pour son étrange manière de célébrer cette action.

Le joueur de Manchester City a en effet rapidement fixé l’une des caméras installées sur le bord du terrain, agitant son index devant sa bouche, manière de dire à ses détracteurs qu’ils feraient mieux de se taire.

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Mais, pris dans son élan, Samir Nasri a complété son geste par un cri facilement décryptable depuis le canapé de son salon : "ferme ta gueule".

"C'est une histoire entre lui et éventuellement ses détracteurs, donc c’était quelque chose de personnel, je n'ai pas à m'immiscer là-dedans", a réagi en conférence de presse le sélectionneur Laurent Blanc, avant d'ironiser : "vous lui demanderez à qui était adressé ce geste...peut-être qu'il était adressé à un ami. J'en saisis rien..non, non, je plaisante".

Une "dédicace" adressée à L'Equipe  

Interrogé au micro d'Europe 1 dans les coursives de la Donbass Arena de Donetsk, Nasri n'a pas hésité une seule seconde au moment d'identifier le destinataire : "le journal L'Equipe". "Moi, je ne lis pas les journaux mais quand ma famille lit les journaux et que tous les jours, c'est la même chose...", a soupiré l'ancien Marseillais. "Ça l'a fatigué d'être critiqué sur matchs prepa alors qu'il dézonait à la demande de #Blanc", a rapidement indiqué sur son compte Twitter Frédéric Calenge, journaliste sportif chez TF1.

"C'était une réponse de ma part, peut-être qu'elle a été maladroite, voilà, je suis un homme et, de temps en temps, j'ai des réactions d'humeur", a conclu Nasri. Seule certitude, par ce geste, Samir Nasri s’inscrit dans la longue tradition des Bleus à fort tempérament (et accessoirement passés par l’OM) puisque Christophe Dugarry avait déjà été remarqué pour une célébration similaire. Lors du Mondial 1998 organisé en France, l’attaquant avait tiré la langue en agitant les bras face caméra pour répondre à ses détracteurs, qui jugeaient qu’il tirait plus souvent à côté des cages que dans les lucarnes.

Interrogé dans L'Equipe, "Duga" refuse pourtant la comparaison. "Samir, on a juste écrit que ses performances n'étaient pas très bonnes, et que sa place de titulaire était peut-être à remettre en cause. Samir n'a pas vécu, j'ai l'impression, 10% de ce que j'ai vécu."

A nouveau dans le feu de l'actualité bleue, deux ans après la Une reprenant l'insulte supposée de Nicolas Anelka à Raymond Domenech, L'Equipe a tenu à minimiser l'affaire par la voix de son plus célèbre journaliste, Vincent Duluc. "Samir Nasri est traité de la même manière par tous les journaux. Il y a unanimité dans la presse et dans les débats, mais on va dire que la puissance de feu traditionnelle de L'Equipe nous donne un écho particulier", a-t-il déclaré sur Europe 1 avant de conclure : "ça ne reste que l'histoire d'un but dans un match nul, on n'est pas non plus en finale de la Coupe du monde."