L'Espagne est seule au monde

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L'Espagne est seule au monde
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EURO - La Roja, vainqueur de l'Italie (4-0), réalise le triplé Euro-Coupe du monde-Euro. Inédit.

Equipe d'Espagne 2

© REUTERS

Le moment où tout a basculé* : On avait eu le sentiment à plusieurs reprises lors de cet Euro (surtout face à la France, moins face au Portugal), que l'Espagne n'avait pas forcé son talent. On en a eu la confirmation, dimanche, en finale, face à l'Italie. Dès l'entame de match, la Nazionale a été étouffée. Et l'ouverture du score espagnole n'a pas tardé. Sur une passe lumineuse d'Andres Iniesta dans la profondeur, Cesc Fabregas, à nouveau titularisé dans une position de "faux neuf", s'est débarrassé de Giorgio Chiellini avant de centrer en retrait pour David Silva, qui, à bout portant, a inscrit le 22e but de la tête de cet Euro. Mais celui-ci a eu un impact bien plus fort que les autres : il a placé l'Espagne sur orbite et mis en lumière les difficultés physiques rencontrées par l'Italie et, en particulier, par Chiellini, remplacé moins de dix minutes plus tard.

L'action Playstation : Sur une manette, il y a toujours ce bouton qui permet au joueur d'accélérer. A la 41e minute, on a eu le sentiment que le défenseur de l'Espagne, Jordi Alba, l'avait enclenché. Sur une passe splendide de son futur coéquipier au Barça, Xavi, le latéral gauche de la Roja s'est retrouvé seul face à Buffon après avoir pris de vitesse toute la défense italienne. Jordi Alba a alors eu le geste juste en adressant une petite frappe de l'intérieur du gauche. A quatre minutes de la pause, l'Espagne menait 2-0 et le match était déjà joué.

Torres, Mata

© REUTERS

Le caviar : On aurait pu choisir la deuxième passe décisive de Xavi, délicieuse, pour le but du 3-0 pour Fernando Torres. Mais on a préféré celle de Torres lui-même pour Juan Mata sur le quatrième et dernier but. Seul face à Buffon, "el Nino" préféra remettre du revers à son coéquipier à Chelsea, qui conclut l'affaire du gauche. Sur cette action, Torres, auteur de trois buts dans la compétition, aurait pu terminer seul meilleur buteur. Mais il a préféré remettre à Mata, "bizuth" lors de cet Euro et qui présente donc le bilan d'un but en six minutes. Cette passe de Torres vient symboliser l'altruisme de l'avant-centre espagnol alors que son alter-ego, Mario Balotelli, lui, s'est perdu.

Le geste technique : Passeur décisif sur le premier but et élu homme du match, Cesc Fabregas a donné raison à son sélectionneur Vicente del Bosque qui avait de nouveau choisi de le titulariser à un poste qui n'est pas le sien, à savoir la pointe de l'attaque, lui qui évolue au milieu du terrain au Barça (ou sur le banc, diront les mauvaises langues). Bien mieux entré dans la partie que face à la France, en quarts de finale, "Cesc" a affolé la défense italienne et réalisé un geste splendide en début de deuxième période. Après avoir débordé sur le côté droit, il élimina Andrea Barzagli en passant le ballon derrière son pied d'appui mais fut un peu court pour offrir le ballon du 3-0 à un de ses coéquipiers. Il céda sa place à un quart d'heure de la fin à Fernando Torres.

Casillas, Di Natale

© REUTERS

Celui qui a bien mérité sa douche : Malgré la sévérité du tableau d'affichage, l'Italie a réussi à exister dans cette rencontre, en tenant le ballon la moitié du temps. Et si elle n'a pas réussi à revenir au score, c'est en raison d'un excellent Iker Casillas, qui a été dominateur dans les airs et qui s'est opposé avec brio aux frappes italiennes. Il a notamment repoussé un tir à bout portant d'Antonio di Natale en début de deuxième mi-temps.

Balotelli à terre

© REUTERS

Le loser : C'était à craindre. A 21 ans, le fantasque Mario Balotelli a sans doute eu du mal à digérer l'emballement médiatique qui a suivi son doublé en demi-finales face à l'Allemagne. L'attaquant de Manchester City a abordé cette finale par le mauvais bout, en alternant agressivité mal placée et choix tactiques hasardeux. Incapable de mettre en danger la défense espagnole, il a filé aux vestiaires au coup de sifflet final, sans saluer quiconque, avant de revenir pour la remise des médailles. Sorti à la mi-temps, son compère Antonio Cassano, visiblement  à court de jus, n'a guère été plus convaincant.

Le Caliméro : Cinq minutes après être entré en jeu, le milieu de terrain italien du PSG Thiago Motta s'est écroulé au sol en se touchant la cuisse droite. Claquage. Et remplacement. Sauf que non. Car le sélectionneur italien Cesare Prandelli avait déjà effectué es trois changements réglementaires (Motta pour Montolivo à la 56e, Di Natale pour Cassano à la mi-temps et Balzaretti pour Chiellini à la 21e). Le technicien transalpin a donc payé au prix fort sa prise de risque (ou son inconscience) et sa volonté de titulariser des joueurs diminués physiquement, comme Chiellini ou Cassano.

Thiago Motta face à l'Espagne

© REUTERS

Le chant : Dès la sortie de Thiago Motta, les supporters espagnols ont commencé à chambrer en chantant "Arriverderci !" ("Au revoir !"). A la vue de leur compétition, on aurait eu tendance à ajouter : "grazie mille". Car l'Italie, si elle est passée un peu à côté de sa finale (le jour de récupération en moins s'est vu), elle a enthousiasmé tous les observateurs lors de cet Euro.

Platini, Monti, Felipe

© REUTERS

Le people : Pour cette finale, le président de l'UEFA, Michel Platini, était entouré du Premier ministre italien Mario Monti, à sa droite, et du prince héritier espagnol, Felipe, à sa gauche.

Villa, Puyol

© Capture d'écran TF1

Ceux qui auraient pu rester chez eux : Mais ils sont venus quand même. Carles Puyol et David Villa, les deux grands absents de la sélection espagnole lors de cet Euro, avaient fait le déplacement pour la finale et sont venus fêter la victoire finale avec leurs coéquipiers. Mais, juste avant de pénétrer sur la pelouse, Puyol et Villa ont tweeté la victoire et répondu à quelques SMS. Comme Hatem Ben Arfa dans le vestiaire des Bleus.

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