Cristiano Ronaldo brise sa malédiction lors des grands tournois

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Cristiano Ronaldo brise sa malédiction lors des grands tournois
Douze ans après, toujours des larmes.
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ENFIN - Des larmes de tristesse aux larmes de joie. La finale de l'Euro 2016 de Cristiano Ronaldo résume à elle seule sa carrière avec le Portugal.

Sa finale avait commencé par des larmes. Cristiano Ronaldo sur une civière, blessé : l'image était forte et l'on voyait déjà sa malédiction se poursuivre. Mais son septième tournoi majeur avec le Portugal, dimanche soir au Stade de France, face aux Bleus (1-0 a.p.), a enfin été le bon. 

  • Euro 2004 : déjà des pleurs

Sa carrière internationale avait déjà commencé par des pleurs, lors de l'Euro 2004. Le monde entier apprenait alors à connaître le prodige de Manchester United, âgé de 19 ans, qui coûtait un penalty à son équipe lors du match d'ouverture en voulant défendre. Car oui, il lui arrivait de se replier en début de carrière. Puis, avec la force de caractère et l'abnégation qu'on lui connait encore, il inscrivait deux buts, dont un en demi-finale contre les Pays-Bas (2-1), pour gagner sa place de titulaire en finale. L'Estadio da Luz se souvient encore de ses larmes, après une défaite contre la Grèce (1-0) qui appartient désormais au passé. 

  • Mondial 2006 : collisions

Mondial 2006 : l'occasion est belle de se racheter. Le Portugal va jusqu'en demi-finale, stoppé par... la France (1-0). Si Ronaldo a marqué un but, un penalty contre l'Iran, le tournoi est marqué par les confrontations contre les Pays-Bas et l'Angleterre. En huitièmes contre les "Oranje" (1-0), il ne joue que les premières minutes, victime d'un tacle à la hanche de Boulharouz dans un match arrosé de 16 cartons dont 4 rouges. Maudit. En quarts, nouvelle pilule à avaler : contre les Anglais (0-0, 3-1 t.a.b.), Cristiano est accusé d'avoir réclamé l'exclusion de son coéquipier à Manchester Wayne Rooney.

  • Euro 2008 : la revanche manquée

Pour l'Euro 2008, Cristiano arrive... déjà blessé, au pied droit, sur la lancée de sa Ligue des champions victorieuse avec Manchester United. Ménagé, il est laissé au repos au dernier match de poules contre la Suisse, perdu 2-0, car le Portugal était déjà qualifié. Il ne marque qu'un but, contre la République tchèque (3-1) et s'arrête en quart de finale face à l'Allemagne (3-2), match où il ne pèse pas. Cristiano repart comme il est arrivé, la confiance en moins.


  • Mondial 2010 : un problème de finition

La confiance, c'est justement ce qu'il lui manque à l'aube d'aborder le Mondial en Afrique du Sud. Le Portugais reste sur une longue série de matches sans marquer avec la Selecçao. Et se libère enfin en signant le dernier but du 7-0 infligé à la Corée du Nord, son premier après onze matches de mutisme qui ont suscité les critiques et fâché CR7 contre la presse. Il ne peut rien en huitièmes de finale contre l'Espagne (1-0), futur vainqueur.

  • Euro 2012 : la gourmandise est un vilain défaut

Retour à l'Euro, où Ronaldo conduit son équipe jusqu'en demi-finale, en marquant trois buts. Il réussit un doublé contre les Pays-Bas (2-1), et résout le quart contre la République tchèque (1-0), deux de ses victimes préférées lors des Euros. On se dit que c'est peut-être la bonne. Toujours pas. Sa compétition s'arrête sur une énorme frustration personnelle et son visage crispé. Car Ronaldo, sans doute trop gourmand et animé d'une volonté de jouer les libérateurs, choisi le poste de cinquième et dernier tireur de la série aux tirs aux buts. Un tir au but qu'il ne peut même pas botter, le Portugal ayant perdu avant, encore contre l'Espagne (0-0, 4-2 t.a.b.). Dur.

  • Mondial 2014 : l'illusion

"C'était une erreur d'entretenir l'illusion que le Portugal pourrait être champion du monde", lâche Ronaldo. Au Brésil, en 2014, Cristiano arrive... tiens tiens, blessé. Au genou gauche, cette fois. Hors du coup, il coule avec les siens au premier match contre l'Allemagne (4-0), future championne du monde. CR7 marque tout de même un but pour du beurre contre le Ghana (2-1) sur son talent, mais est éliminé dès le premier tour. Il aurait fallu écraser les "Black Stars", démobilisés et en conflit pour une histoire de primes, pour passer à la différence de buts. La Selecçao s'efface devant les États-Unis. Cristiano repart la tête basse... une nouvelle fois.

  • 2016 : enfin !

Douze ans après Lisbonne, CR7 s'était donné pour mission de faire pleurer lui-même le pays organisateur. Il avait égalé le record de Michel Platini de neuf buts dans les Euros avant la finale. Mais un coup sur le genou gauche asséné par Dimitri Payet dans un choc en tout début de match semblait transformer son grand rendez-vous en cauchemar. Il devait sortir en pleurs sur une civière, sans pouvoir battre Platini. Le gagneur invétéré ne s'est pourtant pas avoué vaincu. Le triple Ballon d'Or est même revenu en boitant à la fin du temps réglementaire pour motiver ses partenaires, vivant la prolongation comme un possédé sur le banc et repositionnant même les joueurs comme s'il était le sélectionneur. Après le but d'Eder, à la 110e minute, synonyme de premier titre international pour le Portugal, il n'a pas pu retenir ses larmes. Cette fois-ci, elles ont le goût de la joie !