Le XV de France peut-il aller au bout ?

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Le XV de France peut-il aller au bout ?
@ REUTERS
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COUPE DU MONDE - A deux matches d’un premier sacre, Europe1.fr juge les chances tricolores.

Juste après la défaite (37-17) contre les Blacks, un journaliste du Parisien demandait à Marc Lièvremont si la France pouvait toujours être championne du monde. Réponse cinglante du sélectionneur : "tu m’emmerdes avec ta question. On vient d’en prendre 40. On va penser à la qualification". Après la victoire convaincante (19-12) contre les Anglais et à cinq jours d’une demi-finale contre les Gallois (samedi à 10h), la question mériterait de lui être reposée. En attendant la nouvelle réponse du coach des Bleus, Europe1.f r essaie d’apporter quelques éléments de réponse.

LES POINTS POSITIFS

Un groupe réveillé. L’humiliation subie contre les Tonga (19-14) a visiblement servi d’électrochoc. Maxime Mermoz a très bien résumé ce changement d’état d’esprit : "il faut être au pied du mur pour changer de visage... C'est dommage d'en arriver là mais c'était peut-être notre destin". Contre les Anglais, le XV de France a donc retrouvé l’agressivité qui a toujours fait sa force. "La priorité, c’est le combat", avait seriné Lionel Nallet avant d’affronter le XV de la Rose. Visiblement, le coq a bel et bien retrouvé du poil de la bête.

Un tableau abordable. Avec la surprenante victoire de l’Irlande face aux Wallabies (15-6) en phase de poules, la France ne retrouvera pas l’Australie mais le Pays de Galles en demi-finale. Pas de triomphalisme prématuré mais quelques statistiques plutôt rassurantes. Pour se hisser en finale, les hommes de Marc Lièvremont devront sortir les Gallois, un adversaire qui réussit habituellement bien aux tricolores. Depuis 2000, les Bleus se sont imposés à 10 reprises en 13 confrontations contre les Dragons Rouges.  

Wales

Le Sud en difficulté. Deux petites semaines ont séparé le Tri Nations de la Coupe du monde. Trop peu pour un sport ultra-exigeant sur le plan physique. L’Afrique du Sud, l’Australie et les Blacks ont perdu de nombreux joueurs clés. Et tout porte à croire que le vainqueur de la deuxième demi-finale, entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie, devrait perdre beaucoup d’énergie en route. De son côté, la France a bénéficié de plus de deux mois de préparation. Une différence qui pourrait se révéler déterminante en finale.

LES POINTS NEGATIFS

La malédiction du lendemain. Les Français ont une fâcheuse tendance à ne pas transformer l’essai. Par le passé, les succès de prestige se sont invariablement transformés en vulgaires coups sans lendemain. En 1987, 1999 et 2007, les Bleus ont sorti un "gros" avant de s‘effondrer au match d’après. Marc Lièvremont est bien placé pour donner la leçon à ses joueurs. Il faisait partie des héros de 1999 qui avaient sorti les Blacks en demi-finale (43-31) avant de plier en finale contre les Wallabies (35-12).

Rougerie

Des joueurs meurtris. Si les Blacks ont payé un lourd tribut avec les forfaits de Dan Carter et de Muliaina, le XV de France n’est pas en reste non plus. Après le forfait de David Skrela remplacé par Jean-Marc Doussain, Marc Lièvremont a dû composer avec de nombreuses blessures. Nicolas Mas et Alexis Palisson ont loupé deux matches, Aurélien Rougerie a frôlé le forfait après sa blessure à l’épaule droite. Dernier en date, Dimitri Yachvili souffrirait d’une contusion après le quart de finale. Normalement, tous ces joueurs devraient être disponibles pour la demi-finale. Mais si le combat est rude contre les Gallois, certains Français pourraient manquer la finale…

Des Blacks trop forts. Dan Carter n’est plus là. Muliaina et Slade ont également jeté l’éponge. Les Néo-Z ont semblé en difficulté contre les Pumas dimanche en quart de finale. Mais les Blakcs restent les Blacks. Et leur heure semble arrivée. Après 24 ans sans sacre, une Coupe du monde organisée à domicile et un effectif très solide, ils font toujours figure d’archi-favoris de la compétition.