J-5 avant de jouer les Blacks

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J-5 avant de jouer les Blacks
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COUPE DU MONDE - La France défie la Nouvelle-Zélande, samedi (10h30) pour son premier grand test.

Deux victoires mais toujours autant d’incertitudes. Si les Bleus ont aligné un deuxième succès dans cette Coupe du monde, dimanche contre le Canada (46-19), il faudra faire beaucoup mieux samedi prochain à l’Eden Park d’Aukland (10h30) pour espérer chatouiller les All Blacks. Même si les grandissimes favoris de la compétition se méfient quand même des petits "frenchies", sorte de chat noir du Mondial. Et pour cause, les Français ont éliminé les Blacks à deux reprises. 

Des approximations à gommer

Après le match contre le Japon (47-21), Marc Lièvremont avait poussé un coup de gueule contre ses joueurs. Une semaine plus tard, il a manié l'ironie face aux journalistes. En commençant par une certaine mise au point : "vu le ramdam qu'ont provoqué mes critiques, je refuse de pointer à nouveau les déficiences individuelles. De toute façon, les joueurs sont assez grands, assez expérimentés, pour savoir que leur match n'a pas été abouti". 

Mais chassez le naturel, il revient au galop. Dix minutes plus tard en conférence de presse, Lièvremont se lâche : "il reste des points noirs. On concède encore un essai casquette, on commet beaucoup de fautes de main, les sorties de balle sont toujours trop lentes sur les rucks, le jeu au pied trop souvent incohérent et mal exécuté". Pour quelqu’un qui prônait la quiétude, il en a même remis une couche : "on a tâtonné pendant une heure restant ainsi à la merci de notre adversaire. Il a même fallu attendre la fin des arrêts de jeu pour arracher le bonus face à un adversaire certes valeureux mais pas exceptionnel".

1999, 2007 et ?

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Difficile pour autant de jeter la pierre au sélectionneur français. Ce qu'a pu observer le sélectionneur, les supporters l'ont également noté. La France doit progresser à grande vitesse avant de défier la montagne noire. De leur côté, les Blacks ont connu deux matches plutôt tranquilles. Une première victoire critiquée contre les Tonga (41-10) et un deuxième succès plus rassurant contre les Japonais (83-7). Chez eux, le moindre faux pas est interdit. Et à cinq jours d’affronter les Français, les Néo-zélandais la jouent plutôt modeste.

Lors de ces deux matches, les Français "n'ont pas dévoilé grand-chose", a estimé l'entraîneur adjoint Wayne Smith. Et de feindre une crainte des Bleus : "je suis sûr qu'ils voudront nous faire chuter, c'est important psychologiquement pour une équipe". Une méfiance de rigueur après deux mauvais souvenirs. En 1999, sortis de leur poule sans vraiment convaincre, les Bleus, emmenés par Christophe Dominici, Christophe Lamaison, mais aussi Marc Lièvremont et Emile Ntamack, avaient renversé les All Blacks en demi-finale (43-31) à Twickenham. En 2007, rebelote, cette fois en quarts de finale (20-18) et grâce à une défense héroïque.

Avec la victoire surprise de l’Irlande (15-6) contre l’Australie, les Français pourraient miser sur une défaite, samedi, contre les Blacks pour éviter l'Australie ou l'Afrique du Sud en demi-finale. Pour Marc Lièvremont, ce choix n’existe pas : "si on joue contre les Blacks de la façon dont on a joué les deux premiers matches, le problème va vite être réglé". Le ton est donné.