Dur, dur d’être remplaçant ?

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Dur, dur d’être remplaçant ?
@ REUTERS
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COUPE DU MONDE - Avant France-Tonga, Europe1.fr analyse le rôle des remplaçants. 

Avant chaque rencontre officielle du XV de France, le cérémonial est le même. Marc Lièvremont se présente face aux journalistes et égrène les noms des titulaires qui composeront le XV de France. Pour les autres, ça sera le banc de touche ou les tribunes. Mais ces remplaçants ne se cantonnent pas forcément à peler des oranges.

"Aider les titulaires"

Julien Pierre figure sur la feuille de match pour affronter les Tonga. Malheureusement pour lui, son nom n’est pas inscrit en haut de l’affiche en gras mais en minuscules en bas, avec celui des six autres remplaçants. Un choix qu’il accepte sans problème : "il y a toujours des déçus, c’est normal. Il y a les 15 titulaires, les 7 remplaçants et les 8 autres joueurs qui attendent le prochain match pour pouvoir peut-être apparaître sur la feuille de match".

Mais le deuxième ligne clermontois n’est pas du genre à faire la gueule et parler à son nombril.  "Les remplaçants vont donner le maximum à l’entraînement pour que les titulaires fassent le meilleur match possible. On va essayer de les aider pour les faire avancer dans la préparation du match".

Si Julien Pierre prend la décision de Marc Lièvremont avec du recul, certains joueurs ont parfois plus de mal à avaler la pilule. "La gestion des remplaçants, c’est l’une des plus grosses difficultés qui apparaît au sein d’un groupe sportif", analyse Jean-Cyrille Lecoq, psychologue du sport, contacté par Europe1.fr. Et de poursuivre : "les remplaçants peuvent déstabiliser ou renforcer un groupe".

"Le discours de l’entraîneur est essentiel"

Dans le meilleur des cas, le remplaçant sera une sorte de deuxième titulaire. "Dans cette configuration, le remplaçant apporte à chaque fois quelque chose quand il rentre. Il devient une véritable arme secrète pour l’équipe", analyse Jean-Cyrille Lecoq. A Manchester United, Sir Alex Ferguson a toujours parfaitement manié son effectif et utilisait à bon escient son attaquant joker, Ruud Van Nistelrooy. L’avant-centre néerlandais rentrait très souvent 10 ou 15 minutes et faisait la différence.

Mais il y a bien évidemment un revers de la médaille. "Le remplaçant peut aussi prendre la décision comme une sanction. Il ne se prépare pas bien et peut apporter une très mauvaise ambiance au sein du groupe". Impossible dans ce cas de figure de ne pas penser à Hatem Ben Arfa. En mauvais termes avec Didier Deschamps, le milieu de terrain français était souvent mis sur la touche. Au lieu de rester vigilant pour une éventuelle entrée, Ben Arfa passait son temps à textoter sur le banc de l’OM. Une situation pas vraiment propice à la bonne santé d’un groupe.

"Le sélectionneur doit avoir un discours très clair avec son effectif", explique Jean-Cyrille Lecoq, psychologue du sport. "Son rôle est essentiel. Il doit instaurer une concurrence saine pour maintenir une bonne ambiance".

L’orgueil ou le collectif ?

Très souvent décrié dans son management sportif, Marc Lièvremont récolte quand même quelques bons points dans la gestion de son groupe. "A chaque fois qu’un joueur est entré depuis le début de la Coupe du monde, il a apporté quelque chose", constate Jean-Cyrille Lecoq. Et de conclure : "c’est signe d’une gestion saine de ses 30 joueurs".

Tous les joueurs de haut niveau veulent être titulaires. Mais pas question de faire passer pour autant son orgueil personnel avant l’intérêt du collectif. Pas de passe ni de belle phase de jeu sur le banc de touche mais les remplaçants ont quand même leur mot à dire. Entre deux encouragements, ils peuvent faire leur entrée et gagner une place de titulaire. Morgan Parra en sait quelque chose