Cinq dangers qui menacent les Bleus

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Cinq dangers qui menacent les Bleus
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COUPE DU MONDE - Avant Galles-France, Europe1.fr a identifié cinq menaces pour les Bleus.

L'équipe de France n'est plus qu'à deux matches du titre de champion du monde. Mais avant d'espérer défier en finale l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, les Bleus doivent d'abord se défaire d'un étonnant pays de Galles. Et ce ne sera pas facile. Voilà pourquoi.

La France sort l'Angleterre, 930

© REUTERS

L'excès de confiance.En battant l'Angleterre (19-12), samedi dernier, en quarts de finale, l'équipe de France est passée en quelques minutes du statut d'outsider à celui de favorite. Pourquoi ? Parce que l'histoire est de son côté. Sur les dix dernières années, la France n'a perdu que trois fois en douze matches face au pays de Galles. Et la dernière confrontation a tourné à la formalité pour les Bleus, vainqueur 28-9 au Stade de France, lors du Tournoi des VI Nations. Lors de deux des trois dernières Coupes du monde, l'équipe de France avait également réalisé un exploit en éliminant les Blacks avant de chuter face à l'Australie (1999) puis l'Angleterre (2007), supposées être davantage à leur portée.

 Comment affronter ce danger ? Quelques minutes seulement après la fin du "crunch", samedi dernier, le sélectionneur comme le capitaine des Bleus rassuraient leur monde : ils évoquaient déjà le match face au pays de Galles. "Peut-être faut-il se dire qu'on n'a pas le droit de passer à côté", a encore expliqué Marc Lièvremont lors de la dernière conférence de presse. A l'image de l'équipe de France de handball ou, plus récemment, de celle de basket, ces Bleus-là ne se croient pas arrivés. Et ça, c'est primordial pour aller loin. 

Les Tonga vainqueurs des Bleus (930x620)

© REUTERS

La rechute dans le jeu. Certains observateurs l'ont bien remarqué. Pour être dans le dernier carré de cette Coupe du monde, l'équipe de France a bien joué une mi-temps, la première face à l'Angleterre. Le reste du temps, cela est allé du passable (Canada, Japon) au catastrophique (Tonga, vingt minutes face à la Nouvelle-Zélande). Même la deuxième période face à l'Angleterre, "perdue" 12-3, fut loin d'être irréprochable. Intégralement reconduit par Marc Lièvremont pour affronter Galles, ce XV de France paraît toujours être sur le fil du rasoir.

Comment affronter ce danger ? Plus que jamais, ce sont les joueurs qui ont la clé. Et à ce sujet, le sélectionneur paraît plutôt confiant. "Les Gallois ont fait preuve de constance sur les autres matches. Nous, Latins, Français, on a besoin d'autre chose, d'une forme de colère. On a besoin d'affectif. On en a parlé entre nous, il faudra un mélange de tout cela." Le bateau France, notamment avec sa troisième ligne Bonnaire-Harinordoquy-Dusautoir (190 sélections à eux trois !), possède des capitaines pour bien naviguer et éviter tout naufrage.

Gallois, jeunes et peur de rien

La jeunesse de Galles.L'envoyé spécial d'Europe 1 l'évoquait dans son billet, jeudi. Le rugby gallois, qui a fait le pari de la détection plutôt que du débauchage, recueille lors de cette Coupe du monde le fruit de cette nouvelle politique. Les moins de 25 ans (sept des quinze joueurs de l'équipe alignée samedi) constituent le noyau dur de cette équipe. Le symbole de cette jeunesse triomphante est Sam Warburton, qui, du haut de ses 23 ans, est le plus jeune capitaine de ce Mondial. "Il y a un psychologue dans le staff qui a beaucoup aidé les jeunes joueurs et m'a aidé moi-même depuis que je fais partie de l'équipe nationale", a confié le troisième ligne des Cardiff Blues. "Il nous aide à rester décontractés et ça compte beaucoup dans la préparation." Jeunes mais déjà costauds dans leurs têtes.

Comment affronter ce danger ? La France va devoir faire de sa différence une force. Avec une moyenne d'âge de 29,4 ans (contre 25,7 ans pour le pays de Galles), le XV du Coq est bien plus expérimenté que son adversaire et semble plus à même de maîtriser le surcroît de pression liée à une demi-finale de Coupe du monde. La capitaine Warburton le reconnaît à demi-mots : "c'est Galles-France, ce n'est pas une demi-finale de Coupe du Monde, et c'est comme cela que nous devons l'aborder mentalement". Mais la réalité peut refaire surface à tout moment en plein match. Et ce serait sans doute à l'avantage des Bleus.

Galles fait un grand pas

Le talent de Shane Williams. Il est, derrière David Campese, le plus grand marqueur d'essais de l'histoire du rugby, avec 56 essais. Homme-clé du Grand Chelem des Gallois dans le Tournoi des VI Nations, en 2005 puis en 2008, le joueur des Ospreys, 34 ans, évolue au plus haut niveau depuis plus de dix ans maintenant et compte 84 sélections avec le pays de Galles. Ailier virevoltant, au physique comparable à celui d'Alexis Palisson (1,70 m pour 80 kg), il sera l'une des principales menaces pour les Bleus, avec son compère ailier George North... de 15 ans son cadet.

Comment affronter ce danger ? Avec ses appuis très bas et sa vitesse de pointe, Shane Williams va forcément poser des problèmes aux Bleus. Mais l'équipe de France a du répondant dans sa ligne arrière, à commencer par Vincent Clerc. Avec six essais, le joueur du Stade Toulousain est le meilleur marqueur de la Coupe du monde et n'a rien à envier question talent à Shane Williams.

Jamie Roberts face à Sean O'Brien (930x620)

© REUTERS

L'efficacité de Jamie Roberts. "Meilleur centre de la Coupe du monde" pour Marc Lièvremont, "joueur-clé pour les Gallois" selon Dimitri Yachvili, Jamie Roberts est sans conteste le "monsieur plus" des Rouges dans cette Coupe du monde. Le joueur de Cardiff, fort de son physique atypique pour un centre (1,93 m et 110 kilos), est l'atout offensif n°1 du XV du Poireau. "C'est simple, a observé le sélectionneur des Bleus, quand ça va moins bien pour les Gallois, ils lui donnent le ballon. Il franchit la ligne d'avantage et remet son équipe dans le sens de la marche."

Comment affronter ce danger ? Les Bleus, admirables dans le combat contre les Anglais, devront être à nouveau efficaces sur leurs plaquages pour contenir les percées de Roberts, susceptibles d’amener les Diables rouges près de l’en-but. Il faudra être costaud pour résister. Et donc, pour gagner.