Mondial : l'Espagne, du ciel à l'enfer

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Mondial : l'Espagne, du ciel à l'enfer
@ Reuters
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DÉSILLUSION - Le champion du monde a quitté la compétition avant même les huitièmes de finale.

Sergio Ramos (930x1240)

© REUTERS

"Du ciel à l'enfer". Ironie de l'histoire, l'Espagne, championne du monde en titre, a été sortie du Mondial 2014 par le Chili (0-2) le jour même où le roi Juan Carlos a signé son abdication. Certes, la Roja n'a pas régné pendant 38 ans comme le désormais ancien Roi d'Espagne mais, à l'échelle du football, sa domination sur quatre ans et trois championnats majeurs (Euro 2008, Coupe du monde 2010 et Euro 2012) a des airs d'éternité. Aucune équipe ne l'avait jamais fait. Alors, au moment d'écrire sur ce qui s'est passé au Maracana, mercredi soir, la presse espagnole est presque déjà nostalgique, à l'instar du quotidien Marca : "le cycle le plus glorieux du football espagnol est mort dans un temple. Au Maracana. On rêvait d'y jouer la finale et on en sort par la petite porte, en étant la deuxième équipe éliminée du Mondial (avec l'Australie, ndlr). L'Espagne ne méritait pas un final comme ça, mais le football est ainsi.  Du ciel à l'enfer.



Vargas, buteur face à l'Espagne (930x620)

© REUTERS

Comme la France en 2002 et l'Italie en 2010. L'Espagne est seulement la quatrième équipe championne du monde en titre à quitter la compétition dès le premier tour après le Brésil en 1966, la France en 2002 et l'Italie en 2010. Mais elle est la première à le faire dès le deuxième match, après deux défaites. "le champion a abdiqué et il l'a fait dans les règles de l'art", écrit encore Marca. "Le Chili a joué avec nos nerfs et l'Espagne n'a rien sorti de toute la soirée. Une fois de plus, rien n'a fonctionné. Casillas a failli, les défenseurs ont failli et l'attaque n'a pas inspiré la peur. Il ne restait même plus une branche à notre étoile."

Une de Marca (930x310)

© Marca


Le constat, appuyé par l'expression "Estrellados !" - "Fracassés !", avec un jeu de mots avec "estrella" (étoile du champion du monde) - est dur, mais juste. En deux matches, l'Espagne a encaissé sept buts - plus que lors de ses trois derniers grands tournois - et elle aurait même pu en prendre plus si le Chili avait été plus inspiré en deuxième période.



Le "Maracanazo" de l'Espagne.Le quotidien As, lui aussi, évoque le cadre de cette déroute, le Maracana, en reprenant à son compte l'expression "Maracanazo" qui désigne la défaite du Brésil face à l'Uruguay lors de la "finale" du Mondial 1950. "La Roja n'a eu ni jeu ni chance. S'ouvre le débat sur la fin de cycle et la succession."

Ce débat, le sélectionneur, Vicente Del Bosque, a refusé de l'ouvrir, estimant qu'il y avait suffisamment de temps pour le faire. "La sélection de Del Bosque a perdu l'occasion qu'elle avait de rester vivante au Mondial, en chutant avec fracas face au Chili, qui s'est montré toujours très supérieur", résume de son côté le quotidien El Pais. Juste en-dessous, le titre de l'article consacré à l'abdication de Juan Carlos, colle encore mieux à la soirée de la Roja : "la fin d'un règne".

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