Comment les adversaires des Bleus sont-ils choisis ?

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Comment les adversaires des Bleus sont-ils choisis ?
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DÉCRYPTAGE - La France affronte la Norvège, mardi, lors de son premier match de préparation pour la Coupe du monde.

La Norvège (27 mai), le Paraguay (1er juin) et la Jamaïque (8 juin). Voilà les trois équipes que l'équipe de France va affronter sur le chemin de la Coupe du monde au Brésil. Comment et pourquoi ces équipes ont-elles été choisies ? Décryptage avec l'ancien sélectionneur des Bleus et consultant d'Europe 1, Raymond Domenech, seul entraîneur de l'ère moderne avec Michel Hidalgo (1978 et 1982) à avoir dû préparer deux Coupes du monde avec la France (2006 et 2010).

Pedersen avec la Norvège (930x620)

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"Trouver un profil type." Le Honduras, la Suisse et l'Equateur : tels sont les trois adversaires de l'équipe de France au premier tour du prochain Mondial. "On essaie de choisir nos adversaires dans une liste de pays, ou au moins dans des régions, pour leur ressemblance avec les pays qu'on va affronter au premier tour", précise Raymond Domenech, consultant Europe 1.  L'idée : effectuer un "panachage", qu'on pourra retrouver au premier tour. Dans le cas présent, la Norvège (ici Pedersen, photo) "représente" la Suisse, le Paraguay "joue le rôle" de l'Equateur et la Jamaïque celui du Honduras (le pays est issu de la même zone Concacaf). Mais impossible, bien sûr, de trouver une équipe au style de jeu parfaitement comparable aux futurs adversaires désignés.

"On est plus à la recherche d'un profil, d'une identité", insiste Raymond Domenech. Le choix final est du ressort du sélectionneur et de la Fédération française. "Sur une liste, on choisit. On ne m'a jamais imposé un pays. Mais c'est évident qu'on ne jouera pas le Brésil en match de préparation, personne ne fera ce genre de trucs."

Paraguay (930x620)

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"Faire avec ce qu'on a." Comme en toute chose, "il y a ce qu'on a envie de faire et les possibilités qu'on a", insiste Raymond Domenech. De fait, les pays qui ne sont pas qualifiés pour la Coupe du monde (comme le Paraguay, photo) sont plus rapidement sollicités, "dès octobre ou novembre", soit avant même le tirage au sort de la phase finale, qui a lieu début décembre. Pourquoi ? Parce qu'une équipe non qualifiée pour la compétition est évidemment plus disposée à effectuer le voyage à l'étranger que celle qui a un calendrier de préparation spécifique.

La France, comme d'autres pays - l'Allemagne, le Brésil ou les Pays-Bas - a ainsi choisi de disputer tous ses matches de préparation à domicile. Ces pays ont parfois décidé de "se frotter" à du "très costaud", qualifié pour le Mondial. C'est le cas notamment des Pays-Bas, qui affronteront le Ghana, ou encore de l'Allemagne, qui sera opposé au Cameroun le 1er juin. Le Portugal, lui, se préparera aux Etats-Unis.

Jamaïque en 2011 (930x620)

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"Jouer d'abord pour nous." Pour Raymond Domenech, l'identité de l'adversaire (ici la Jamaïque, photo) serait presque secondaire. "On joue pour s'adapter au style d'un adversaire, mais on joue d'abord un gros match pour se préparer nous, pour mettre tout le monde à niveau, mettre tout le monde en situation afin d'être prêt le Jour J. C'est la priorité. Le reste, c'est quand même du folklore", assure l'ex-sélectionneur.

Peu importe donc que la Norvège n'ait pas le même jeu que la Suisse ou que la Jamaïque soit plus faible que le Honduras. L'essentiel, c'est qu'il y ait de l'intensité. "Il s'agit plus de matches de préparation avec un degré d'intensité qui doit grimper au fur et à mesure qu'une expérience contre un pays." Et l'ancien sélectionneur de nier farouchement l'existence d'arrangements avec l'équipe adverse pour épargner les joueurs d'une blessure. "Au contraire, c'est quand il y en a un qui veut faire attention que la blessure va arriver. Il faut jouer sans arrière-pensée. Les blessures font partie de ce genre de matches, il n'y a pas d'"attentats", c'est évident. Il doit y avoir de l'intensité sinon le match ne sert à rien."

Deschamps à l'entraînement (930x620)

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"Un objectif : gagner." Au-delà de la nature de l'adversaire, un objectif s'impose : gagner la rencontre. "Il faut les gagner, on l'a vu en 2002, l'équipe de France a quitté le pays après avoir perdu au Stade de France, contre la Belgique (2-1, elle avait ensuite éliminée au premier tour, ndlr)." On pourrait également citer l'exemple de 2010, qui concerne directement Raymond Domenech, quand la France avait perdu 1-0 contre la Chine, signe annonciateur de la débâcle de Knysna à venir.

Cette même équipe de Chine que la France avait battue en 2006 avant le Mondial en Allemagne (3-1). "Je me rappelle de nous en 2006", insiste l'ancien sélectionneur. "On n'avait pas été flamboyants, mais on avait gagné ces trois rencontres. Sans être exceptionnelle, l'équipe avait montré de la force. On part sur des bases solides quand on gagne des matches." En 1998, la France était également restée invaincue en préparation (deux victoires et un match nul)...

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PHOTOS - Le Brésil, terre de Mondial : 1950-2014