Brésil : l'échec de Scolari

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Brésil : l'échec de Scolari
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RESPONSABLE - Le sélectionneur tient sa part dans l'échec du Brésil, mardi, face à l'Allemagne.

Scolari avec Osacr (930x620)

© REUTERS

Luiz Felipe Scolari était l'homme du sacre de 2002. En moins d'une demi-heure, Il est devenu l'homme de la catastrophe de 2014. Rappelé fin 2012 pour conduire le Brésil au titre mondial 12 ans après, le technicien auriverde a failli à sa mission. Pire, il restera comme l'entraîneur de la Seleçao qui s'est inclinée 7-1 en demi-finales de "son" Mondial, un traumatisme destiné à hanter les Brésiliens comme le revers en "finale" du Mondial 1950 face à l'Uruguay, le fameux "Maracanazo" (1-2).

Ce naufrage face à l'Allemagne, destiné à devenir le "Mineirazo", c'est aussi celui de "Felipao". "C'est moi qui ai fait l'équipe, c'est moi le responsable", a reconnu le technicien brésilien, qui avait mené son pays à la victoire en Coupe des confédérations, l'an dernier, en préparation de ce Mondial. "Le résultat est catastrophique et peut-être qu'à l'arrivée, les responsabilités sont partagées mais c'est moi qui décide de la tactique à suivre. Et c'est moi qui assume la responsabilité."

maillot-neymar

La mauvaise gestion du cas Neymar. Depuis le début de la compétition, la réussite de Neymar avait été le cache-misère d'une équipe en souffrance. En l'absence de sa star, le Brésil devait réagir en équipe. Et c'était à l'entraîneur de la mobiliser. Or, dans cette optique, Scolari a visiblement échoué. Il avait fustigé, en off, l'émotivité de son groupe et en particulier de Thiago Silva. Etait-ce alors une bonne idée de laisser Julio Cesar et David Luiz, propulsé capitaine, entrer sur le terrain avec le maillot de Neymar ? Loin de "booster" les joueurs présents sur la pelouse, l'absence de leur n°10 les a visiblement inhibés. Pourtant, Scolari et son équipe avaient fait appel à une psychologue, non ? Et puis, il y a le terrain. Lundi, on s'interrogeait sur le choix qui allait être fait en l'absence de Neymar. Scolari a campé sur ses positions, maintenant son 4-2-3-1, avec Bernard à la place de Neymar. Bernard, qui a perdu sa place de titulaire au Chakthior Donetsk...

Fred (930x620)

© REUTERS

La confiance maintenue à Fred. Si Bernard n'a pas démérité, il n'a pas la culture défensive que possède un Ramires ou un Willian. Lors de la première période, le milieu de terrain brésilien a été littéralement englouti. Face à la faiblesse de son secteur offensif et aux largesses de sa défense, Scolari a rapidement dû se dire qu'il aurait dû aligner un 4-3-3 avec 3 milieux défensifs capables de stopper les vagues allemandes. Au lieu de cela, elles ont déferlé sur une défense aux abois, entre deux latéraux trop offensifs, Maicon et Marcelo, et des centraux totalement perdus, que ce soit David Luiz, battu sur le premier but, ou Dante, remplaçant de Thiago Silva, humilié par Sami Khedira. A la pause, "Felipao" a d'ailleurs fait entrer Ramires et Paulinho pour limiter les dégâts. Il a sorti Hulk, inexistant. Et que dire de Fred ? L'ancien attaquant de l'OL a été fantomatique. Comme lors des cinq matches précédents, finalement. Scolari lui a fait confiance jusqu'au bout. Mal lui en a pris...

Lucas Moura contre la Grande-Bretagne (930x620)

La sélection remise en question ? Mais sortir Fred pour mettre qui ? Jo a été aussi peu performant. En dehors de Neymar, et peut-être de Julio Cesar, aucun joueur brésilien n'a d'ailleurs réussi sa Coupe du monde. Et si les bons joueurs, brésiliens, finalement, étaient restés à la maison ? Quid de Coutinho, énorme avec Liverpool, ou de Lucas, certes imparfait avec le PSG mais capable de mettre le feu ? Un peu comme Neymar. Cette équipe du Brésil a également - et cruellement - manqué de caractère. Thiago Silva, qui fuit ses responsabilités lors de la séance de tirs au but contre le Chili, en est le symbole. Ce Brésil rajeuni n'avait pas de "taulier", un Dunga ou un Roberto Carlos capable de le (re)mobiliser.

Un Ronaldinho ou un Kaka, sans jouer tous les matches, aurait pu apporter ce supplément d'âme et d'expérience qui a cruellement fait défaut à la Seleçao, pas seulement lors de cette demi-finale, mais tout au long du tournoi. " J'ai fait ce que je pensais être le meilleur et ce que je pensais correct", s'est défendu Scolari. "Oui, vous pouvez dire que c'est une défaite terrible à cause du résultat. (...) Maintenant, n'oubliez pas le match de samedi, s'il vous plaît." C'est un vœu pieux : c'est le match de mardi que tous les Brésiliens ont en tête. Et pour longtemps.

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