Bleus : gare à l’excès d'enthousiasme

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Bleus : gare à l’excès d'enthousiasme
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PRUDENCE - Deux victoires, huit buts marqués, les Bleus impressionnent. Mais d’autres équipes brillantes en poules se sont effondrées par la suite. Alors prudence.

La France peut légitimement rêver dans cette Coupe du monde. Mais Didier craint de déchanter. Au lendemain de la victoire brillante de la France contre la Suisse cinq buts à deux, le sélectionneur de l’équipe de France, et ses joueurs avec, n’ont qu’une chose en tête : ne pas céder à l’euphorie, encore moins à la facilité. Si mathématiquement, la qualification n’est pas encore assurée, elle devrait tout de même survenir au terme du match contre l’Equateur mercredi.

Rien n'est acquis pour autant pour les Bleus, qui pourraient même connaître une terrible désillusion. Et ils ne seraient pas les premiers : par le passé, nombre d’équipes flamboyantes en poules se sont écroulées lors des phases finales. Pour exorciser ces démons et préserver la tranquillité d’esprit des hommes de Didier Deschamps, Europe1.fr revient sur ces équipes séduisantes mais inconstantes qui se sont brûlées les ailes.

1994, la coke les met sur de mauvais rails. Difficile de ne pas les aimer. Techniques, collectifs, dribbleurs, malins voire roublards, les Argentins, avec ou sans Maradona, sont des joueurs très séduisants. Toujours brillants, (presque) jamais gagnants. Hormis les deux étoiles décrochées grâce à des joueurs exceptionnels (Mario Kempes en 1978 et Diego Maradona en 1986), l’Albiceleste a souvent vécu une fin de parcours prématurée. Et ce malgré des performances alléchantes dans leurs premiers matchs.

En 1994, pour la dernière Coupe du monde de Maradona, l’Argentine propose un casting hollywoodien (Caniggia, Simeone, Redondo, etc.). Parmi eux, Gabriel Batistuta, meilleur buteur de la sélection avec 56 buts, éclabousse les matchs de sa classe. Triplé contre la Grèce, un match remporté 4-0 grâce à un but du Pibe de Oro. Deux rails de coke plus loin, l’auteur de la "main de Dieu" est suspendu pour dopage. Et la sélection éliminée dès les huitièmes de finale par la Roumanie du génial Gheorghe Hagi.

MAradona

© Reuters

1998, des roquettes s’abattent sur les rastas. Même scénario ou presque quatre ans plus tard. Orphelins de Diego, mais dotés d’une impressionnante force de frappe offensive (Batistuta, Claudio Lopez, Ortega, Veron, etc.), les Argentins explosent la Jamaïque 5-0 et finissent les poules avec trois victoires en autant de matchs. S’ils parviennent à battre l’Angleterre dans un huitième de finale d’anthologie (le but d’Owen, le rouge de Beckham), l’Albiceleste est victime d’un autre artiste, hollandais celui-ci : Dennis Bergkamp inscrit un but splendide et élimine cette équipe prometteuse dès les quart-de-finale.

L’Espagne  et l’amour haine avec Zidane. Mais l’Argentine n’a pas le monopole dans ce registre du favori décevant, du loser prédestiné. L'Espagne a longtemps traîné cette réputation. Étonnant tant la Roja a écrasé le foot mondial entre 2008 et 2012. Mais rappelons qu’en 2006, leur route s’est arrêtée dès les huitièmes de finale. Et pour cause…

2006, le mot de trop. Tout va bien en début de compétition pour les hommes de Luis Aragones. Les Villa, Torres, Casillas et autres Xabi Alonso sont dans la fleur de l’âge et alignent les cartons en poules : 4-0 contre l’Ukraine, 3-1 contre la Tunisie. Seul bémol, ce dernier match remporté poussivement 1-0 contre l’Arabie Saoudite. Annonciateur de la suite, qui se jouera en huitièmes de finale contre la France. Portés par leur assurance, les joueurs promettent qu’ils vont mettre Zidane à la retraite. S’il répondra aux piques par un coup de tête quelques matchs plus tard, le numéro 10 français fait taire les Espagnols d'un coup de patte dans cette rencontre. Un but pour clore une belle victoire 3-1 qui lancera le mondial des Français, poussifs jusque là. Et mettra un terme à celui de la Roja.

Zidane

© Reuters

Le droit à l'enthousiasme. Rassurons-nous, la France a tout de même le droit de se réjouir de voir les Bleus étriller leurs adversaires. Parce que le jeu proposé est séduisant. Parce qu’il est porté par un esprit collectif. Parce que ça faisait trop longtemps qu’on avait pas vu ça en compétition internationale. Mais aussi parce qu’il faut faire confiance aux joueurs et au staff pour faire de ces deux premiers matchs les deux premières marches vers les sommets.

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