Coupe du monde 2018 : comment l'Italie en est arrivée là

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Outre l'élimination face à la Suède en barrages, lundi, l'Italie affiche depuis plusieurs mois un niveau insuffisant, symbolisé par la claque face à l’Espagne en septembre 3-0. 

Les larmes de Gianluigi Buffon, un stade San Siro qui n’ose y croire, et pourtant : l’Italie ne s’envolera pas pour la Russie afin d’y disputer la prochaine Coupe du monde, en juin prochain. Au terme d’un match nul face à la Suède, lundi (0-0), la Squadra Azzurra n’est pas parvenue à renverser la vapeur après l’aller, perdu sans panache (0-1). Pour la première fois depuis 1958, une Coupe du monde de football se disputera sans l’Italie, victorieuse quatre fois de la compétition et finaliste tous les 12 ans depuis 1970. Une question revient, parmi tant d’autres : comment cette grande nation du foot a-t-elle pu être ainsi terrassée ?

L’épisode De Rossi. La scène dit mille mots, au milieu du désastre : alors que l’Italie devait absolument marquer pour garder une chance de valider son ticket, le staff transalpin est venu dire au milieu de terrain Daniele De Rossi d’entrer en jeu. Lequel, en désignant l’attaquant Lorenzo Insigne du doigt, répond qu’il ne faut pas faire match nul, mais gagner. Et refuse de quitter le banc.

Ventura sous le feu des critiques. Un choix étrange de plus pour l’entraîneur italien, Giampiero Ventura, critiqué de toutes parts après "l'apocalypse", comme l'appelle la presse italienne mardi matin. Car le technicien de 69 ans, arrivé aux commandes de la Nazionale après le départ d’Antonio Conte à Chelsea (Angleterre) à l’été 2016, se voit reprocher une succession de décisions discutables : au lieu de titulariser Stephan El Shaarawy ou Lorenzo Insigne, performants en club et percutants en sélection, Ventura a par exemple choisi de faire entrer le premier à l’heure de jeu seulement, alors que le second n’a pas eu le droit de fouler la pelouse. Même avec l'appui de De Rossi.

Trois jours plus tôt, après la défaite à Solna, la Gazzetta dello Sport critiquait déjà sa philosophie de jeu et "une attitude de désaccord flagrant. C’est lui le premier à ne pas croire au 3-5-2" de l’Italie, avec trois défenseurs centraux (Leonardo Bonnucci, Andrea Barzagli et Giorgio Chiellini), solides mais vieillissants.

Verratti, taille patron ? Le rendement des joueurs cadres de cette équipe pose aussi question. Au-delà de Gianluigi Buffon, encore efficace pour son dernier rendez-vous international à plus de 40 ans, Marco Verratti, resté sur le banc après une prestation manquée en Suède et une campagne de qualification moyenne, a peiné à franchir un nouveau palier en sélection. Dans l’optique de l’Euro 2020, faut-il donner les clés du jeu au joueur parisien de 25 ans ? Derrière lui, le milieu Marco Parolo ou le latéral Antonio Candreva n’ont pas su porter l’équipe après l’Euro 2016, terminé en quart de finale face à l’Allemagne, aux tirs au but.

Une attaque redevenue banale. Marco Balotelli, Ciro Immobile, Andrea Bellotti, Manolo Gabbiadini… L’attaque italienne n’a pas non plus su se renouveler depuis le départ de la génération des Del Piero, Inzaghi ou Totti, sacrée en 2006. Elle fait aujourd’hui pâle figure face au potentiel actuel de l’Angleterre, de la France ou de l’Allemagne. Mais aussi de l’Espagne, qui a assez logiquement devancé l’Italie dans le groupe G des éliminatoires, avec 28 points contre 23. C’est d’ailleurs face à la Roja que la démobilisation a commencé pour l'Italie, un soir de septembre, lorsqu’elle a sombré 3-0 à Madrid.

Se profile désormais pour la Squadra Azzurra une difficile période de transition en vue de la Ligue des nations et des qualifications pour l’Euro 2020, qui débuteront en 2018. Plusieurs anciens ne seront plus là pour aider à reconstruire, comme Buffon, De Rossi et Barzagli. Et le chantier est immense.