Ce que les Bleus de Deschamps doivent à l’Espagne

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Ce que les Bleus de Deschamps doivent à l’Espagne
Antoine Griezmann, avec l'Atlético de Madrid, et Samuel Umtiti, avec le FC Barcelone, ont séduit l'Espagne. @ Photos AFP
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Plusieurs joueurs français, comme Griezmann, Varane ou Laporte, se sont révélés ces dernières années dans le championnat espagnol. 

Depuis quelques années, le joueur français est à la mode en Espagne. De nombreux Tricolores, comme Antoine Griezmann, Raphaël Varane ou encore Aymeric Laporte ont trouvé leur bonheur en Liga, considérée à l’heure actuelle comme le meilleur championnat au monde. Le jeu de passes et de possession pratiqué par la "Roja", que l'équipe de France affronte mardi soir en match amical (21h), a également influencé les formateurs français. Voici ce que les actuels Bleus doivent à l’Espagne.

  • Ils ont été formés en Espagne : Griezmann et Laporte

"La France m'a mis au monde et l'Espagne m'a adopté. La France, c'est la famille, la sélection... L'Espagne, c'est mon quotidien". Antoine Griezmann en est bien conscient : il doit tout, ou presque, à son pays d’adoption. Jugé trop frêle par les centres de formation français, il avait dû se résoudre à l’exil pour tenter sa chance de l’autre côté des Pyrénées. Direction la Real Sociedad, son club formateur, où il apprend ses gammes au contact d’un football technique, qui privilégie le jeu au physique. La suite, on la connait : un transfert à l’Atlético de Madrid, un Euro 2016 somptueux et une troisième place au Ballon d’Or.

Mais la star des Bleus n’est pas le seul à avoir cherché fortune en Espagne. L’arrière central Aymeric Laporte, appelé en renfort après la blessure d’Adil Rami (qui joue aussi en Espagne, à Séville), a lui été repéré à 14 ans par l’autre club basque, l’Athletic Bilbao. Considéré comme un des meilleurs défenseurs de la Liga, le jeune joueur de 22 ans est courtisé par les plus grands européens depuis déjà plusieurs années. Une ascension qu’il doit, lui aussi, au nez creux des recruteurs espagnols.

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Aymeric Laporte affronte régulièrement Lionel Messi en Liga avec l’Athletic Bilbao. Photo @ANDER GILLENEA / AFP

  • Ils ont connu le (très) haut niveau en Espagne : Gameiro, Varane, Umtiti

D’autres joueurs de l’équipe de France ont franchi un cap grâce à un transfert en Liga. Le plus beau symbole est assurément Kevin Gameiro, qui, après avoir perdu sa place au PSG, n’avait plus été sélectionné pendant cinq ans (2011-2016). Mais grâce à des performances abouties avec le Séville FC (2013-2016) puis l’Atlético de Madrid (depuis cet été), l’ancien Strasbourgeois a été rappelé par Didier Deschamps en octobre dernier. Auteur d’un doublé contre la Bulgarie, Gameiro est désormais dans les petits papiers du sélectionneur.

Raphaël Varane et Samuel Umtiti (23 ans tous les deux) n’ont, eux, pas connu pareilles difficultés. Le premier nommé, transféré du RC Lens au Real Madrid à 18 ans, est indispensable en club comme en sélection. Mais, blessé, il n’aura pas la joie d’affronter ses coéquipiers du Real mardi soir. Samuel Umtiti, lui, pourrait en revanche jouer contre ses nouveaux partenaires du FC Barcelone. L’ancien Lyonnais, excellent depuis son arrivée cet été, a lui aussi été vite adopté en Catalogne. Avec un joueur du Real et un du Barça, l’avenir de la défense centrale de l’équipe de France est bel et bien assuré.

  • Ils ont été influencés par le jeu espagnol : le virage de la DTN

L’influence du foot espagnol ne se fait pas sentir que dans le recrutement des meilleurs joueurs français. Le jeu de la "Roja", vainqueur du Mondial 2010 et des Euro 2008 et 2012, a également inspiré les formateurs tricolores. Après la catastrophique campagne d’Afrique du Sud et la grève de Knysna en 2010, la France a décidé de revoir sa politique de recrutement. Fini les joueurs grands et physiques, la Direction technique nationale a privilégié la technique et le jeu, à l’instar de ce que faisaient alors l’Espagne et le FC Barcelone, modèles ultimes au tournant des années 2010.  

"Après différentes périodes, nous avons opté pour un courant davantage axé sur le jeu ou sur le collectif, alors qu’avant on était sur un courant plus individualiste. Pendant longtemps on privilégiait des joueurs très individualistes, alors que désormais on privilégie l’intelligence de jeu", explique François Blaquart, l’ancien DTN (Directeur technique national) interrogé par Europe 1. Des réformes qui portent leurs fruits ces derniers mois, avec l’émergence de nombreux talents offensifs comme Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou Adrien Rabiot. Des joueurs qu’on pourrait bien retrouver, d’ici quelques années, dans les plus grands clubs espagnols…