Boxe : Tyson Fury, cet ovni

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Boxe : Tyson Fury, cet ovni
Tyson Fury, extravagant et hors-normes. @ Paul ELLIS/AFP
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Le fantasque boxeur britannique, dépressif et cocaïnomane, a abandonné ses titres de champion du monde poids lourds pour se concentrer sur son traitement médical. 

CINQ CHOSES A SAVOIR

L’imprévisible Tyson Fury a encore frappé. Le boxeur britannique, cocaïnomane et dépressif, a décidé mercredi d’abandonner ses ceintures de champion du monde WBO et WBA pour se concentrer sur son "rétablissement". Contrôlé positif à la cocaïne le 22 septembre dernier, l’autoproclamé "Roi des Gitans" a depuis multiplié les contre-pieds, se jouant avec malice des médias et des amateurs de boxe.

Il a ainsi renoncé à son combat contre l’Ukrainien Vladimir Klitschko au lendemain de son test positif, puis il a annoncé sa retraite sur Twitter, début octobre, avant de se rétracter quelques heures plus tard. Car Fury (28 ans), invaincu chez les professionnels avec 25 victoires en autant de combats, détonne dans le milieu de la boxe, avec son incroyable histoire personnelle, ses déclarations controversées et son sens aigu du show. La preuve en cinq histoires :

  • Il est né grand prématuré

Le colosse de 2,06 m et 120 kilos a dû lutter pour survivre dès son plus jeune âge. Car Tyson Fury est un grand prématuré, né avec plus de trois mois d’avance et ne pesant, alors, que 500 grammes. Mais chez les Fury, une famille de gitans irlandais, on est solide. Le survivant, qui a passé des semaines dans une couveuse, s’est mué au fil des années en un combattant impitoyable. Chez les professionnels, Fury a tout gagné : 25 victoires (18 par K.O.), dont un succès à la surprise générale en novembre 2015 contre Vladimir Klitschko, l’Ukrainien qui était alors invaincu depuis 2004. Un destin hors-normes.

  • Il a une personnalité torturée

Sur le ring, rien n’arrête Fury. Mais au quotidien, il traîne un mal-être chronique, qu’il n’hésite pas à dévoiler dans les médias. Début octobre, il a ainsi reconnu ses problèmes d’alcool et d’addiction à la cocaïne pour lutter contre la dépression dans les colonnes du magazine américain Rolling Stones. "Je ne m’entraîne plus. Je suis dépressif, j’en ai assez de la vie", a-t-il lâché. Avant de s’interroger, dans des propos désarmants de sincérité : "Honnêtement, je ne sais pas si je vais passer l’année. J’espère juste que quelqu’un me tue, avant que je me tue moi-même".

  • Il alimente régulièrement la polémique

Le "Roi des Gitans" a également régulièrement alimenté les tabloïds avec des déclarations controversées. En décembre 2015, il avait ainsi créé la polémique en tenant des propos homophobes dans l’hebdomadaire Mail On Sunday. Fury avait alors estimé que trois choses devaient être réunies "pour la fin du monde" : "l'une d'entre elles, c'est la légalisation dans des pays de l'homosexualité, une autre c'est l'avortement et la dernière, c'est la pédophilie". Fury n’en était pas à son coup d’essai : un mois auparavant, il avait tenu des propos misogynes, où il estimait que "la position d’une femme, c’est dans la cuisine et sur le dos"…

  • Il se prend pour Tony Montana… et Batman

Fury n’est pas qu’un champion dépressif et provocateur. C’est un aussi un vrai show-man. La preuve : avant son combat contre Vladimir Klitschko, en novembre 2015, il a ainsi débarqué en conférence de presse déguisé… en Batman. Arrivé dans sa Lamborghini jaune, Fury a provoqué les éclats de rire et les applaudissements de toute la salle, médusée sur le coup.  

Et comme visiblement il adore se déguiser, il a refait le coup début octobre. Alors qu’il était en pleine tourmente pour son contrôle positif à la cocaïne, il a posté une photo de lui sur Twitter en… Tony Montana, le célèbre personnage de Scarface.

  • Il aime Eric Cantona et l’équipe d’Angleterre

Depuis son enfance, Fury est également un fan de foot, et plus particulièrement de Manchester United, un des des clubs emblématiques de sa ville natale. Petit, il n’avait alors d’yeux que pour Eric Cantona, le "King" des Red Devils. Il est également un vrai supporter de l’équipe d’Angleterre, comme il l’a prouvé cet été lors de l’Euro 2016. Fury s’était ainsi rendu à Nice non seulement pour assister au huitième de finale contre l’Islande, mais aussi et surtout pour faire la fête avec ses compatriotes. Il a ainsi dépensé près de 1.000 euros pour offrir une tournée de Jägerbombs aux nombreux fans présents à ses côtés. De quoi se faire de nombreux amis.