ASSE-OL : la rivalité, jusqu'à quel point ?

  • A
  • A
ASSE-OL  : la rivalité, jusqu'à quel point ?
Au match aller, Lyonnais et Stéphanois avaient livré un rude combat. @ PHILIPPE DESMAZES / AFP
Partagez sur :

CHAUD BOUILLANT - Stéphanois et Lyonnais s'affrontent dimanche soir pour un derby du Rhône une nouvelle fois brûlant. 

Un antagonisme historique, un mariage gâché par erreur, des joueurs remontés à bloc après un match aller bouillant : le derby du Rhône, dimanche soir, se jouera dans un contexte tendu. L'AS Saint-Etienne reçoit l'Olympique Lyonnais, pour le compte de la 21e journée de Ligue 1, quelques jours après un fait divers polémique.  Le 6 janvier dernier, neuf ultras stéphanois ont été condamnés à des peines de quatre mois à deux ans et demi de prison ferme pour avoir saccagé un mariage par erreur. Cette "expédition punitive" visait à l'origine un ancien membre du club de supporters de l'ASSE des Magics Fans, ayant ensuite rejoint un groupe ultra lyonnais. Alors, jusqu'où la tension autour de ce derby, le plus chaud de France, peut-elle monter ?

Un contexte pesant en tribunes... Cet ASSE-OL se jouera dans un contexte extrêmement tendu. Les supporters lyonnais ont ainsi été interdits de déplacement au stade Geoffroy Guichard, afin d'éviter tout débordement. "Dans un état de droit les supporters doivent pouvoir se déplacer. Après, si un match en France peut justifier cette mesure, c'est bien celui-là", estime Nicolas Hourcade, sociologue et spécialiste des supporters.

Car ces dernières années, plusieurs derbys ont été marqués par de violents affrontements en tribunes. "C'est vrai que l'animosité entre les deux clubs a gagné en intensité ces dernières saisons. Le vol d'une partie d'une bâche des Magic Fans par des Lyonnais, en 2013, a été un affront suprême dans le monde des ultras", ajoute Franck Bertau, journaliste et auteur du "Dictionnaire des supporters".  Le match aller, remporté par Lyon 3 à 0, n'a malheureusement pas échappé à la règle. Un stadier a été grièvement blessé à la main par un pétard lancé depuis les gradins, et une voiture du staff de l'ASSE prise pour cible par des supporters de l'OL.

...et sur la pelouse. Sur le terrain aussi, la tension autour de cette rencontre a considérablement augmenté. Une série d'altercations avait ainsi émaillée le match aller (encore). "Y'a des Lyonnais qui méritent des baffes. Nous quand on gagne, on reste humble. Eux ils font ça différemment", avait déclaré Romaim Hamouma, l'attaquant de l'ASSE, très remonté après la rencontre.

Outre les joueurs, les dirigeants des deux clubs se sont eux aussi régulièrement livrés à des joutes verbales. "Les dirigeants ont une part de responsabilité. Faire monter la pression dans la presse ou via les réseaux sociaux, attacher une écharpe devant un kop adverse, sont des démarches qui ne peuvent qu'ajouter de l'huile sur le feu", observe Franck Berteau.

Une rivalité amenée à durer si… Le match retour est donc attendu avec impatience par les deux camps. Surtout que Lyon et Saint-Etienne sont au coude-à-coude, respectivement 6e et 7e du classement avec 29 points. "Si les deux clubs sont au top niveau, le derby n'en devient que plus important. La rivalité sportive est décuplée quand les deux équipes sont proches", explique Nicolas Hourcade.

Dès lors, si les deux clubs continuent à jouer régulièrement les premières places, peut-on craindre des débordements encore plus importants ? " Je ne pense pas qu'on en soit encore là. Les derniers incidents, très médiatisés, peuvent être l'occasion d'une prise de conscience sur les dérapages excessifs", tempère Nicolas Hourcade. Jean-Michel Aulas, le président de l'Olympique Lyonnais, a ainsi reconnu être allé trop loin par le passé. "Romeyer (président de l'ASSE, ndlr) et moi n'avons pas toujours été exemplaires mais nous allons essayer de l'être", a-t-il expliqué vendredi lors d'un entretien à Eurosport, avant de lancer un appel au calme. "Je veux faire passer un message de modération tout en maintenant l'esprit de compétitivité car c'est un match avec beaucoup d'enjeux", a ajouté Jean-Michel Aulas. Un premier signe, peut-être, vers une normalisation du derby.