Zarate Kid

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Zarate Kid
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Dans un championnat relancé chaque week-end, la Lazio Rome, forte d'un printemps guilleret, peut toujours espérer décrocher son sésame pour la prochaine Ligue des champions. Comme un symbole, les Biancocelesti ont retrouvé du punch au moment où Mauro Zarate s'est rappelé au bon souvenir de ceux qui l'avaient crucifié sur l'autel de l'individualisme. L'énigme argentine sera encore l'une des inconnues de l'équation laziale lors du déplacement sur la pelouse de l'Inter, samedi, pour le compte de la 34e journée de Serie A.

Dans un championnat relancé chaque week-end, la Lazio Rome, forte d'un printemps guilleret, peut toujours espérer décrocher son sésame pour la prochaine Ligue des champions. Comme un symbole, les Biancocelesti ont retrouvé du punch au moment où Mauro Zarate s'est rappelé au bon souvenir de ceux qui l'avaient crucifié sur l'autel de l'individualisme. L'énigme argentine sera encore l'une des inconnues de l'équation laziale lors du déplacement sur la pelouse de l'Inter, samedi, pour le compte de la 34e journée de Serie A. Comme tout bon petit scarabée en quête de sagesse, Mauro Zarate a pris de sérieuses corrections, synonymes de remises en question, avant de découvrir les vertus de ces punitions d'apparence inutiles. Mais le chemin de l'apprentissage est encore long avant que cet attaquant argentin atteigne le sommet de son art. Très tôt érigé au rang de futur crack, après un titre de champion du monde des moins de vingt ans, le jeune padawan argentin fut même présenté comme le nouveau Messi par le président de la Lazio, Claudio Lotito, en plein coeur de l'été 2008. On pensait alors le dirigeant laziale victime d'un début d'insolation mais le bouillant gamin de la banlieue de Buenos Aires a vite rafraîchi les esprits des pisse-froid à base de grigris et de buts décisifs. Son art du dribble et son explosivité mettent en émoi la capitale transalpine lorsqu'il offre, un an à peine après son arrivée, la cinquième Coupe d'Italie de l'histoire des Biancocelesti d'une frappe venue d'ailleurs. Le début d'une relation passionnée entre la Societa et son chouchou ? Oui mais non... Car, Zarate, déjà passé par l'Argentine, le Qatar et l'Angleterre à tout juste vingt printemps, connait toutes les peines du monde pour justifier le montant de son transfert définitif (20 millions d'euros) et ses émoluments qui en font le joueur le mieux rémunéré de l'effectif (2 millions d'euros net par saison). Une longue traversée du désert pendant laquelle son égoïsme latent et son rendement famélique irritent dirigeants, staff et coéquipiers sans pour autant ébranler l'amour que lui porte la Curva Nord, regroupant les tifosi les plus représentatifs du club. En mars 2010, le numéro dix laziale va même pousser le bouchon jusqu'à effectuer le salut fasciste dans ce fameux virage où il est convié comme le furent les légendes Paolo Di Canio, Beppe Signori ou Pierluigi Casiraghi par le passé. Si, sur le plan éthique, ce geste déclencha une vague d'indignation dans tout le pays, il scella définitivement dans le marbre le lien frénétique entre l'idole et ses aficionados. Dès lors, tout entraîneur, même en réussite, qui osera se passer des services de Zarate, sera conspué et mis sous pression. Docteur Mauro et Mister Zarate Cette aversion est le lot quotidien d'Edy Reja, l'actuel coach aquile, qui ne jure que par Hernanes, le prophète brésilien, pour guider les siens vers les cimes de la Serie A. L'ancien attaquant du Vélez Sársfield endosse plutôt le rôle de Judas dans l'esprit du sacro-saint technicien. "Zarate, il se comporte comme ça depuis toujours. Ça fait un an que je suis là. Le ballon est pour onze et non pas pour un seul joueur. Il doit corriger sa façon de jouer. Comme ça, ça ne va pas du tout," commente ainsi sévèrement Reja un soir de défaite lors du derby romain. Heureusement que Zarate peut compter sur le soutien de ses coéquipiers, n'est-ce pas M.Dias, défenseur central de son état ? "Je pense que ceux qui s'entraînent le mieux jouent. Reja raisonne aussi de cette manière. C'est peut-être pour ça que Kozak et Sculli (ndlr: les concurrents de Zarate sur le front de l'attaque) ont joué les derniers matches. Parce qu'eux travaillent bien pendant la semaine." Ce drôle de malaise implose en janvier dernier quand l'Argentin exprime sa frustration du moment, en jetant un ballon dans la nuque d'un défenseur de Bologne, après le coup de sifflet final. Baston générale, suspension et... abandon ? Pas tout à fait, car Zarate a dans ses gênes cet orgueil de champion et ce talent atypique qui en font un fuoriclasse indispensable au bon fonctionnement de son équipe. Remplaçant au coup d'envoi à Catane, pour s'être présenté la veille avec une heure de retard à l'entraînement, le feu follet argentin montre en 75 minutes l'immensité de son potentiel : un elastico, deux passes décisives et un magnifique coup-franc pour une large victoire des siens (4-1). Une partition qui tombe au meilleur moment pour la Lazio, plus que jamais en course pour une place en Ligue des champions l'an prochain. Voilà en effet les Biancocelesti à trois points de l'Inter Milan, troisième, chez qui ils se déplacent samedi soir. Avec quel Zarate ? Le souffre-douleur ou le justicier ?