Yachvili, première main

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Yachvili, première main
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Dans le contexte de concurrence, saine et solidaire, de l'aveu même des intéressés, qui l'oppose à Morgan Parra au poste de demi de mêlée du XV de France, Dimitri Yachvili prend les devants, titularisé pour le premier des deux test-matches des Bleus face à l'Irlande samedi, à Bordeaux. Difficile pourtant de ne pas y voir une tendance à l'aube de cette Coupe du monde.

Dans le contexte de concurrence, saine et solidaire, de l'aveu même des intéressés, qui l'oppose à Morgan Parra au poste de demi de mêlée du XV de France, Dimitri Yachvili prend les devants, titularisé pour le premier des deux test-matches des Bleus face à l'Irlande samedi, à Bordeaux. Difficile pourtant de ne pas y voir une tendance à l'aube de cette Coupe du monde. Bien sûr, il ne s'agit que d'un match de préparation. Il est d'ailleurs déjà acquis, selon la logique exposée par Marc Lièvremont, que Morgan Parra disputera le second test-match des Bleus à Dublin face à l'Irlande dans une semaine. Mais c'est bien Dimitri Yachvili qui samedi, débutera à Bordeaux, au côté de François Trinh-Duc, le premier test-match de préparation de l'équipe de France face au XV du Trèfle. Une option qui, quoi qu'en dise Marc Lièvremont, confirme le retour en force du Biarrot, qui malgré la réalité de la concurrence avec Parra, prône toujours la même solidarité avec le Clermontois: "Ça se passe le plus sereinement possible, ça se passe très bien, commente le Yach'. On est deux demis de mêlée, alors forcément, il n'y en aura qu'un sur le terrain, mais la concurrence est saine ; on essaye de s'aider au maximum en sachant qu'il y en aura forcément un sur le flanc, mais en gardant à l'esprit aussi qu'il n'y en aura pas qu'un qui fera toute la Coupe du monde. Donc on est solidaires comme avec nos autres coéquipiers." Parra se fait une raison Au-delà du discours convenu en de telles circonstances et de la réalité du respect entre les deux hommes, c'est la tendance qui se dessine à moins d'un mois de l'entrée en lice des Bleus en Coupe du monde face au Japon, le 10 septembre prochain, à Auckland. Celle d'un Yachvili qui depuis le coup d'envoi de la préparation dégage le sentiment que le demi de mêlée a confirmé le temps d'avance pris en cours de Tournoi, au cours duquel il n'a pourtant été titulaire qu'une seule fois face à l'Angleterre (défaite 17-9), avant de se blesser, sur un Parra en perte de vitesse. Un brin agacé, presque bougon, le Clermontois, à la préparation perturbée par ses adducteurs, semblait d'ailleurs la semaine dernière, depuis Marcoussis, se faire une raison, lui qui, l'an dernier encore, dans l'euphorie du Grand Chelem, faisait figure à 21 ans de taulier et d'alter-ego indispensable de François Trinh-Duc à la charnière: "Il n'y a rien de nouveau... Je ne pense pas avoir écrasé non plus la concurrence. Vous avez mis un peu le bazar durant le Tournoi sur la concurrence, qui pouvait exister entre nous deux, et sur les choix de Marc. Aujourd'hui, il y a un entraîneur et il y a des choix, c'est la loi du haut niveau." Et le premier choix de Lièvremont, c'est Yachvili. Un Lièvremont qui, même s'il s'en défend et prétend prolonger l'absence de hiérarchie établie, semble en passe de se faire une religion sur le cas de son n°9. "Cela fait cinq semaines que l'on brasse énormément, se justifie le sélectionneur. Nous n'avons pas travaillé avec une charnière plutôt que l'autre. On verra, de toute façon les quatre sont dans les vingt-deux. On peut aussi faire du coaching en cours de match..." Un coaching qui, durant le dernier Tournoi, n'avait pas empêché Yachvili d'imposer à Parra toute sa pression. A 30 ans, Yachvili, plus affûté que jamais, dégageant une énergie et un "gaz" impressionnants à l'entraînement, comme pour mieux battre en brèche sa réputation de joueur lent, n'a jamais semblé à ce point proche de disputer une Coupe du monde dans la peau du numéro un. Huit ans après un premier Mondial vécu dans l'ombre de Fabien Galthié en 2003 et quatre ans après son éviction d'un Mondial en France qu'il suivra devant sa télévision, "le Yach'" est prêt à saisir sa chance. Même si le compétiteur expérimenté qu'il ne cesse d'être se garde bien de se projeter au-delà de ce premier rendez-vous face à l'Irlande: "Il nous tarde de fouler la pelouse de ce stade et de se lâcher tout simplement, prendre beaucoup de plaisir, mais aussi prendre beaucoup de repères et d'automatismes pour le futur. A nous de rentrer libérés sur le terrain, de laisser faire notre intuition et notre instinct, d'être propre sur nos lancements de jeu et notre conquête pour essayer de marquer le plus tôt possible pour être en confiance rapidement dans le match." Un discours plein de sagesse: après tout, il y a deux ans seulement, Yachvili était donné perdu pour les Bleus.