Wisniewski: "Etre à la hauteur"

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Wisniewski: "Etre à la hauteur"
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Pour la première fois depuis son retour dans l'élite, le Racing-Métro 92 vient fouler la pelouse du Stade de France à l'occasion du Trophée Pierre-de-Coubertin, qui l'opposera samedi au leader toulousain, dont il est le dauphin au classement du Top 14. Jonathan Wisniewski, l'ouvreur du club ciel et blanc formé à Toulouse, évoque l'ambition débordante de sa formation à l'heure de ce sprint final.

Pour la première fois depuis son retour dans l'élite, le Racing-Métro 92 vient fouler la pelouse du Stade de France à l'occasion du Trophée Pierre-de-Coubertin, qui l'opposera samedi au leader toulousain, dont il est le dauphin au classement du Top 14. Jonathan Wisniewski, l'ouvreur du club ciel et blanc formé à Toulouse, évoque l'ambition débordante de sa formation à l'heure de ce sprint final. Jonathan, à quoi vous attendez-vous samedi ? On sait que Toulouse, c'est peut-être ce qui se fait de mieux en France cette année, voire de mieux en Europe... On est préparés, et l'on aura un gros match à jouer. De plus, le Président nous a offert une belle fête au Stade de France: on se doit donc d'être à la hauteur de l'événement et de rivaliser du mieux possible face à Toulouse. Est-ce un échelon de plus dans la croissance de ce club ? Oui. C'est une marche supplémentaire. Le club est ambitieux, le Président le montre et nous fait ce petit cadeau. Et ça vient au bon moment: depuis trois, quatre matches, on devient plus cohérent, on prend davantage d'initiatives, à être un peu plus cadrés. On a eu la chance de faire de bons matchs face à La Rochelle (victoire (32-24), Bourgoin (victoire 38-19), Biarritz (défaite 36-32). Là, Toulouse vient à point pour voir si notre progression a une vraie valeur. Ce sera un vrai test, qui nous permettra de savoir où en en est, ce qu'il nous reste à faire et vers où on peut aller sur cette fin de saison. Vous parlez d'un test "face à un gros". Mais... Le Racing est un gros aussi, non ? Honnêtement, nous n'avons jamais eu la prétention d'annoncer ni un titre, ni quoi que ce soit. On progresse d'année en année, à chaque entraînement, chaque sortie. Je crois que nous sommes sur une progression linéaire depuis quatre ans. Quand un match comme celui-là se présente, notre objectif est de valider cette progression et le travail effectué depuis plusieurs saisons pour voir que l'on est sur la bonne voie. "Ce match arrive au meilleur moment..." L'après- Tournoi est un moment particulier dans une saison ? La dernière ligne droite, là où il ne faut pas flancher ? Oui... ça commence à sentir bon. On le voit aujourd'hui : on s'entraîne en t-shirt et short, c'est toujours plus agréable que lorsqu'il fait froid et qu'il faut mettre le blouson ! Ce sont des moments où l'on a envie de rester sur le terrain le plus longtemps possible. Je crois que ça devient intéressant, et des matches comme celui de samedi nous rappellent qu'il y a de belles choses à faire sur la fin de saison. Accessoirement, samedi, la 1ère place du classement sera en jeu... La première ou la deuxième place, je crois que c'est vraiment anecdotique. On n'a jamais parlé de 1ère place, de leader ou quoi que ce soit. On a toujours parlé d'ambition, de progresser, de faire des bons matches. Le résultat viendrait par la suite. Une fois de plus, nous afficherons le même état d'esprit face à Toulouse. Y a-t-il une certaine appréhension à évoluer au Stade de France ? Oui et non. C'est une pression positive. Ce sera une chance. Beaucoup de joueurs n'y auront jamais joué. Toulouse a plus d'expérience que nous dans ce stade. On a une vraie envie d'y être, une vraie envie de réaliser un bon match, et c'est ce que l'on va s'attacher à faire. Vous vous retrouvez au Stade de France, alors qu'il y a deux ans de cela, vous étiez en Pro D2, avec des tribunes peu garnies... Une progression aussi rapide était quasiment inimaginable ? Oui. C'est vrai que tout va très vite. Mais on a un Président qui a envie que ça aille vite. On a une ambition commune, on a vraiment envie d'aller vite, tous ensemble, de travailler, de bien structurer les choses. Et je crois que ce match arrive au meilleur moment. Car le club grandit, se stabilise. Et des rencontres comme ça prouvent que le club a franchi une nouvelle marche. Ce serait une bonne chose de gagner, et pour notre assise, et pour notre confiance. Ressentez-vous le poids de l'Histoire de ce club, fondé en 1882 ? On ne veut pas parler de pression. Tous les joueurs qui sont là actuellement, on n'est que de passage. D'autres sont passés avant nous, on écrit de belles histoires, touché le Brennus... Je crois que l'on ne peut pas être insensible à ça. Le Président attache une importance à ce match, le montre avec ce trophée, et l'on se doit de respecter ça. Au-delà du trophée, quand on joue Toulouse, on respecte les joueurs, on respecte l'équipe, on respecte ce que ce club représente. J'espère fortement que l'on sera prêts... Vous avez été formé au Stade Toulousain. C'est un club qui vous tient toujours à coeur ? Oui. C'est un club pour qui j'ai le plus grand respect. C'est le club qui m'a formé, qui m'a fait découvrir mes premiers matches de Top 16 à l'époque. Donc c'est vrai que j'ai un attachement particulier pour ce club. De plus, ma famille est originaire de là-bas. C'est vrai que c'est particulier de jouer face à cette équipe, d'autant plus que je suis parti car Novès voulait me reconvertir à un autre poste. Quand je rejoue face au Stade Toulousain, il y a toujours une envie particulière, une motivation, un plaisir. Les joueurs, je les connais tous. Je les ai côtoyés en Espoir. C'est un plaisir de les avoir en face, surtout lors d'un match comme celui de samedi. Une première au "SDF", qui plus est, face à votre club formateur... cela ne fait-il pas un peu beaucoup d'un coup ? Des gros matches, des grosses équipes: on en a déjà joués, donc c'est une continuité. Une étape de plus face à a un gros. Nous étions habitués à voir le Stade Français évoluer sur la pelouse dionysienne. Vous affronterez les hommes de Mickael Cheika lors de la dernière journée de championnat. Suivez-vous les résultats des joueurs du Stade Français ? Non. On ne regarde pas ce que font les gars du Stade Français ni les autres. La seule concentration et motivation que l'on a, elle est sur nous, elle est personnelle. L'envie d'avancer, de construire le club: c'est ça qui est le plus important. Après, ce que font les autres ne nous importe pas. On essaye de rester centrés sur nous, le plus motivé possible. On essaye d'avancer à chaque sortie. Et ce qui se passe à côté, on essaye de le laisser à côté justement. "On commence à être plus cohérents, plus intéressants" Votre coach (Pierre Berbizier, ndlr) vous a-t-il parlé des choses à faire sur ces cinq dernières journées, dont ce match au Stade de France ? Non. Mais que ce soit ce match- là, il y a trois mois ou six mois, on n'a jamais parlé d'objectifs. On a toujours voulu être le plus performants possible, construire notre rugby. Et comme je vous le disais, là, on commence à être plus cohérents, plus intéressants. Ce match arrive vraiment au bon moment, à un tournant avant la dernière ligne droite. Mais ça restera un match de rugby, avec 4 points à la clé, face à une belle équipe. Que des choses positives ! Jouer face à David Skrela, n°2 dans hiérarchie des 10 en France : est-ce également un objectif personnel ? Non. Il n'y a pas de pression particulière. Moi, la seule chose qui me concerne et qui me motive, c'est être performant en club. La priorité du jour est d'être performant avec mon équipe. Le reste, ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question. Comment les choses se sont-elles passées ici pendant le Tournoi ? Comment se sont déroulés ces deux mois ? Très bien. En plus, les coaches ont pris le parti de laisser les internationaux vraiment préparer leur Tournoi le mieux possible, et l'on a pu travailler sans blessés, se recentrer. Je crois qu'avec cette motivation supplémentaire, des joueurs ont saisi leur chance, ont montré qu'ils pouvaient être performants. C'est bien, car cela nous permet d'arriver sur ce match et sur cette fin de saison avec un groupe large, des joueurs au maximum de leur capital confiance, avec un maximum d'envie. C'est intéressant pour l'évolution du groupe, les individus et l'équipe. Quel est le plus grand stade dans lequel vous ayez joué ? Ce n'est pas en nombre, c'est en émotions... Je crois que c'est Mayol qui m'a le plus marqué. Par cette ferveur, cette ambiance... Déjà, le stade est en centre-ville, ça a un petit goût particulier. Après, le match au Stadium en début de saison avait été agréable aussi, c'était plein. Mais Mayol, de par sa ferveur, est l'un des stades les plus originaux en France, et dans lequel il est le plus plaisant de jouer. Après son doublé face au Pays de Galles, on peut dire que Lionel Nallet... est en forme ! Oui ! J'espère qu'il marquera deux essais samedi aussi (sourire). Ça pourrait nous servir s'il pouvait avoir la bonne idée de réitérer sa performance en club !