Wisniewski: "Envie d'exister"

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Wisniewski: "Envie d'exister"
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Frustrés par leurs débuts ratés en Coupe d'Europe à Dublin, où le Leinster s'est nourri de leurs sautes de concentration, les Racingmen, plutôt que de cogiter, ont la chance d'enchaîner sur un autre choc majuscule samedi, à Colombes, face à Clermont. Absent en Irlande, où son absence a pesé, Jonathan Wisniewski effectue son retour à l'occasion de ce choc franco-français. Plus ambitieux que jamais.

Frustrés par leurs débuts ratés en Coupe d'Europe à Dublin, où le Leinster s'est nourri de leurs sautes de concentration, les Racingmen, plutôt que de cogiter, ont la chance d'enchaîner sur un autre choc majuscule samedi, à Colombes, face à Clermont. Absent en Irlande, où son absence a pesé, Jonathan Wisniewski effectue son retour à l'occasion de ce choc franco-français. Plus ambitieux que jamais. Jonathan, pour votre entraîneur Simon Mannix, l'écart de niveau entre Top 14 et H-Cup est un faux débat. C'est aussi votre avis ? C'est vrai, il n'y a pas de grosses différence avec le championnat. C'est la même équipe qu'on va rencontrer. Comme on l'a répété souvent, il n'y a pas de motivation particulière que ce soit en championnat ou en H-Cup, on a envie d'être performants tous les week-ends sans regarder si c'est un match de phase finale, de saison régulière, de H-Cup ou un match amical. Ce qui fait la force du groupe depuis l'an dernier, c'est qu'on ne s'est jamais vraiment concentré sur qui on allait jouer, dans quel contexte ni quelle situation, mais plus sur nous-mêmes et sur l'envie de progresser, de prendre chaque match comme il venait et d'écrire notre histoire collective pour progresser à chaque sortie et emmagasiner du vécu collectif. Gagner samedi pour encore espérer dans cette Coupe d'Europe: la motivation du groupe reste intacte malgré ce départ raté en Irlande ? Bien sûr, c'est une motivation. Aujourd'hui, il reste cinq matches à jouer, personne n'est qualifié, personne n'est mort et il y a encore beaucoup de choses à faire. On a envie d'exister, en plus, on a la chance d'évoluer dans une poule très relevée, ce qui va nous permettre de jouer de gros matches tous les week-ends et de progresser plus rapidement que si on avait dû évoluer dans une poule beaucoup plus faible. On est très contents d'avoir ces matches à jouer et on a envie d'avoir notre mot à dire. "Une bonne leçon à retenir pour l'avenir " A écouter vos entraîneurs et vos coéquipiers, l'équipe s'est plus battue elle-même que le Leinster ne vous a battu lors de cette première journée. Vous en avez parlé entre vous ? Oui, en fait, on a payé très cher la moindre petite erreur et c'est ce qui nous a énormément frustrés. La différence avec le championnat, c'est qu'en championnat, ça passait, on pouvait commettre une petite erreur, ça pouvait ne faire que trois points. Là, à chaque fois qu'on a commis une toute petite erreur, on l'a payée cash. Ça a remis tout le monde à l'heure au niveau de la motivation, au niveau de la concentration et de l'implication, et je crois que c'est une bonne leçon à retenir pour l'avenir. Ne faut-il pas y voir un péché de jeunesse ? Non, je ne pense pas parce qu'il y a quand même dans cet effectif des joueurs d'expérience, qui ont joué des Coupes du monde, des Coupes d'Europe, 80% des joueurs du groupe qui ont déjà participé à des confrontations de ce niveau-là. Alors un péché collectif, c'est sûr, mais on ne peut pas parler d'erreur de jeunesse. Maintenant, il faut s'y remettre avec un maximum d'implication et de concentration parce qu'on a un très bon match à jouer ce week-end contre Clermont. Est-ce un avantage psychologique de les avoir joués et battus il y a un mois (28-17, le 1er septembre, lors de la 4e journée du Top 14, ndlr) ? Je pense que ni dans leurs têtes ni dans les nôtres il n'y aura de souvenirs particuliers. Tout ce qui s'est passé avant appartient au passé, ce qui nous intéresse est devant nous et notamment ce qui va se dérouler ce week-end. Parce qu'on sait que cette équipe de Clermont joue cette Coupe d'Europe en lui accordant beaucoup d'importance vu qu'ils ont été Champions de France l'an dernier, donc ils vont se déplacer avec la grosse équipe pour livrer un gros match. On est prévenus. Avez-vous eu l'occasion d'étudier à la vidéo la victoire des Clermontois face aux Saracens (25-10) ? C'est un gros match, peut-être l'un des plus gros matches de ce premier week-end en termes d'engagement et d'investissement. Je le répète, on est prévenus, à nous d'être prêts samedi. N'y a-t-il pas aussi la nécessité pour vous sur ce match d'interrompre une série de deux revers de rang avant la reprise du Top 14 ? Non, parce que même l'an dernier, même quand on a réalisé cette série de neuf victoires, on ne s'est jamais dit: « On en a gagnés quatre, cinq, six d'affilée ». Cette année, on ne s'est jamais concentrés sur qui on avait battu ou qui nous avait battus, on s'est concentré sur nous. Après, qu'on perde ou qu'on gagne samedi, ça ne remettra pas tout en question en vue du championnat parce qu'il reste encore beaucoup de journées à jouer, rien n'est joué, rien n'est acquis et il existe encore une grosse marge de progression pour ce groupe et les individualités qui la composent. Donc le chemin est devant nous et bien des choses à faire encore... "Un groupe tellement large en qualité et en quantité" Vous dites que Clermont alignera samedi sa grosse équipe. Ce sera aussi le cas du Racing sur ce match (l'entretien a été réalisé en milieu de semaine, ndlr)? Ça, il faut le demander à Pierre (Berbizier) (rires)... Ce que je sais, c'est que les joueurs qui auront samedi la chance sur le terrain auront envie d'être performants. Parce qu'on possède un groupe tellement large en qualité et en quantité qu'on se doit à chaque fois qu'on a la chance d'être sur le terrain de donner le meilleur et d'essayer d'être le plus performant collectivement. Le quinze qui sera aligné aura l'obligation d'être le plus performant possible. Vous êtes conscient tout de même que ce revers d'entrée et le bonus pris par le Leinster vous place dans une situation très délicate au classement de cette poule... Bien sûr, en Coupe d'Europe, sur des poules aussi relevées que la nôtre, dès qu'une équipe a la chance de prendre cinq points, c'est un gros avantage parce qu'on sait que ça se jouera à un bonus défensif ou offensif, et que chaque point sera important. Maintenant, je le disais, il reste encore beaucoup de chemin. Clermont est capable d'aller gagner au Leinster, Clermont est capable de venir gagner à Colombes samedi, comme on est capable de les battre. Je pense qu'on est aussi capables d'aller gagner à Clermont ou aux Saracens. Il reste cinq matches à jouer, il faudra les jouer et on fera le bilan un peu plus tard. Cette blessure et cette absence à Dublin, elle vous a pesé ? J'avais un petit peu la boule en regardant le match samedi. En plus, en face, il y avait quand même Sexton, D'Arcy, O'Driscoll, ce qui se fait de mieux en Europe, voire même dans le monde au centre. Il y avait pas mal de frustration... Au milieu de ce discours qui n'établit pas de différence entre H-Cup et Top 14, de cette nécessité de ne vous concentrer que sur le Racing et rien d'autre, il y a encore tout de même de la place pour le plaisir de jouer de telles affiches ? Oui, il y a beaucoup d'excitation. Depuis le début de la saison, j'ai eu la chance d'enchaîner beaucoup de matches et j'essaie justement à chaque minute que je passe sur le terrain de progresser, d'emmagasiner des situations nouvelles ou différentes, de prendre de l'expérience. Et je crois que des matches comme samedi, on a tous envie de les jouer parce que c'est ce qui se fait de mieux en France et en Europe. C'est une vraie motivation personnelle et collective.