Wilkinson: "Je suis heureux"

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Wilkinson: "Je suis heureux"
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Plébiscité lors de la Nuit du rugby au sein du quinze de rêve de la dernière saison de Top 14 avec 90 % des suffrages, Jonny Wilkinson réussit un début de saison tonitruant, qui fait de l'ouvreur anglais l'arme fatale d'un RC Toulon, prêt à découvrir la H-Cup samedi, à Mayol, face aux Ospreys. Redevenu irrésistible à Toulon, "Wilko" goûte cette renaissance et se verrait bien prolonger: "Je n'ai pas envie de changer."

Plébiscité lors de la Nuit du rugby au sein du quinze de rêve de la dernière saison de Top 14 avec 90 % des suffrages, Jonny Wilkinson réussit un début de saison tonitruant, qui fait de l'ouvreur anglais l'arme fatale d'un RC Toulon, prêt à découvrir la H-Cup samedi, à Mayol, face aux Ospreys. Redevenu irrésistible à Toulon, "Wilko" goûte cette renaissance et se verrait bien prolonger: "Je n'ai pas envie de changer." Jonny, quelles sont les ambitions du RC Toulon dans cette H-Cup que le club s'apprête à découvrir ? Les ambitions, je pense, sont les mêmes que dans le Top 14. C'est-à-dire le prochain match parce qu'on est jugé sur le prochain match. Et pour nous, c'est un match énorme contre les Ospreys, une grande équipe galloise qui arrive à Toulon et qu'il nous faut respecter. On va essayer de gagner ce match. Il n'y a pas de question de savoir si tel match est plus important qu'un autre. Mais c'est l'état d'esprit qui nous accompagne aujourd'hui. L'attente à Toulon existe pour tous les matches. Vous avez été plébisicté avec 90 % des suffrages au sein du quinze type du Top 14. C'est important à vos yeux ? C'est pour moi un privilège et un honneur. L'état d'esprit qui est le mien quand je joue, c'est de donner tout pour l'équipe et essayer de l'aider à gagner. Mais être élu comme ça dans une équipe riche de tant de grands joueurs, c'est un réel plaisir et j'accueille cette récompense avec beaucoup de respect. C'est aussi la preuve que ce Top 14 est peut-être aujourd'hui la meilleure compétition dans le monde. Vous vous sentez bien dans ce Top 14 ? Oui, je l'ai déjà dit, c'est à la fois un grand plaisir que de le jouer, mais c'est aussi un grand challenge. Jouer contre de tels joueurs, de grandes équipes, dans de grands stades avec de telles ambiances, la pression, ça m'aide à trouve ce qu'il y a de mieux en moi. C'est un immense plaisir et une sensation énorme. Jouer une saison comme celle-là dans le Top 14 après toute une saison où j'étais blessé, c'était forcément spécial pour moi. Ça faisait longtemps que le rugby signifiait pour moi la pression, à me bagarrer contre cette pression médiatique, le poids des Coupes du monde 2007, 2003 aussi et peut-être ce n'était plus du rugby, mais peut-être c'était devenu simplement du boulot, la question était devenue de survivre et non pas de vivre le rugby. Peut-être j'ai trouvé une autre perception, retrouver le plaisir en même temps que le jeu. "Pas envie de changer, je n'ai aucune raison de le faire..." Toulon, c'est une ville à part ? Tout ce que je peux dire, c'est que je suis heureux là-bas parce qu'à Toulon sont présents la passion, la fierté, l'ambiance, l'énergie, le soutien des supporters, quelque chose que je n'ai jamais ressenti. Ça a été une bonne surprise que de recevoir un pareil accueil de la part des Français et des Toulonnais, ça m'a beaucoup étonné de les voir me soutenir si fort dans les moments difficiles, mais aussi dans les moments de victoire. Ce n'est pas un esprit d'égoïsme, c'est tourné vers l'équipe. C'est à la fois un monde différent, mais c'est aussi une bonne façon de jouer le rugby, mais aussi de le vivre, de le ressentir... Vous vous voyez rester longtemps dans ce club ? J'ai toujours l'envie de jouer plus et plus encore. A Toulon, je suis vraiment heureux et je n'ai pas envie de changer les choses, je n'ai aucune raison de le faire. C'est plutôt une question de savoir comment réagit mon corps, en ce moment, c'est très bon. Je recherche toujours ce qu'il y a de mieux en moi, mais aussi en même temps la qualité de vie et à Toulon, de ce point de vue, c'est aussi parfait. Vous allez donc prolonger votre contrat (Mourad Boudjellal espère faire signer une prolongation à Wilkinson dans les prochains jours, ndlr)? Oui, jusqu'à tant que je peux jouer, c'est important de continuer à donner l'équipe. Mais si je n'y arrive plus, il sera alors temps pour moi d'arrêter. En ce moment, je pense que je peux encore donner, c'est le bon état d'esprit et tout le monde en profite. Mourad Boudjellal, votre président, a déclaré que vous étiez revenu à votre niveau de 2003. Vous êtes d'accord ? Je ne sais pas... Ce que je peux dire, c'est que j'aspire à être un joueur encore meilleur que celui de 2003, mais je sais que la vérité, c'est qu'en fait j'ai surtout changé avec les blessures et l'expérience, j'ai dû m'adapter au Top 14 aussi. Il me faut chercher encore plus fort de nouvelles qualités, de nouveaux points forts, c'est un challenge permanent et c'est toujours très positif que d'évoluer au sein d'une telle équipe, avec de si grands joueurs, avec ces entraîneurs. De quoi êtes-vous le plus fier depuis que vous êtes Toulonnais ? C'est difficile à dire, peut-être faut-il plutôt parler d'une combinaison de plusieurs choses. Mais par rapport au rugby, c'est l'esprit entre les joueurs, les entraîneurs et le président, c'est la raison cruciale pour moi qui me pousse à jouer, c'est ce qui me donne le vrai plaisir, de partager des souvenirs quand on est sous pression sur le terrain, en difficultés, qu'il faut trouver des solutions, il est là le vrai plaisir. Dans cette équipe, je ne suis jamais seul, c'est peut-être même l'inverse, avec ces gars-là, c'est même facile de jouer comme je le fais parce que je sais que d'autres veulent prendre la pression et prendre les grandes décisions. Chacun pour l'autre et pour l'équipe entière.