Wilkinson: Adieu la Rose

  • A
  • A
Wilkinson: Adieu la Rose
Partagez sur :

A l'évidence meurtri par le fiasco du XV de la Rose lors de la dernière Coupe du monde, Jonny Wilkinson officialise ce lundi sa retraite internationale. A 32 ans, le génial ouvreur, qui à jamais restera l'auteur du drop de la victoire anglaise en finale du Mondial 2003 face à l'Australie, choisit de ne plus se consacrer qu'à son club de Toulon.

A l'évidence meurtri par le fiasco du XV de la Rose lors de la dernière Coupe du monde, Jonny Wilkinson officialise ce lundi sa retraite internationale. A 32 ans, le génial ouvreur, qui à jamais restera l'auteur du drop de la victoire anglaise en finale du Mondial 2003 face à l'Australie, choisit de ne plus se consacrer qu'à son club de Toulon. Même si cette issue semblait envisageable au regard du fiasco vécu par le XV de la Rose au cours de la dernière Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, Jonny Wilkinson a pris son monde de court ce lundi soir en officialisant sa retraite internationale sur son site officiel treize ans après ses débuts à l'âge de 18 ans et 314 jours en équipe nationale face à l'Irlande. Epanoui sous le maillot toulonnais qu'il a endossé pour son plus grand bonheur il y a de cela trois saisons, l'ouvreur anglais choisit à 32 ans, après cette quatrième Coupe du monde au goût tellement amer pour l'auteur du drop de la victoire lors du Mondial 2003, de dédier sa fin de carrière au seul club varois avec lequel il est sous contrat jusqu'en juin 2015. Son compteur avec l'équipe d'Angleterre reste donc bloqué à 91 sélections pour un total de 1 246 points inscrits (1 179 pour l'Angleterre et 67 pour les Lions britanniques et irlandais, dont un record du monde de 36 drops et 277 points en Coupe du monde), qui fait de lui le deuxième meilleur marqueur au niveau international derrière un certain Dan Carter. Wilkinson: "Je n'aurais jamais cru que je pourrais perdre espoir en ce rêve..." A l'heure de se retourner sur sa formidable contribution au rugby mondial, "Wilko", s'il tente de prendre la mesure du chemin accompli, reste cet éternel perfectionniste: "Me dire que j'ai joué quatre Coupes du monde, deux tournées des Lions, 91 test-matches, subi un nombre ridicule (sic) de blessures et d'autre contretemps au final me donnent un sentiment incroyable d'accomplissement. Mais à ce jour, je sais, moi, assez bien que je ne serai jamais vraiment satisfait." "Prendre cette décision me remplit de la plus grande tristesse, commente encore l'icône du rugby anglais sur son site, mais je sais que j'ai été béni de tant de façons d'avoir éprouvé ce que j'ai vécu avec l'équipe de rugby d'Angleterre." Dans ces propos plein d'émotion affleure un regret évident qu'on ne peut lier qu'à la blessure laissée par un dernier Mondial achevé dès les quarts de finale face au XV de France (19-12), qui restera donc son dernier match en sélection. "Je n'aurais jamais cru être capable de renoncer à ce rêve (de jouer en équipe d'Angleterre), qui a donné un sens à ma vie, qui m'a permis de respirer, d'aimer et d'étreindre le rugby depuis ma plus tendre enfance". Le spectacle d'une équipe d'Angleterre à la dérive sur le terrain comme en dehors aura meurtri durablement, on l'imagine, cet exemple de professionnalisme, qui ne pouvait plus se reconnaître dans cette sélection, où tout, ou presque, apparaît aujourd'hui à reconstruire. Pourtant, gentleman jusqu'au bout des ongles, Wilkinson sait ravaler son amour déçu pour formuler ses meilleurs voeux de réussite à ses successeurs: "Cela va sans dire que je veuille souhaiter à Stuart Lancaster (nommé nouveau sélectionneur par intérim pour la durée du Tournoi ndlr), ses entraîneurs et à l'Équipe d'Angleterre le meilleur succès possible. Je voudrais aussi prolonger ces voeux à Martin Johnson, Brian Smith, Mike Ford, John Wells, Graham Rowntree et le reste du staff de la Coupe du monde 2011, qui a été fantastique et mérite que le public le sache." Pas sûr que le stratège toulonnais garde en revanche certains de ses coéquipiers en Nouvelle-Zélande, coupable de débordements extra-sportifs inacceptables, en très haute estime... L'essentiel est pour lui ailleurs désormais. Ce mardi, Wilkinson mènera, dans la peau du capitaine du RCT, ses troupes à Mayol face à Agen en match en retard du Top 14. Sa dernière aventure. Heureux public toulonnais !