Wenger, une méthode en question

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Wenger, une méthode en question
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A Arsenal, le jeu léché ne rime que trop rarement avec efficacité, en atteste la nouvelle saison blanche qui s'annonce pour le club londonien. Privé de trophée depuis 2005, Arsène Wenger fait l'objet de critiques toujours plus importantes de l'autre côté de la Manche alors que le leader de la Premier League, Manchester United, se rend dimanche à l'Emirates Stadium pour le choc de la 35e journée.

A Arsenal, le jeu léché ne rime que trop rarement avec efficacité, en atteste la nouvelle saison blanche qui s'annonce pour le club londonien. Privé de trophée depuis 2005, Arsène Wenger fait l'objet de critiques toujours plus importantes de l'autre côté de la Manche alors que le leader de la Premier League, Manchester United, se rend dimanche à l'Emirates Stadium pour le choc de la 35e journée. Souvent considéré comme le petit Barça pour sa propension à proposer du beau jeu, Arsenal n'en reste pas moins à des années-lumière du club catalan quand il s'agit de faire valoir son palmarès depuis 2005. Tandis que les partenaires de Lionel Messi ont notamment glané trois titres de champions d'Espagne ou deux Ligue des champions sur les six dernières années, la salle des trophées des Gunners prend la poussière, attendant désespérément qu'on l'a garnisse depuis une Cup brandie par Patrick Vieira au printemps 2005. S'ils ont longtemps laissé penser que cet exercice 2010-2011 leur permettrait de redorer leur blason, Cesc Fabregas et les siens vont une nouvelle fois faire chou blanc. Il n'en fallait pas plus pour que la patience de certains commence à s'épuiser et que les critiques pleuvent sur celui qui reste l'homme qui a révolutionné le visage d'Arsenal: Arsène Wenger. Débarqué dans la capitale anglaise à l'été 1996, le technicien alsacien a connu une décennie faste, notamment marquée par la conquête de trois couronnes en Premier League. Mais le pari de la jeunesse a de nouveau montré ses limites cette saison, les Gunners se muant en spécialistes de l'acte manqué. A commencer par une finale de Carling Cup perdue contre toute attente face à Birmingham (2-1), le 27 février dernier. Cette désillusion se révèlera noyée au milieu de tant d'autres, du match nul concédé à Newcastle (4-4), après avoir mené 4-0, à la défaite concédée à la maison contre Tottenham (2-3), l'ennemi historique, malgré un avantage de deux buts à la pause. Un problème en défense Les lacunes du club londonien ont éclaté au grand jour ces neuf derniers mois, apportant de l'eau au moulin de ceux qui estiment que la politique de jeunesse toute n'a que trop duré. "Si vous interrogez les supporters d'Arsenal, vous verrez que la majorité d'entre eux sont prêts à se passer d'un football fluide et plaisant à voir, pour obtenir des résultats", estime ainsi Perry Groves, ailier du club entre 1986 et 1992. Tout n'est bien évidemment pas à jeter et le mal est même ciblé par l'ancien attaquant Paul Merson: "Il ne s'agit pas de tout chambouler, juste de procéder à des réglages ici ou là. Ils ont besoin d'un arrière central, d'un organisateur." L'arrière-garde des Canonniers n'a que rarement convaincu, à l'image d'un Sébastien Squillaci en grande difficulté pour sa première saison en Perfide Albion. Si Arsenal peut se targuer de compter sur la 4e meilleure défense du championnat d'Angleterre, toujours est-il que les Gunners ont encaissé neuf buts de plus que Chelsea, référence en la matière avec 27 buts concédés. Lucide, Wenger sait que ses défenseurs n'ont pas toujours répondu aux attentes. "Nous n'avons pas été suffisamment stables défensivement. Cette semaine, nous avons concédé six buts, à un moment où on ne peut pas se permettre de prendre six buts en trois matches et gagner le championnat", a concédé l'ancien coach de Monaco, notamment critiqué pour ne pas avoir pallié au mercato hivernal la blessure longue durée du Belge Thomas Vermalaen. Wenger droit dans ses bottes Wenger n'en reste pas moins convaincu qu'il est dans le vrai: "S'il faut accuser quelqu'un, c'est moi. Je forme l'équipe. Je choisis les joueurs. J'ai le sentiment que les joueurs ont eu une attitude remarquable cette saison. Ils ne sont pas à blâmer. Je suis convaincu que notre équipe pratique un bon football. Si vous parvenez à me convaincre que ces principes ne sont pas bons, je suis prêt à changer. Mais je pense que nous tentons de jouer au football de la manière qu'il faut." Un avis partagé par le nouveau propriétaire d'Arsenal, l'Américain Stan Kroenke, qui a récemment assuré que Wenger était intouchable. Et pour l'aider à renouer avec la gloire perdue, celui qui possède également les Denver Nuggets pourrait mettre à sa disposition une enveloppe de plus de 45 millions d'euros pour se renforcer cet été. Suffisant pour permettre à Arsenal de troquer ses places d'honneur pour des trophées ?