Weisz: "Ça nous booste !"

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Weisz: "Ça nous booste !"
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Equipe surprise de la première moitié de saison, Hyères-Toulon s'est qualifiée pour la Semaine des As avec le plus petit budget de Pro A. "Un étonnement pour tout le monde", concède le coach Alain Weisz, qui compte surfer sur cette "petite consécration" pour tenir tête à Roanne, vendredi soir lors de la 16e journée. Et jouer un rôle d'ici la fin du championnat.

Equipe surprise de la première moitié de saison, Hyères-Toulon s'est qualifiée pour la Semaine des As avec le plus petit budget de Pro A. "Un étonnement pour tout le monde", concède le coach Alain Weisz, qui compte surfer sur cette "petite consécration" pour tenir tête à Roanne, vendredi soir lors de la 16e journée. Et jouer un rôle d'ici la fin du championnat. Alain, Hyères-Toulon a bouclé la première moitié de saison à la sixième place du championnat. Est-ce une surprise pour vous ? Oui, tout à fait. Vous savez, beaucoup de choses dépendent du recrutement et quand on a un si petit budget (le plus petit de Pro A, ndlr), ce n'est pas facile à faire. On est obligé de recruter dans un registre où les prix ne sont pas hauts. Donc il faut trouver des joueurs qui cherchent à se relancer plus qu'autre chose, et une complémentarité entre ces joueurs. C'est évidemment plus compliqué quand on a moins d'argent... Vous vous attendiez à ce que votre recrutement soit aussi réussi ? C'est un étonnement pour tout le monde. Il y a des choses qui dépendent de la mentalité de l'équipe, de la qualité des joueurs qui sont sur le parquet et qui, pour la plupart, sont bons tout simplement ! Pour x ou y raison, ils ont à un moment donné eu des difficultés au cours de leur carrière, c'est le cas de Morlende, Krupalija, Fein ou Houston. On a recruté sur la base de joueurs qui pouvaient avoir le meilleur niveau possible et étaient capables de se relancer. Après, c'est vrai qu'on avait fait de bons matches amicaux qui nous laissaient penser qu'on pouvait faire quelque chose. Et c'est sur cette lancée qui vous avez démarré la saison ? On a eu la chance de bien commencer, par une victoire contre Poitiers, un de nos adversaires directs. Après une défaite à Roanne, on a battu Villeurbanne et ça nous a donné confiance. Et puis voilà, on s'est mis à gagner des matches à l'extérieur, c'est déterminant dans notre première partie de championnat. Je dirais que l'équipe a vraiment démarré face à Chalon (le 13 novembre lors de la 6e journée, ndlr), qui était alors premier ex-aequo. On avait fait un très bon match, en gagnant d'une vingtaine de points (94-80), et on s'est dit que si on pouvait battre Chalon à l'extérieur, on pouvait en battre d'autres. D'ailleurs, si vous regardez bien, notre parcours à domicile n'est pas excellent. Ça veut dire que le HTV est une équipe ambitieuse, qui ne lâche pas les matches. Ça c'est une constante. On l'a vu quand on a arraché les matches contre Limoges ou à Orléans. C'est d'autant plus étonnant que le HTV n'a pas été épargné par les blessures avec Flowers, Hughes ou encore Washam... Comment avez-vous surmonté ça ? Ça n'a pas été simple parce qu'il a fallu recomposer l'équipe. Mais on a eu un joueur déterminant qui est arrivé, c'est Anthony Dobbins, un "remplaçant" qui était meilleur que nos titulaires. Dans l'adversité, l'équipe s'est soudée au fur et à mesure des problèmes qu'on rencontrait et on a trouvé les joueurs capables de tenir les matches parmi ceux qui étaient sur le banc au départ. On n'a jamais pleuré, on a essayé de trouver des solutions. Bon, je reconnais qu'on n'était pas fier quand on a eu tous ces blessés mais sur le terrain, ça a bien marché. C'est l'inconnue de l'alchimie ça, on ne sait jamais comment ça va se passer. Regardez Orléans qui a des joueurs extrêmement forts mais n'arrive pas à faire une équipe. Personne n'a la recette miracle pour que la soudure se fasse, que ça apporte une plus-value. "On n'ira pas aux As pour faire du tourisme" Il y a un joueur qui sort du lot en ce moment, c'est Damir Krupalija. Que pouvez-nous dire sur lui ? Il est bon, hein... Il était déjà bon à Dijon mais il a été blessé l'année passée et il n'a pas joué au basket pendant sept mois. Damir, je l'ai rencontré la première fois lorsque j'entraînais l'équipe de France, au championnat d'Europe en 2003. Ça a toujours été un joueur très fort jusqu'au moment où il s'est blessé quand il était en Belgique (au Spirou Charleroi entre 2003 et 2007, ndlr). Ça faisait plusieurs années que je le voulais, et le fait que Dijon descende en Pro B nous a permis de le recruter alors qu'il voulait resigner là-bas. Ce n'est pas un globe-trotter, il aime la stabilité. Il fait partie de ces joueurs qui auraient joué en Euroligue sans sa blessure, c'est évident. Votre sixième place vous permettra de disputer la Semaine des As du 10 au 13 février à Pau. Quelle saveur a cette qualification ? Je le dis peut-être un peu vite, parce qu'on n'est qu'à la moitié du championnat, mais ça représente une petite consécration pour le club. Tout le monde se demande tous les ans ce que va devenir le HTV. Mais on est une équipe de compétiteurs, on n'ira pas pour faire du tourisme. On jouera un match a priori déséquilibré puisqu'on sera dans le deuxième chapeau. On ne connait pas encore notre adversaire, on verra bien. Avant le match décisif contre Orléans, vous restiez sur deux défaites. Avez-vous eu peur de louper les As sur le fil, comme la saison dernière ? Ce n'est pas vraiment comparable. L'an dernier, on avait tout pour se qualifier puisqu'on recevait le dernier du championnat lors de la dernière journée de la phase aller, qu'on menait encore de onze points à trois minutes de la fin... Mais on avait réussi à perdre. Ça c'était une grande frustration. Là, on venait de subir deux défaites contre Nancy et Gravelines qui n'étaient pas forcément des surprises. Il fallait aller gagner ce match à Orléans. Si on l'avait perdu, la vie aurait continué, ça n'aurait pas été une catastrophe. Notre objectif est avant tout de maintenir l'équipe en Pro A. Mais le fait de l'avoir réussi, ça nous booste d'une façon considérable ! Ça donne de la valeur à tout le club, ça permet aussi aux collectivités locales de voir que leur argent n'est pas jeté à la poubelle... Ce match à quitte ou double contre Orléans vous a-t-il appris quelque chose en plus sur la capacité de votre groupe à gérer ce genre de rencontre couperet ? Oui, on en apprend tous les jours. Je ne dirais pas que cette équipe m'a étonné, mais elle m'a réjoui de faire ce qu'elle a fait contre Limoges et Orléans. C'est réjouissant parce que les deux scénarios ont été comparables: à chaque fois on est resté dans le match, on ne s'est pas affolé, on est revenu en défendant bien et en essayant de leur poser des problèmes tactiques. Ça nous donne beaucoup de sérénité. Je le répète mais nous, on vise le maintien. Le reste est du bonus. Mais je ne dis pas qu'on n'a pas de pression, parce qu'on se prend au jeu. "Montrer à Roanne que notre sixième place n'est pas usurpée" Du coup, dans quel été d'esprit abordez-vous ce match contre le leader roannais, vendredi soir ? On a été tellement mauvais au match aller (76-98) qu'on a à coeur de montrer que notre sixième place n'est pas usurpée, qu'on n'est pas là par hasard. On y va avec l'envie de faire du mieux possible. On sait très bien que Roanne est meilleur que nous. Maintenant on sera sans Masingue, on va récupérer Hughes. Donc ça sera encore une fois un peu nouveau pour nous d'affronter Roanne dans ce contexte-là. A Roanne, la menace peut venir de partout. Comment comptez-vous faire déjouer la Chorale ? Roanne, c'est vraiment très fort, ça va vite, c'est puissant, et c'est très adroit. On l'a vu lors de leur dernier match où ils ont quand même atomisé Le Mans, même si le MSB est revenu sur la fin. Quand on joue cette équipe, il ne faut pas se focaliser sur les marqueurs mais sur la façon dont ils créent leurs actions. Il y a des équipes où l'on peut se dire qu'arrêter tel ou tel joueur suffira. Pas eux. Le danger peut même venir des joueurs qui sortent du banc. Ce ne sont pas les joueurs qu'il faudra stopper, c'est leur jeu. On imagine donc que vous allez insister sur la défense, alors que ce n'est pas l'atout numéro un du HTV... On insiste toujours là-dessus. Mais vous savez, j'ai une équipe d'attaquants que j'essaie de faire défendre. Avec un petit budget, si vous prenez des défenseurs, vous n'en ferez pas des attaquants. En revanche des attaquants, vous pouvez réussir à les faire défendre. C'est vrai qu'on n'est pas très performant dans ce domaine mais depuis qu'on joue bien, on encaisse quand même moins de points. Vous le disiez, la priorité est le maintien. Mais pensez-vous que Hyères-Toulon puisse accrocher les play-offs en fin de saison ? Quand on est sixième après le matches aller, on peut y penser. Mais on sait que ça va être dur. Il y a derrière nous des équipes comme Le Mans et Orléans qui ont des gros budgets et peuvent refaire leur roster en cours de saison. Mais on va continuer de la même façon, avec la même mentalité. On ne va pas se mettre une pression excessive en pensant aux play-offs. On va être plus attendu aussi, on ne va plus surprendre. On a eu une récompense à mi-saison, on va essayer d'en avoir une autre à la fin...