Voeckler: "Une équipe de premier plan"

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Voeckler: "Une équipe de premier plan"
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Malgré une année 2010 "exceptionnelle", la formation Bbox-Bouygues Télécom n'a été sauvée de la disparition qu'au tout dernier moment, avec l'arrivée d'Europcar. Thomas Voeckler, le champion de France, sera toujours le chef de file de l'équipe de Jean-René Bernaudeau en 2011. Il espère avant tout qu'Europcar sera retenue pour disputer le Tour de France, pour prolonger "la belle histoire".

Malgré une année 2010 "exceptionnelle", la formation Bbox-Bouygues Télécom n'a été sauvée de la disparition qu'au tout dernier moment, avec l'arrivée d'Europcar. Thomas Voeckler, le champion de France, sera toujours le chef de file de l'équipe de Jean-René Bernaudeau en 2011. Il espère avant tout qu'Europcar sera retenue pour disputer le Tour de France, pour prolonger "la belle histoire". Thomas, comment abordez-vous cette nouvelle saison ? 2010 a été une année exceptionnelle pour nous, on a fait des résultats qu'ont rarement connus certaines équipes. Ce sera difficile de faire aussi bien. Il faut qu'on se donne les moyens de réussir. Et même si on fait un peu moins qu'en 2010, ce sera peut-être super quand même. L'équipe a une histoire, une éthique, une façon de faire du vélo que je pense être la bonne. On ne doit pas penser qu'au Tour de France. Il faut qu'on fasse des résultats, qu'on gagne des courses, cela nous ouvrira des portes et on pourra peut-être réintégrer le Pro Tour dans les saisons à venir. Vous êtes confiant ? Je pense qu'il faut justement faire attention à l'excès de confiance. Il faut savoir qu'il y a énormément de travail à faire, et ne pas se croire arrivés. On n'est pas les seuls dans ce cas, il y a beaucoup d'équipes qui doivent travailler et gravir les échelons. Mais on a un effectif qui doit nous permettre de le faire. On croit en nos moyens, mais on sait qu'il va falloir cravacher. Avec ce nouveau sponsor, qui s'est engagé pour trois ans, vous allez certainement avoir l'esprit un peu libre... La fin d'année dernière a été riche en rebondissements. Depuis l'engagement officiel d'Europcar, on a eu des stages de préparation, qui se sont enchaînés. L'intensité augmente, on a vraiment la tête au vélo. Vous avez été très sollicité à l'intersaison, notamment par Cofidis. Qu'est-ce qui a fait que vous êtes resté chez Europcar ? Il y a plein de raisons. La principale, c'est que je me sentais extrêmement bien dans cette équipe. Je n'ai fait du vélo que dans cette équipe depuis que je suis passé professionnel. J'avais tout simplement envie que l'aventure continue. Je suis très heureux. Il n'y a pas que moi qui suis resté fidèle, d'autres coureurs ont été courtisé et sont restés. On ne fait pas une équipe avec un seul coureur. "On a quand même une belle histoire avec le Tour de France" En dehors du maillot, qu'est-ce qui va changer par rapport à l'an dernier ? Ça marchait très bien en 2010. Le but n'est pas de tout révolutionner. Mais il faut toujours avoir en tête une certaine évolution, avoir une motivation supplémentaire, vouloir aller plus haut. Notre effectif peut passer pour s'être un petit peu affaibli à l'intersaison, l'engagement tardif d'Europcar fait qu'il a été difficile de recruter. Mais on va essayer faire autant de résultats que les saisons précédentes, pour rendre à Europcar la confiance qu'ils nous ont accordée. L'effectif est cohérent. Il y a de la stabilité. Le départ de Didier Rous vers Cofidis a dû vous toucher. Est-ce que cela peut affecter l'équipe ? Il est clair que cela affecte toute l'équipe, même si je ne crois pas que cela va nous perturber. C'était quand même le directeur sportif n°1. Il a été le coureur qui a lancé l'équipe de Jean-René Bernaudeau (de 2000 à 2007). Il est passé directeur sportif, il a décidé de changer d'horizon. C'est son choix, et après ce départ précipité, il va falloir qu'on se réorganise. Il faut se souvenir des bonnes choses qu'il a apportées. Il y a quatre équipes françaises candidates à une invitation pour le Tour de France (FDJ, Cofidis, Europcar, et Bretagne-Schuller). Vous n'êtes pas assurés d'être au départ en Vendée en juillet prochain. Est-ce que cela vous préoccupe ? Honnêtement, la personne ou l'équipe qui va dire, tout étant candidate à une invitation pour le Tour, qu'elle n'y pense pas, elle ment ! Il ne faut pas se voiler la face, c'est le moment le plus important de la saison. Tout le monde en est conscient. Mais il ne faut pas pédaler avec ça dans la tête en permanence. On a un effectif qui, sur le papier, a de l'allure. On n'a aucune garantie, c'est vrai, mais on va tout faire sur le terrain pour gagner notre place. Vous n'aurez que très peu de temps. ASO vient d'indiquer que les invitations pourraient être annoncées fin janvier et que c'est le « casting » de l'équipe qui serait primordial... Je l'apprends. Il ne faut pas faire de fausse modestie. On a dans nos rangs le dernier vainqueur du Grand Prix de la montagne (Anthony Charteau), un classement très populaire en France. On a de jeunes coureurs en devenir qui vont faire parler d'eux. Et moi je suis également une pièce maitresse de l'équipe. Ça serait une déception que de ne pas être au Tour de France. Je suis confiant. On a quand même une belle histoire avec le Tour de France, que ce soit moi ou toute l'équipe. Même si on est en deuxième division, on peut considérer qu'on est une équipe de premier plan. "Il faut que je sois uniquement coureur" Par quoi allez-vous commencer la saison ? Je vais reprendre de manière assez traditionnelle, dans le Sud de la France, avec l'Etoile de Besseges, et le Tour Méditerranéen. Paris-Nice sera mon premier objectif. Maintenant, l'hiver a été assez mouvementé. Cela fait plusieurs années que je fais des saisons à plus de cent jours de course. Et puis il y a eu ce côté psychologique pendant l'hiver, c'était dur de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Il va falloir bien se poser, reprendre les bases. Et si ça marche bien d'entrée de jeu, ne surtout pas s'emballer. Vous redevenez coureur, et seulement coureur. Je crois que c'est une nécessité. Je suis peut-être davantage consulté que par le passé, pour les décisions, ça me plait bien, mais il est clair qu'il faut que je sois uniquement coureur, même si je suis un des piliers de l'équipe. J'en ai besoin, il faut que je m'occupe de mon entraînement, de pédaler. Un dernier mot sur Alberto Contador, qui pourrait ne pas être au départ du Tour. C'est un sujet qui vous intéresse? Oui et non. C'est délicat d'en parler. Ce qui me gêne un petit peu, c'est cette lenteur, cette incertitude. En généralisant, je dirais que si un coureur a triché et il doit être sanctionné, sinon, on aura tapé sur le vélo pendant plusieurs pour rien. On ne peut pas faire des mois sans savoir. Nous, les coureurs, ça ne nous travaille pas plus que cela. Mais j'imagine ce que doit penser le public, qui regarde avec passion le Tour en juillet, et qui, en février, ne sait toujours pas ce qu'il en est. Contador ou un autre, il faut qu'on sache vite, et qu'on arrête d'en parler. Quoi qu'il arrive, le Tour de France survivra. Le Tour doit rien à Contador, et il sera passionnant même si Contador n'est pas au départ. Le public veut un sport vrai, c'est ce qu'il faut lui donner.