Voeckler: "Si je peux donner un coup de main"

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Voeckler: "Si je peux donner un coup de main"
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Sélectionné par Laurent Jalabert pour les Mondiaux de Copenhague, Thomas Voeckler a bien conscience que le parcours n'est pas taillé pour lui. Attaché au maillot de l'équipe de France, le récent quatrième du Tour n'hésitera pas à se mettre aux services de ses coéquipiers. "Et si ça ne plaît pas à tout le monde, il ne fallait pas venir", tient-il à rappeler.

Sélectionné par Laurent Jalabert pour les Mondiaux de Copenhague, Thomas Voeckler a bien conscience que le parcours n'est pas taillé pour lui. Attaché au maillot de l'équipe de France, le récent quatrième du Tour n'hésitera pas à se mettre aux services de ses coéquipiers. "Et si ça ne plaît pas à tout le monde, il ne fallait pas venir", tient-il à rappeler. Thomas, en quoi la préparation pour les Mondiaux diffère des autres courses ? Mon planning de course a été assez cohérent, donc ça va. Et il faut être honnête, la préparation se fait surtout dans les courses. On est au mois de septembre, j'ai déjà 90 jours de courses dans les jambes. Quand je suis au départ d'une compétition, j'essaie toujours de faire un truc, même s'il y a les Championnats du monde derrière. Cela veut dire plus de plages de récupération aussi ? Oui, c'est clair qu'à cette époque de l'année, on n'a pas les mêmes besoins en matière d'entraînement. C'est complètement différent qu'au mois de mars ou avril quand on se projette déjà sur le Tour de France. Là, j'ai déjà beaucoup de kilomètres dans les jambes, donc je suis beaucoup plus à l'écoute de mon corps, de mes sensations. C'est sûr que je ne suis pas dans le même état de fraîcheur qu'il y a quelques semaines, mais c'est normal qu'il y ait de la fatigue à l'approche du mois d'octobre. Avez-choisi des courses à fort kilométrage en prévision des Mondiaux ? Oui, c'est ça, mais on n'avait pas beaucoup d'options non plus, parce qu'on n'a pas fait la Vuelta. En sortant du Tour de France, j'avais déjà beaucoup donné. Mais je ne l'aurais pas fait différemment en tout cas. Si ça ne marche pas aux Mondiaux, ça ne marche pas. Comment tournent les jambes justement ? Honnêtement, pour la période ça va. Je me sens bien. Maintenant, c'est un Championnat du monde, c'est le haut niveau, une course d'un jour avec un parcours qui ne m'avantage pas trop. Si je peux donner un coup de main aux coéquipiers, pas de problème. Je ne suis pas là pour faire des kilomètres. Je suis très fier de porter le maillot de l'équipe de France. Il y a beaucoup plus de chances que je ne sois pas dans les dix premiers que l'inverse. Ce n'est pas pour autant que je ne suis pas motivé. "C'est Jalabert le patron, c'est lui qui décide de tout et on se pliera à ses consignes" Parlez-nous de vos coéquipiers. Lequel a une chance de briller ? Je pense beaucoup à Romain Feillu. Je m'entends bien avec lui, avec Anthony Ravard aussi. Mais Romain, il le montre depuis quelques années, il est capable de tout. C'est un phénomène dans sa catégorie. Avec une arrivée en faux plat montant comme celle des Mondiaux, je miserais vraiment sur lui. S'il arrive à attraper une médaille, je ne serais pas surpris. Il revient de blessure, avec beaucoup de fraîcheur, c'est vraiment un gros avantage. Après une clavicule cassée un mois et demi avant la course, son état de fraîcheur compense largement le déficit de compétition qu'il peut avoir dans les jambes. Il y a quelques années, je l'avais vu gagner les Boucles de l'Aulne pour sa première course après une coupure. Et ça ne m'étonnerait pas s'il est avec les meilleurs dans le final. Yoann Offredo, spécialiste des courses d'un jour, peut-il se montrer à son avantage ? C'est un coureur au registre différent, mais passé le cap des 200 kilomètres, c'est un coureur que l'on va voir. Il l'a montré dans les classiques comme Milan-San Remo et le Het Nieuwsblad. Si les conditions climatiques sont mauvaises, ça peut l'avantager aussi. Je les connais tous les coureurs en équipe de France. Je sais qu'il n'y aura pas de problème. Et franchement, la concurrence est saine. S'il y en a un qui ramène une médaille, je serais content aussi. On ne se tire pas dans les pattes. En tout cas, de mon côté, il n'y aura pas de souci. Serez-vous protégé durant la course avec Sylvain Chavanel ? On est peut-être les leaders de cette équipe, en matière de résultats ou d'expérience. Mais ce n'est pour ça que je ne vais pas rouler pour un coéquipier. Si Romain Feillu est bien placé dans le final, qu'il reste une quinzaine de kilomètres, je vais faire ma part du travail. Laurent Jalabert compte sur Sylvain et moi pour prendre les décisions en course. On n'en a pas discuté mais je me sens tout à fait capable d'assumer un rôle de capitaine de route. Mais c'est Jalabert le patron, c'est lui qui décide de tout et on se pliera à ses consignes. En équipe de France, il faut que ce soit clair avant le départ. Et si ça ne plaît pas à tout le monde, il ne fallait pas venir. C'est la règle du jeu, il faut parfois le rappeler, mais c'est comme ça que je conçois une sélection. Quand Ribéry joue à gauche et qu'on a envie de jouer à gauche, et bien on ferme sa gueule, c'est tout.