Voeckler nous refait le coup

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Voeckler nous refait le coup
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Comme en 2004, Thomas Voeckler est parvenu à conserver son maillot jaune à l'arrivée au plateau de Beille. Comme il y a deux jours à Luz-Ardiden, et même encore mieux, le leader de l'équipe Europcar a résisté aux meilleurs lors de l'ascension finale. Comme Jelle Vanendert (Omega Pharma-Lotto), vainqueur de l'étape devant Samuel Sanchez (Euskaltel), le Tricolore profite du marquage entre les favoris et reste en jaune.

Comme en 2004, Thomas Voeckler est parvenu à conserver son maillot jaune à l'arrivée au plateau de Beille. Comme il y a deux jours à Luz-Ardiden, et même encore mieux, le leader de l'équipe Europcar a résisté aux meilleurs lors de l'ascension finale. Comme Jelle Vanendert (Omega Pharma-Lotto), vainqueur de l'étape devant Samuel Sanchez (Euskaltel), le Tricolore profite du marquage entre les favoris et reste en jaune. A voir Thomas Voeckler franchir la ligne d'arrivée avec le sourire, les favoris (Cadel Evans, Fränk Schleck, Andy Contador) grimaçant à ses côtés, on se dit que c'est tout sauf un hasard de voir le Français conserver son maillot jaune. Le plateau de Beille, comme en 2004, n'est pas venu mettre un terme à la formidable épopée de "Ti-blanc" devenu "Ti-jaune". A l'époque, Voeckler avait dû s'accrocher, loin de Lance Armstrong, pour conserver une poignée de secondes à l'arrivée. Cette fois, ce n'est pas la même musique. C'est à la pédale que l'ancien champion de France a résisté aux cadors supposés du peloton. Et c'est à se demander si Voeckler, habituellement le plus malin de tous, n'était pas aussi le plus costaud lors de l'étape reine des Pyrénées. L'Alsacien et son équipe Europcar sont en tout cas les autres grands vainqueurs d'une étape qui s'est offerte à Jelle Vanendert. Il y avait pourtant foule de candidats à la victoire samedi, à commencer par les 24 courageux qui ont formé la plus imposante échappée de ce début de Tour. Pas mal de noms connus, comme David Millar, Jens Voigt, Rémy Di Gregorio, Julien El Farès, Luis-Leon Sanchez ou encore Sylvain Chavanel, mais aussi trois coureurs FDJ, Arthur Vichot, Mickaël Delage et Sandy Casar, le mieux placé au général. Le vainqueur d'étape à Saint-Jean-de-Maurienne l'an passé a même été un temps maillot jaune virtuel avant que le peloton, pointé à près de neuf minutes, ne se mette à accélérer. Au gré des cols et des descentes, l'échappée s'est désorganisée, désagrégée puis reformée. Et c'est finalement Casar, encore à l'attaque, qui a abordé la montée vers le plateau de Beille seul en tête, avec une avance trop juste (2'23") sur le peloton. Le Francilien n'avait pas les jambes pour résister au retour du groupe des favoris, même si celui-ci a effectué la montée finale à un rythme décousu, mais finalement régulier. Attaque d'Andy Schleck à 10 kilomètres, Contador recolle, Voeckler est bien. Attaque d'Andy Schleck à 9 kilomètres, Vanendert suit, les favoris reviennent. Etc, etc... Le cadet des frères luxembourgeois était le seul à avoir les cannes pour accélérer, mais pas assez pour décramponner un Contador pourtant à la limite. Et c'est finalement Vanendert, le seul parmi les rescapés à ne pas être dangereux au général, qui allait sentir le bon coup. Lui l'habituel équipier de Philippe Gilbert, 2e à Luz-Ardiden, a pris sa chance pour aller cueillir en solitaire le plus beau succès de sa carrière. Personne d'autre ne semblait en vouloir... Derrière, faute d'attaques réelles, c'était facile pour ce Voeckler-là, 7e de l'étape. "C'était très dur physiquement, mais pas très compliqué tactiquement", expliquera fort justement Pierre Rolland à l'arrivée, devant les caméras de France 2. Encore avec les meilleurs, comme à Luz-Ardiden, le plus fidèle équipier du maillot jaune a lui aussi senti la forme exceptionnelle de son leader. "J'ai dit à Thomas: "Attaque, c'est toi le plus fort"." Voeckler, qui n'a finalement perdu que deux petites secondes sur Andy Schleck, quitte les Pyrénées avec la même avance sur son dauphin (Fränk Schleck depuis jeudi) qu'au départ: 1'49". Jusqu'où ira-t-il ? "Je ne sais pas, on ne s'est pas fixé de limite", répond Rolland, incrédule. Comme bon nombre de Français...