Voeckler: "Mes meilleures années"

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Voeckler: "Mes meilleures années"
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Quelle semaine pour Thomas Voeckler ! Le Français, déjà vainqueur mercredi, s'est également imposé, en solitaire, lors de la 8e et dernière étape de Paris-Nice, sur la Promenade des Anglais. "Je me suis épaté", a confié le champion de France à l'arrivée. C'est déjà la quatrième victoire cette année pour le leader et emblème de l'équipe Europcar, qui "assume" ce statut.

Quelle semaine pour Thomas Voeckler ! Le Français, déjà vainqueur mercredi, s'est également imposé, en solitaire, lors de la 8e et dernière étape de Paris-Nice, sur la Promenade des Anglais. "Je me suis épaté", a confié le champion de France à l'arrivée. C'est déjà la quatrième victoire cette année pour le leader et emblème de l'équipe Europcar, qui "assume" ce statut. Thomas Voeckler, vous aviez déjà gagné une étape de Paris-Nice cette semaine. Considérez-vous cette deuxième victoire comme un bonus ? C'est exactement ce que je me suis dit et ça m'a retiré de la pression. J'ai attaqué, j'ai été l'instigateur de cette échappée d'une dizaine de coureurs et je n'avais rien à perdre. Dans le final, en revanche, je me suis bien motivé. J'ai pris des risques et j'ai gagné. Avez-vous craint le dernier homme qui vous accompagnait, l'Italien Diego Ulissi ? Oui il m'inquiétait un peu parce qu'il ne faisait pas de grimaces mais quand j'ai vu qu'on décrochait Carrara, j'ai collaboré avec lui. Pour finir premier ou deuxième. Puis j'ai fait la descente du col d'Eze à fond. Il y a eu une cassure et j'ai pris plus de risques encore. Je trouvais que c'était mieux parce que si je connais beaucoup de coureurs du peloton, lui, je ne le connaissais pas du tout. L'an dernier j'avais gardé beaucoup d'amertume pendant plusieurs mois après ma deuxième place dans cette même étape. Vous êtes-vous épaté dans cette dernière étape ? Oui quand même. Je n'étais vraiment pas bien samedi, je me sentais mal dans les descentes où j'ai vu des coureurs par terre dont le Hollandais Martijn Maaskant qui ne bougeait pas (Le coureur de la Garmin s'est fracturé sept côtes, ndlr). Je me suis dit alors que j'avais déjà une victoire d'étape et je ne devais pas jouer ma vie et ma carrière là. Dimanche, la route était mouillée, avec des précipices, on était sur le fil du rasoir. Oui, je me suis épaté... "Je ne vais pas faire péter Andy Schleck au sommet du Tourmalet..." Pour la première fois de votre carrière, vous êtes le leader unique de votre équipe. Cela change-t-il votre façon d'aborder vos objectifs ? Pendant trois ou quatre ans, j'ai été le co-leader de l'équipe Bbox Bouygues Telecom avec Pierrick Fedrigo et ça se passait super bien et ce n'est pas parce que aujourd'hui je suis le seul leader que ça se passe bien. Je pense simplement être dans mes meilleures années. J'ai la confiance de toute l'équipe. Cela signifie aussi que je ne dois pas me rater et que je dois assumer mon statut. Je le fais depuis le début de l'année. N'êtes-vous pas en train de faire oublier les complexes des coureurs français ? Ah ! Les complexes des Français... C'est une question récurrente et légitime. Depuis que je suis professionnel, je n'ai pas vu un coureur français capable de faire un podium de Grand Tour ou de gagner Lièg-Bastogne-Liège à la pédale. Je vous laisse juger et débattre là-dessus. Pour ma part, je suis lucide, je n'ai pas de rêves démesurés, je fais mon métier comme je le conçois, en me donnant à 100%. Le public aimerait sans doute des résultats meilleurs des coureurs français, je m'en doute bien... Vos objectifs restent les mêmes ? Ils sont les mêmes depuis deux ans. Par le passé, je me suis peut-être dévalorisé mais je sais bien que de toute façon je ne vais pas faire péter Andy Schleck au sommet du Tourmalet. Mais je sais que j'ai ma place parmi les bons coureurs du peloton. Cette année, vous êtes souvent présenté comme le sauveur de votre équipe. Cela vous dérange-t-il ? Je sais que ma présence à ses côtés a permis à Jean-René Bernaudeau de trouver un repreneur (Europcar) mais j'avais été surpris de l'impact médiatique que ça avait eu. Je l'avais fait de manière naturelle. Je savais que ma carrière n'était pas en péril parce que j'avais des contacts avec des équipes qui respectaient mon choix d'attendre le dernier moment pour décider".