Voeckler est allé au bout

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Voeckler est allé au bout
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Il n'aura pas tenu jusqu'aux Champs Elysées mais peut se targuer d'avoir marqué de son empreinte ce Tour de France 2011. Après dix jours de règne, Thomas Voeckler a rendu son maillot jaune, vendredi, essoré par le Télégraphe, le Galibier puis l'Alpe d'Huez. A la veille d'un contre-la-montre décisif, Andy Schleck est le nouveau leader de la Grande Boucle. Et, cruel constat, Voeckler ne figure même plus sur le podium...

Il n'aura pas tenu jusqu'aux Champs Elysées mais peut se targuer d'avoir marqué de son empreinte ce Tour de France 2011. Après dix jours de règne, Thomas Voeckler a rendu son maillot jaune, vendredi, essoré par le Télégraphe, le Galibier puis l'Alpe d'Huez. A la veille d'un contre-la-montre décisif, Andy Schleck est le nouveau leader de la Grande Boucle. Et, cruel constat, Voeckler ne figure même plus sur le podium... "C'était inespéré que je conserve le maillot jaune à Luz-Ardiden, puis au Plateau de Beille. Et ça l'était encore ce matin", soufflait jeudi soir Thomas Voeckler, héroïque dans l'ascension du Galibier et assuré alors d'arborer la tunique jaune un dixième jour sur ce Tour. "Demain, j'aurai les cannes en bois, et il y a l'Alpe d'Huez...", ajoutait-il, faisant d'Andy Schleck et de Cadel Evans ses grands favoris pour la victoire à Paris. Triste prémonition. Vendredi entre Modane et le géant du massif des Grandes Rousses, Voeckler a effectivement abandonné son maillot or, dépossédé par un Andy Schleck lui-même dominé par un Alberto Contador retrouvé. Le courage et l'orgueil du Martiniquais de coeur n'ont pas suffi. Ses jambes de bois lui ont fait défaut dès le Télégraphe, première difficulté du jour longue de 11,8 km et inclinée en moyenne à 7%. Un col de première catégorie dressé sur le parcours des 168 rescapés du Tour dès le 15e kilomètre et dans lequel Contador a choisi de poser sa première mine. Par trois fois, le triple vainqueur de la Grande Boucle accélère la cadence, écrémant ainsi le lot des gros braquets. Cette troisième estocade, portée à mi-ascension, est celle de trop pour un Voeckler qui paye alors les efforts consentis la veille pour rester dans le jaune. Comme un Cadel Evans victime à cet instant d'un incident mécanique, le coureur du team Europcar décroche, et se retrouve isolé, en chasse-patate, relégué à une trentaine de secondes des leaders à l'heure de basculer vers le Galibier. Non sans l'appui éphémère de son ancien coéquipier Jérôme Pineau. Contador lui a fait mal A l'amorce de la deuxième pente du jour - un Galibier attaqué par son versant le moins avenant, long de 16,7 km pour une inclinaison moyenne de 7% - Thomas Voeckler limite la casse, au point de recouvrer le contact visuel avec ses devanciers. Seulement le rythme imprimé par Contador au plus fort de l'ascension est tel que l'écart se creuse à nouveau. Inexorablement. 45 secondes puis une minute et une minute trente au sommet, le maillot jaune perd gros dans le Galibier. D'autant que devant, Andy Schleck - seul favori à avoir pris la roue d'Alberto Contador - s'est décidé à assumer quelques relais. Rejoint par Cadel Evans, Frank Schleck ou encore Ivan Basso avant la longue descente menant au pied de l'Alpe d'Huez, Thomas Voeckler peut toutefois souffler. Il n'est plus seul mais l'accalmie s'avère de courte durée. Ramené au contact des meneurs par une poignée de baroudeurs et des coéquipiers toujours exemplaires avant l'ultime chemin de croix, le patron du Tour n'est hélas pas au bout de ses peines. Profitant de la confusion née d'une attaque maladroite du Leopard Jakob Fuglsang, Alberto Contador choisit les premiers kilomètres de l'Alpe d'Huez pour repartir de l'avant. Son offensive est subite, brutale, et laisse Voeckler à nouveau sur le carreau. Grâce à un Pierre Rolland époustouflant d'audace, bourreau de Contador en personne à deux bornes du but et premier (et unique ?) Français à s'imposer sur ce Tour 2011, Europcar trouve néanmoins matière à se féliciter en ce jour noir pour son leader. A bout de souffle, les dents serrées, Thomas Voeckler termine à 3'22 du héros du jour, à 2'25 d'un Andy Schleck qui hérite ce vendredi soir de la tunique or. Le voilà détrôné et bouté hors du podium, derrière les frères Schleck et un Cadel Evans qui aura les cartes en main, samedi, dans le contre-la-montre tant attendu. Pas cher payé...