Voeckler: "C'est du bonus"

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Voeckler: "C'est du bonus"
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Très offensif depuis le début du Tour, Thomas Voeckler n'avait jusqu'à présent pas vraiment été récompensé de ses efforts. Mais la chance a tourné dimanche à Saint-Flour et si le leader d'Europcar n'a pas pu suivre l'Espagnol Luis Leon Sanchez dans le final, il a endossé le maillot jaune. Une première depuis la Grande Boucle 2004 au cours de laquelle il avait passé dix jours en jaune.

Très offensif depuis le début du Tour, Thomas Voeckler n'avait jusqu'à présent pas vraiment été récompensé de ses efforts. Mais la chance a tourné dimanche à Saint-Flour et si le leader d'Europcar n'a pas pu suivre l'Espagnol Luis Leon Sanchez dans le final, il a endossé le maillot jaune. Une première depuis la Grande Boucle 2004 au cours de laquelle il avait passé dix jours en jaune. Thomas, on vous a vu beaucoup à l'attaque depuis le début du Tour, mais la réussite n'était pas forcément là. Cela valait le coup d'attendre ? Oui, cela valait le coup d'attendre. Après, je n'ai pas fait n'importe quoi. Je n'ai pas fait des rallyes de 200 km à l'avant avec vent de face. J'ai attaqué en fin d'étape. Samedi, je n'ai pas pu attaquer, mais je me suis accroché pour finir dans le groupe de tête et cela a payé puisque j'aurais pu être derrière Luis Leon Sanchez au général ce matin. Je me suis imposé de prendre les étapes les unes après les autres. Aujourd'hui, je me suis retrouvé dans l'échappée. Tout le monde pensait que c'était voué à l'échec. Mais ça a payé. C'était presque inespéré ce maillot. N'avez-vous pas eu peur que vos efforts des jours précédents vous jouent des tours dans le final ? Non, car comme je l'ai dit je n'ai pas fait d'attaques vraiment usantes pour l'organisme. Au départ ce matin, je n'étais pas plus fatigué qu'un autre coureur. J'ai même senti que mes jambes étaient meilleures que la veille, ce qui m'a permis d'attaquer dans le premier col et de lancer l'échappée. Votre goût de l'offensive et votre sens tactique a une nouvelle fois payé. J'imagine que cela doit être une grande satisfaction ? Aujourd'hui était une journée différente d'hier. Personne ne pensait que Hushovd pouvait perdre le maillot avec ce qu'il avait fait la veille à Super-Besse. Mais sur un tel parcours accidenté, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Au départ, j'étais attentiste, mais j'ai passé le premier col en tête et l'échappée est partie. J'ai rapidement compris que j'étais le mieux classé, mais je ne pensais pas forcément au maillot jaune. Ce n'est qu'à soixante kilomètres de l'arrivée que j'ai fait définitivement une croix sur l'étape, en accord avec mon directeur sportif, pour me concentrer sur le maillot jaune. J'ai roulé comme si c'était une échappée en solitaire. "Pas besoin du maillot jaune pour être comblé" Que pensez-vous de la chute de Flecha et Hoogerland provoquée par une voiture suiveuse ? C'est vraiment regrettable. Des chutes, cela fait partie du vélo. C'est malheureux mais c'est comme ça. Ce qui est arrivé aujourd'hui à Flecha et Hoogerland, cela aurait pu arriver à n'importe qui. Cela aurait pu être moi. C'est un coup de chance. J'ai mal à la cheville car Flecha m'a heurté, mais cela aurait pu être bien pire. Je ne suis pas là pour polémiquer, mais c'est très regrettable. Il y a déjà assez de risques dans les courses de vélo. Avez-vous été mis au courant de la grosse chute dans le peloton qui a contraint Vinokourov à l'abandon ? Oui, cela nous a permis de creuser l'écart, mais c'est la course, contrairement à ce qui est arrivé à Flecha et Hoogerland. Cette chute est arrivée trop près de l'arrivée pour que l'on se relève. Honnêtement, n'importe quel autre coureur ne les aurait pas attendu. Cette chute n'avait pas lieu d'être, mais nous ne pouvions pas les attendre. Peut-être que Sanchez a pensé que cela faisait deux de moins pour la victoire d'étape, mais pour moi ce n'était pas une bonne chose. A cinq, on aurait peut-être pu creuser plus l'écart. J'aurais préféré qu'ils soient avec nous. Il y a sept ans, vous aviez dit que vous n'aviez pas vraiment pu profiter de ce maillot. Qu'en est-il aujourd'hui ? Je n'ai pas dit pas dit que je n'avais pas pu en profiter, mais il m'était un peu tombé dessus en 2004. Je n'étais pas bon à jeter mais j'étais jeune et on me l'avait un peu laissé. Là, je savoure davantage. Chaque année depuis 2003, j'ai fait le Tour. J'ai appris à connaître la valeur de ce maillot et je suis vraiment allé le chercher. Après un papa comblé (il a eu une fille juste avant le Tour), êtes-vous un coureur comblé ? Cela fait un moment que je le suis. Depuis ma victoire d'étape en bleu-blanc-rouge l'an dernier sur le Tour. Là, c'est du bonus. Je fais du vélo pour me faire plaisir. J'ai été deux fois champions de France, l'an dernier j'ai gagné une étape avec le maillot tricolore. C'était une forme d'aboutissement. Je ne pense pas forcément à la fin de ma carrière, mais je ne suis pas là pour prouver. Je fais mon métier du mieux possible, comme je sais faire. Je n'ai pas besoin du maillot jaune pour être comblé. Je suis bien sûr très heureux, mais je n'aurais pas été malheureux si je ne l'avais pas eu.