Voeckler, 48 heures à tenir...

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Voeckler, 48 heures à tenir...
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A deux jours de l'entrée du Tour de France dans Paris, Thomas Voeckler est toujours un épatant maillot jaune. Il avait été héroïque dans les Pyrénées, il a encore tenu le choc jeudi dans la terrible étape entre Pinerolo et le Galibier. Si son avance sur les principaux favoris a diminué depuis le début de la semaine, le Français reste le mieux placé avant la courte mais très difficile étape de L'Alpe-d'Huez ce vendredi et le contre-la-montre, sans doute décisif, de Grenoble le lendemain.

A deux jours de l'entrée du Tour de France dans Paris, Thomas Voeckler est toujours un épatant maillot jaune. Il avait été héroïque dans les Pyrénées, il a encore tenu le choc jeudi dans la terrible étape entre Pinerolo et le Galibier. Si son avance sur les principaux favoris a diminué depuis le début de la semaine, le Français reste le mieux placé avant la courte mais très difficile étape de L'Alpe-d'Huez ce vendredi et le contre-la-montre, sans doute décisif, de Grenoble le lendemain. Chaque jour passé avec le maillot jaune sur le dos rapproche Thomas Voeckler de la victoire dans le Tour de France 98e du nom. Vendredi, au moment de s'élancer de Modane vers L'Alpe-d'Huez pour l'ultime étape de montagne de cette cuvée 2011, le Français portera un dixième maillot jaune différent depuis sa prise de pouvoir à Saint-Flour. Mais personne alors n'imaginait qu'il serait encore leader du classement général à deux journées de l'arrivée du peloton à Paris. Pourtant, avant d'aborder les trois dernières étapes du Tour, dont deux encore décisives dans l'optique de la victoire finale, le coureur de la formation Europcar devance encore tous les grands favoris qu'il n'aurait jamais cru pouvoir suivre trois semaines durant. Jeudi, c'est au prix d'immenses efforts dans les dernières rampes du Galibier que Voeckler a conservé sa première place du classement général longtemps menacée par Andy Schleck, auteur d'un véritable numéro entre Pinerolo et Serre-Chevalier. Mais pour 15 secondes, le Vendéen d'adoption a gardé son bien sur le cadet des frangins luxembourgeois. Ce dernier semble désormais être l'un des trois derniers coureurs capables d'aller déloger le maillot jaune, avec son frère Frank et Cadel Evans. "15 secondes ce n'est pas grand-chose..." Damiano Cunego, Ivan Basso, mais plus encore Alberto Contador semblent avoir course perdue. L'illusion d'un podium n'en est presque plus une pour le Français, le rêve d'une victoire inimaginable encore du domaine du possible. Mais pour ce faire, Voeckler devra être très fort dans les deux journées à venir. Nul doute que les Schleck feront tout vendredi pour gagner du temps lors de la dernière journée sur leur terrain de jeu. S'il s'accroche et résiste, même s'il cède quelques secondes dans les 21 lacets de L'Alpe-d'Huez, alors l'Alsacien pourra encore y croire tant il est dans ses cordes de rivaliser avec les deux frères dans le chrono de Grenoble. L'équation avec Evans est différente. Bien inférieur à l'Australien dans le chrono, Voeckler doit, au minimum, conserver sa minute et 12 secondes d'avance sur le coureur de BMC pour entretenir l'espoir sur les 42 kilomètres dessinés autour du chef-lieu de l'Isère. Avant ces deux échéances qui pourraient à jamais bouleverser sa carrière, Voeckler la joue profil bas, comme depuis une semaine. "Je perds un peu de temps chaque jour et 15 secondes ce n'est pas grand-chose, avançait-il au terme de la deuxième des trois étapes alpestres. Vendredi il y a L'Alpe-d'Huez. Tout le monde sait qu'Andy Schleck grimpe mieux que moi et donne l'impression d'être de plus en plus en forme. Je ne peux pas dire ce qu'il va se passer. Je n'en sais rien." Et comme le protégé de Jean-René Bernaudeau se méfie encore plus d'Evans - "C'est clairement le favori pour gagner ce Tour de France" -, ne comptez pas sur lui pour s'annoncer comme un candidat. Pourtant, depuis le regretté Laurent Fignon en 1989 (battu sur les Champs-Elysées pour huit secondes par Greg LeMond, ndlr), aucun Français n'a été si près de succéder à Bernard Hinault au palmarès. C'était il y a 26 ans.