Virgin, marche ou crève

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Virgin, marche ou crève
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L'écurie Virgin Racing vit sa deuxième saison de Formule 1 comme la première: en fond de grille et avec des espoirs de progression limités. Glock et d'Ambrosio sont promis à des courses de l'ombre, bien loin des meilleurs. Si l'optimisme est encore de rigueur, ravivé par l'arrivée de Pat Symonds en auditeur externe, son avenir, comme ceux de ses rivales d'infortune, interroge.

L'écurie Virgin Racing vit sa deuxième saison de Formule 1 comme la première : en fond de grille et avec des espoirs de progression limités. Glock et d'Ambrosio sont promis à des courses de l'ombre, bien loin des meilleurs. Si l'optimisme est encore de rigueur, ravivé par l'arrivée de Pat Symonds en auditeur externe, son avenir, comme ceux de ses rivales d'infortune, interroge. "Résiste, prouve que tu existes". Un an après leur apparition, les nouvelles écuries (HRT, Lotus, et Virgin) n'ont toujours pas décollé, le refrain de France Gall résumant leur seule ambition: survivre. La fameuse règle des 107% rétablie lors des qualifications, les plus cyniques observateurs s'attendaient à voir ces punis de fond de grille être privés de départ lors de nombreux dimanches de Grand Prix. Bernie Ecclestone peut souffler, son plateau de 24 monoplaces est sauf (à l'exception du rendez-vous inaugural de Melbourne disputé sans les deux HRT) et son niveau toujours aussi disparate. Certes, HRT surprend. Sans essais d'intersaisons ni développement, l'équipe espagnole est parvenue à régulièrement se qualifier, allant même au bout de certains Grand Prix. La belle affaire... Si bien que Karthikeyan et Liuzzi sont désormais dans les échappements des Virgin qui réalisent l'exploit d'afficher une progression encore plus limitée. Inquiets à l'idée de récupérer le bonnet d'âne du plateau, les dirigeants de l'équipe russo-britannique ont appelé un banni à la rescousse. Pat Symonds, ex-stratège de Renault impliqué dans le fameux crashgate de Singapour 2008, a ainsi intégré provisoirement l'organigramme. Sans fonctions officielles bien sûr, le Britannique étant toujours suspendu de toute activité en F1 et ce jusqu'en 2013. Symonds observe, constate, conseille dans un rôle proche d'un auditeur interne. Selon Autosport, l'ancien bras droit de Flavio Briatore occupe une fonction de consultant devant dresser un bilan de la situation. Terminer une course est une victoire Celle-ci semble pourtant claire: Virgin va dans le mur. "Nous avons stagné, nous n'avons pas évolué - et c'est la chose la plus décevante", a reconnu le directeur John Booth dans une interview au magazine spécialisé britannique. Or en F1, stagner, c'est reculer. Conscient de ces difficultés, Virgin annonce comme de nombreuses équipes un pack majeur de développement en Turquie. Seraient concernés le fond plat, les échappements, le diffuseur, l'aileron avant et les freins. Un passage par la soufflerie serait aussi envisagé. Une véritable révolution pour une équipe qui avait fait de la conception et développement par ordinateur (CFD) son cheval de bataille, lançant sa première monoplace sur la piste sans avoir effectué le moindre test en soufflerie. Difficile pourtant d'imaginer une nette progression à Istanbul. Sur le site officiel de l'équipe, la seule ambition semble de terminer, l'écurie affichant 5 sur 6 (comme le nombre de ses monoplaces à l'arrivée depuis le début de saison) comme s'il s'agissait d'une victoire. Une position qui n'effraie pas le rookie Jérôme d'Ambrosio pour qui le plaisir d'être en F1 prend le dessus. En Chine, le Belge a terminé 20e mais s'est dit très heureux de sa course au contraire de Glock qui n'a pas caché sa déception. "C'est la seconde fois que je termine, le premier tour était vraiment fun, j'ai eu une belle bagarre avec Timo (Glock, son coéquipier ndlr) qui m'a doublé avant que je le passe puis qu'il me repasse." A défaut de jouer dans la cour des grands, on se console et on s'amuse comme on peut...