Vinokourov, de l'ombre à la lumière

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Vinokourov, de l'ombre à la lumière
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CYCLISME - Alexandre Vinokourov a remporté dimanche Liège-Bastogne-Liège.

CYCLISME - Alexandre Vinokourov a remporté dimanche Liège-Bastogne-Liège. On attendait la confirmation du règne de Philippe Gilbert, vainqueur le week-end dernier de l'Amstel Gold Race. On a assisté à la renaissance d'un banni, ressuscité sur les routes de ses anciens exploits. Vainqueur de la Doyenne en 2005, au temps de sa splendeur, Alexandre Vinokourov a récidivé dimanche, coupant la ligne d'arrivée de Liège-Bastogne-Liège en vainqueur, moins d'un an après son retour dans le peloton. Au purgatoire pendant deux ans, après avoir été pris, à deux reprises, aux transfusions sanguines homologues sur le Tour 2007, le Kazakh est de retour au sommet. "C'est magnifique. Je n'y crois pas encore. C'est une belle revanche pour moi", savourait-il à chaud devant la caméra d'Eurosport, loin d'être refroidi par les quelques sifflets qui l'ont accompagné sur la ligne d'arrivée. Le public belge soulignait là autant sa défiance face à cet ancien champion magnifique, auteur des plus belles envolées et des plus grandes audaces par le passé mais tombé la seringue à la main de son piédestal, que sa déception devant la cinquième place de son champion, Philippe Gilbert. Au vu de son démarrage dans la côte de Saint-Nicolas, le vainqueur de l'Amstel Gold Race pouvait espérer signer le doublé, comme Alejandro Valverde (2005), Davide Rebellin (2004) ou encore Eddy Merckx (1973 et 1975) en leur temps. Le baroudeur de l'équipe Omega-Pharma-Lotto se contente de la quatrième place, coincé entre Valverde (Caisse d'Epargne) et Cadel Evans (BMC Racing Team), victorieux de la Flèche Wallonne où il s'est découvert des aptitudes pour les classiques. Kolobnev, éternel second Cette belle brochette de favoris aura réagi trop tard. Groupés au bas de la Redoute, où Barredo aura tenté d'animer la course sans succès après la démission de l'échappée matinale dans laquelle se sera distingué Maxime Bouet (AG2R), les gros bras du peloton ont commencé à s'expliquer dans le bas de la Côte de la Roche-aux-Faucons. Le premier à se mettre en action n'est personne d'autre que le tenant du titre, le Luxembourgeois Andy Schleck, mais son démarrage ne fait pas autant de différences que l'année dernière. Le dauphin de Contador sur le Tour 2009 emmène dans sa roue un Gilbert très facile. Derrière, Damiano Cunego (Lampre) tente de rejoindre le duo de tête, accompagné par Thomas Voeckler (BBox Bouygues Telecom), mais les deux hommes plient devant le rythme imposé par Evans en tête de groupe. Pas assez soutenu au goût de Contador qui gicle comme il en a l'habitude sur les toutes de la Grande Boucle pour reprendre rapidement le duo Schleck-Gilbert. Les favoris sont découverts. Mais pour rien puisque dans le bas de cette avant-dernière difficulté, un groupe d'une vingtaine d'hommes se reforme. Le moment choisi par Vinokourov pour sortir, bientôt rejoint par Alexandr Kolobnev (Team Katusha). Nerveux, Gilbert s'y reprend à trois fois pour sortir. Trop tard. Malgré le concours de Valverde et Evans dans les dix derniers kilomètres et une démonstration de force dans la côte de Saint-Nicolas, le chouchou du public doit se résigner devant la résistance du duo Vinokourov-Kolobnev. Deux hommes en route vers la victoire mais un seul élu, en l'occurrence le Kazakh qui dépose à la pédale, comme au bon vieux temps, le Russe, l'éternel battu, lui qui compte déjà deux deuxième place sur les Mondiaux (2007 et 2009) ou encore une troisième place sur la course en ligne des Jeux Olympiques de Pékin (2008). Devant, Vino lève les bras. Sous les sifflets d'une partie du public. Revanchard comme jamais.