Villas-Boas, un stratège en sursis

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Villas-Boas, un stratège en sursis
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Présenté comme l'héritier de José Mourinho à son arrivée à Londres cet été, André Villas-Boas serait déjà sur la sellette. Après le revers de Chelsea contre Liverpool, le week-end dernier en championnat, l'entraîneur portugais semble fragilisé comme jamais, malgré son aplomb devant la presse. La rencontre de Ligue des champions à venir, mercredi à Leverkusen, s'annonce décisive.

Présenté comme l'héritier de José Mourinho à son arrivée à Londres cet été, André Villas-Boas serait déjà sur la sellette. Après le revers de Chelsea contre Liverpool, le week-end dernier en championnat, l'entraîneur portugais semble fragilisé comme jamais, malgré son aplomb devant la presse. La rencontre de Ligue des champions à venir, mercredi à Leverkusen, s'annonce décisive. N'est pas José Mourinho qui veut. Sacré champion d'Angleterre sur le banc de Chelsea dès sa première année de mandat, en 2005, l'actuel entraîneur du Real Madrid ne devrait pas être imité par celui que l'on présente comme son successeur et qui était attendu comme tel à Londres: André Villas-Boas. Un fin stratège qui la saison passée a su mener le FC Porto vers un retentissant quadruplé Coupe du Portugal-Championnat-Ligue Europa-Supercoupe du Portugal. Exploit déjà accompli par les Dragons en 2003 sous le règne du "Special One". Après 12 journées de Premier League cette saison, Chelsea paraît déjà hors course pour le titre. 12, c'est également le nombre de points qui séparent les Blues du leader Manchester City après un week-end de championnat qui a vu Liverpool s'imposer sur la pelouse de Stamford Bridge (1-2). Un troisième revers en quatre levées qui fait tâche. D'autant que les partenaires de Terry se sont révélés incapables de dominer les deux autres équipes de calibre supérieur jusqu'alors affrontées (défaites 3-5 face à Arsenal et 3-1 sur le terrain de Manchester United). Avec des rendez-vous contre City, Newcastle ou Tottenham en perspective... Selon les tabloïds anglais, Roman Abramovitch aurait tapé du poing dimanche après la déconvenue enregistrée face aux Reds. Un coup de gueule aussitôt tourné en dérision devant la presse par le jeune technicien de 34 ans: "Le président n'a pas payé 15 millions d'euros à Porto pour aller me chercher l'été dernier pour ensuite payer une nouvelle fortune en me licenciant." Et l'intéressé, relayé par la BBC, d'ajouter sûr de lui en apparences: "La question de la patience de la direction ne se pose pas. Nous sommes en train de construire quelque chose de nouveau et tout le monde au club le sait et tire dans le même sens." Au révélateur européen "Le départ de Chelsea n'est pas brillant mais on peut encore renverser la vapeur, s'efforce de croire Villas-Boas. Ce n'est pas bon d'avoir 12 points de retard sur un leader aussi fort que Manchester City, ce n'est pas bon non plus d'encaisser autant de buts mais j'ai confiance dans notre organisation défensive et les échéances de décembre nous donnent de l'espoir. On fera le bilan ensuite. On a assez de talent dans le groupe pour bien figurer dans toutes les compétitions." L'entraîneur lusitanien le sait, la rencontre de Ligue des champions qui se profile peut être providentielle pour son groupe. En cas de succès mercredi à Leverkusen, Chelsea serait assuré de jouer la seconde phase de la compétition. Leaders invaincus de leur poule après quatre actes, les Blues peuvent décrocher les coéquipiers de Ballack s'ils parviennent à s'imposer, mais peuvent également perdre tout leur crédit au profit d'un Bayer et d'un FC Valence pour l'heure relégués à deux et trois unités. Si le vent venait à tourner sur la campagne continentale des Londoniens, André Villas-Boas se retrouverait sans nul doute en fâcheuse posture. A en croire les médias britanniques, Guus Hiddink, ancien de la maison bleue déjà pressenti l'été dernier pour prendre le relais de Carlo Ancelotti, aurait déjà été approché par Roman Abramovitch. Démissionnaire de son poste de sélectionneur de la Turquie la semaine passée, le technicien néerlandais est aujourd'hui libre de tout engagement.