Vial: "Un quart de finale est accessible"

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Vial: "Un quart de finale est accessible"
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A quelques jours du début du Championnat d'Europe en Serbie et en Italie, l'équipe de France peaufine ses ultimes réglages à Nancy. Revigorées par leurs victoires face à la Roumanie et au Cannet lors de l'Open Fémina, les protégées de Fabrice Vial abordent cet Euro avec le plein de confiance et entendent bien remplir l'objectif fixé par la délégation tricolore, à savoir un quart de finale.

A quelques jours du début du Championnat d'Europe en Serbie et en Italie, l'équipe de France peaufine ses ultimes réglages à Nancy. Revigorées par leurs victoires face à la Roumanie et au Cannet lors de l'Open Fémina, les protégées de Fabrice Vial abordent cet Euro avec le plein de confiance et entendent bien remplir l'objectif fixé par la délégation tricolore, à savoir un quart de finale. Fabrice, quels enseignements avez-vous tiré de cette phase de préparation à l'Euro ? Ça s'est bien passé sur la phase terminale avec trois victoires lors de l'Open Fémina. Ça avait un peu mal commencé parce qu'on avait pas mal de bobos musculaires. Mais, à présent, tout le monde est au taquet pour aborder ce Championnat d'Europe. Ces victoires glanées face à la Roumanie et au Cannet ont dû insuffler une bonne dose de confiance dans le groupe ? Bien sûr. On est sur une dynamique positive. C'est important pour le capital confiance de terminer sur des résultats positifs avant la grande échéance mais il ne faut pas non plus s'enflammer. Néanmoins, la Roumanie est une équipe qualifiée pour le Championnat d'Europe, donc c'est bien de l'avoir battu par deux fois. Ça prouve qu'on mérite d'y aller, qu'on est à notre place. On est là-bas pour faire un résultat. Mais dans notre poule, la Serbie et l'Allemagne seront d'un niveau supérieur à la Roumanie. Il s'agira d'être très fort face à l'Ukraine pour arriver à passer ce tour et prétendre à un play-off qui pourra nous amener à l'objectif que l'on s'est fixé. Quel est-il cet objectif ? L'objectif était clairement défini depuis le début de saison. C'est la troisième fois consécutive que l'on se qualifie pour un Championnat d'Europe. Le but maintenant, ce n'est plus d'y participer mais d'aller chercher un résultat, un quart de finale qui, pour moi, est tout à fait accessible. Être dans les six nous permettrait de nous qualifier directement pour le Championnat d'Europe dans deux ans. Mais ça va être difficile parce qu'il y a une grosse concurrence sur le plan européen. On est encore une équipe en construction. On veut commencer à faire des résultats mais on ne s'enflamme pas trop parce qu'il y a des équipes qui sont devant nous. La Russie est championne du monde, l'Italie est double championne d'Europe. On souhaite se frotter aux équipes qui sont entre la cinquième et huitième place. On va tout faire pour y arriver. "On a envie d'en découdre, envie d'y être" Un mot sur vos prochains adversaires de poule (Serbie, Allemagne, Ukraine) ? La Serbie est la grosse équipe de la poule d'autant plus qu'elle joue à domicile. Elle a gagné cette année la Ligue européenne pour la troisième année consécutive. C'est le top mondial, elle joue pour gagner le Championnat d'Europe et pour se préparer aux qualifications pour les Jeux Olympiques. Si elle termine dans les trois premières places de ce Championnat d'Europe, elle aura son billet pour la Coupe du monde. Par ailleurs, l'Allemagne est aussi une grosse nation qui "performe" au niveau international. Les Allemandes ont terminé huitièmes du Championnat du monde. C'est un cran en-dessous de la Serbie, mais ca reste une grosse nation du volley-ball. Enfin, l'Ukraine est de notre niveau même si elle sort relativement peu sur la scène internationale. Ça reste une école du volley-ball, il ne faut pas oublier que l'Ukraine, c'est l'ancienne Russie, il y a toujours eu une forte densité de très bonnes volleyeuses dans les pays de l'Est. Les filles ont souvent des gabarits impressionnants et jouent sur leurs qualités physiques et morphologiques. C'est un adversaire à prendre au sérieux. Ce match sera déterminant même si on ne va pas négliger les deux autres. C'est le match à gagner. Quel est le favori de cette édition 2011 ? Je pense que c'est la Serbie. Pour l'avoir joué plusieurs fois dans la saison, ça reste le gros morceau. Par ailleurs, le championnat d'Europe se passant conjointement en Serbie et en Italie, les Serbes auront à coeur de faire un résultat sur place. La Russie devrait être aussi au rendez-vous. Si on tient compte du classement mondial, la Russie est la championne du monde sortante. Ça dépendra aussi des filles qui joueront. Il y a des joueuses vieillissantes qui ne seront certainement pas dans le tournoi. L'Italie "performe" aussi depuis pas mal d'années sur toutes les compétitions internationales. C'est du lourd. Mais en général il y a quand même une grosse influence des pays de l'Est. Comment est l'atmosphère dans le vestiaire. Ressentez-vous de l'impatience ou de la pression chez vos joueuses ? De la pression, on en a toujours, il en faut. Mais ce que je ressens, c'est surtout de l'impatience. On a envie d'en découdre. C'est un objectif prioritaire de la saison. On a envie de savoir si on est capable d'aller chercher ce résultat. On a envie d'y être. "Ce n'est jamais de gaieté de coeur qu'on met quelqu'un de côté" Pourquoi avoir décidé de vous passer de Nassira Camara ? Nassira n'a pas été totalement capable de me montrer son niveau offensif. Ce qui m'intéressait chez elle, c'était justement ce potentiel offensif. De tout l'été, ça n'a pas été concluant. J'ai aussi souhaité rester dans une lignée défensive, avec des filles qui se battent sur tous les ballons, ce qui n'est pas une des qualités premières de Nassira. Ça a été un choix technique. J'ai souhaité garder un groupe qui manquera peut-être à un moment de qualités offensives mais qui sera défensivement capable de réaliser de grosses prestations. Comment a-t-elle vécu cette éviction ? Pas bien. Quand on met un sportif de haut niveau de côté... Si elle est consciente que l'entraîneur national doit faire un choix, ça reste un désaveu. Quand je lui annonce que je ne la prends pas, je considère qu'elle n'a pas rempli le contrat. Et quelqu'un qui se bagarre tous les jours pour avoir sa place, quand il ne l'a pas et que l'entraîneur lui annonce, ce n'est pas quelque chose de plaisant. C'est aussi la loi du haut niveau. Il y a peu d'élues. C'est la chose la plus difficile à faire dans ce métier parce que ce n'est jamais de gaieté de coeur qu'on met quelqu'un de côté, surtout quand on a passé la saison entière ensemble. Après ça fait partie de mon travail, je dois prendre mes responsabilités. Mon objectif est de faire "performer" cette équipe de France. J'emmène avec moi la meilleure équipe que je pense. J'espère que l'avenir me dira que je ne me suis pas trompé. Ce sont des choix de sélectionneur. N'est-ce pas un risque d'emmener dans vos bagages Christina Bauer, qui revient tout juste de blessure ? Non, ce n'est pas un risque. Christina a travaillé avec nous sur le travail d'opposition. Elle est totalement intégrée aux entraînements. Elle n'est plus en période de réhabilitation mais de compétition. C'est quelqu'un qui va nous apporter un apport physique et morphologique dont on en a besoin. Je regarde aussi vers l'avenir avec le tournoi de qualification olympique. C'est quelqu'un qui a besoin de vivre des évènements comme ça, de l'intérieur, pour pouvoir s'habituer a ce gendre de compétitions. Je ne l'aurai pas emmené si elle n'avait pas été apte physiquement. Elle sera peut-être pas à 100% mais, même à 70%, Christina sera capable de s'en tirer.