Vettel: "Un grand circuit..."

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Vettel: "Un grand circuit..."
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Vainqueur du premier Grand Prix de Formule 1 jamais organisé sur le territoire indien, Sebastian Vettel a laissé entrevoir sa joie à l'issue d'une course menée de bout en bout. Le jeune pilote allemand, qui sera sacré officiellement champion du monde le 27 novembre prochain au Brésil, ne tarit pas d'éloge sur ce nouveau circuit inscrit au calendrier et en profite pour exprimer son attachement à l'égard de la population locale.

Vainqueur du premier Grand Prix de Formule 1 jamais organisé sur le territoire indien, Sebastian Vettel laisse entrevoir sa joie à l'issue d'une course menée de bout en bout. Le jeune pilote allemand, qui sera sacré officiellement champion du monde le 27 novembre prochain au Brésil, ne tarit pas d'éloge sur ce nouveau circuit inscrit au calendrier et en profite pour exprimer son attachement à l'égard de la population locale. Sebastian, vous obtenez la pole, vous menez sur chaque tour de circuit et établissez le meilleur temps. Est-ce votre plus belle victoire de la saison ? Evidemment, c'était une bonne course pour nous. J'ai vraiment aimé être en première position. J'ai bataillé un peu contre Jenson. L'écart était toujours d'environ quatre secondes mais étonnamment il continuait de se rapprocher sur chaque arrêt au stand. Je ne comprends pas, j'accélérais à fond en entrant puis en sortant mais on perdait du temps sur le ravitaillement donc on doit analyser cela. Mais sur la piste, il était crucial de gérer l'usure des pneus, s'assurer de pouvoir aller jusqu'au bout, enfin globalement c'était un circuit très lisse. La voiture était très bien équilibrée. Je me sentais un peu plus en confiance avec les pneus durs vers la fin, mais globalement c'est un résultat fantastique. Grâce à Renault qui a accompli un travail exceptionnel jusqu'à présent, aucun problème à déplorer durant toute la saison, mais pour être honnête avec vous, je ressens un sentiment mitigé. D'un côté, je suis très heureux, c'est le premier Grand Prix d'Inde et je suis très fier d'en être le premier vainqueur, de même pour mon équipe, mais de l'autre en pensant au week-end dernier, je réalise qu'on a perdu deux compagnons. Je ne connaissais pas Dan Wheldon mais c'était un grand nom du sport automobile. J'ai eu l'opportunité de rencontrer cette année Marco Simoncelli et nos pensées sont pour eux. Oui, nous sommes prêts à prendre des risques en montant dans la voiture mais évidemment nous prions pour que rien ne nous arrive, parfois on subit une piqure de rappel qu'on préfèrerait éviter à tout prix. Nos pensées vont vers eux à ce moment précis. Vous établissez un nouveau record aujourd'hui, vous devancez désormais Nigel Mansell au titre du plus grand nombre de tours de circuit franchis en tête durant une saison de Formule 1. J'imagine que vous ne voulez pas que cette année s'arrête ? Non, je m'en moque. Je pense que nous pouvons continuer ainsi. La voiture est fantastique. L'équipe prend du plaisir et nous sommes dans la course au titre depuis le début de saison. On profite de chaque Grand Prix. J'aime rentrer dans le garage tous les matins et voir les gars travailler d'arrache-pied. Ils s'investissent beaucoup, aucun signe notable de paresse, de perte de concentration. C'est plaisant de voir qu'après tout ce qu'on a réalisé cette année nous avons toujours faim et ne manquons pas de motivation. J'aime ce que je fais. Je pense qu'il en va de même pour mon équipe donc c'est super, d'une certaine façon, oui, on n'a pas envie que ça s'arrête. Sebastian, pouvez-vous simplement exprimer vos impressions à propos de ce premier Grand Prix d'Inde ? Ce qu'ont réalisé les organisateurs en si peu de temps est énorme. Nous avons commencé à en entendre parler il y a quelques années mais ériger un tel circuit si vite est incroyable. Tout n'est pas encore finalisé à cent pour cent mais d'ici l'année prochaine les ajustements nécessaires seront réalisés j'en suis sûr. L'un dans l'autre c'était fantastique. Je suis très fier, comme je l'ai déjà dit, d'être le premier vainqueur ici en Inde. Je trouve que c'est un pays très impressionnant, très différent de ce qu'on connait en Europe, mais vraiment inspirant. En gardant les yeux et les oreilles ouverts, vous apprenez beaucoup de la façon dont les gens gèrent les choses ici. C'est un grand pays avec beaucoup d'habitants, qui bien que différents s'entendent bien et sont heureux d'habiter là. Ils profitent de la vie et c'est bien cela le plus important. A l'aube de la mort, ce qui importe c'est d'avoir des pensées, des émotions et des amis plutôt que de disposer d'un compte en banque bien rempli. Même si les gens ne possèdent pas grand-chose ici, d'une certaine manière, ils sont plus riches que beaucoup de personnes en Europe, nous avons beaucoup à apprendre des Indiens. Super course, super événement. Le circuit est fantastique, merci beaucoup à l'Inde et à ses habitants. Sebastian, certaines personnes s'interrogeaient quant à votre motivation plus tôt ce week-end. Votre victoire devrait mettre un terme à ces discussions ? Oui, je le pense. J'ai déjà tout dit hier, jeudi et vendredi à propos de ces insinuations. Je répète que toute l'équipe a encore faim et qu'à l'approche des deux dernières courses nous prenons beaucoup de plaisir, la motivation n'est pas un problème. Vous avez realisé pratiquement tous les meilleurs temps. Vous avez laissé Jenson en avoir un ou deux mais pas trop. Vous étiez juste trop rapide. C'était une longue course pour être sincère. Beaucoup de tours. Le circuit est assez difficile. Un des plus délicats de la saison, il est facile de commettre une erreur, d'aller au-delà des limites et ainsi échouer dans la poussière et devoir finalement se battre pour réintégrer la piste. Ce n'était pas si facile avec le trafic. Les risques de perdre du temps était important et je faisais la course à distance avec Jenson, toujours entre 3.5 et 4.5 secondes derrière. Je cherchais à doubler les autres voitures et idéalement utiliser le DRS de temps à autre pour les lignes droites afin d'augmenter mon avance. Le départ était primordial. Je m'étais concentré sur le premier franchissement du virage n°3, je voulais m'assurer une marge suffisante avant d'aborder la très longue ligne droite qui suit. Sur le premier tour, tu es vulnérable donc il était capital de franchir proprement cet obstacle comme je l'ai fait alors que Jenson venait de prendre l'avantage sur Mark. Après cela, j'étais capable de m'échapper sur les premiers tours, maintenir l'écart, et à la fin je me sentais vraiment serein. Le réchauffement des pneus durs s'est bien passé et en réalité, je me suis senti à l'aise en pneus durs ce qui m'a permis d'aller jusqu'au bout. J'ai reçu quelques appels de mon ingénieur me rappelant quel était l'objectif, il n'existe pas de trophée pour le meilleur temps en piste. Heureusement nous avons obtenu les deux. Nous étions dans une situation confortable, contrôlant la course depuis l'avant, mais avoir Jenson dans le rétroviseur, refusant de disparaitre, ne rend pas la vie facile, nous nous devions d'être à bloc durant toute la course. Le fait que ce circuit soit nouveau a-t-il entraîné des efforts supplémentaires de la part de votre équipe, notamment au niveau de l'élaboration d'une stratégie vous permettant de l'emporter ? Je pense que c'est toujours le cas quand on débute sur une nouvelle piste, en arrivant il subsiste de nombreuses questions auxquelles il faut trouver des réponses. Le choix des pneus notamment. Nous nous sommes interrogés sur la nécessité de s'arrêter deux voire trois fois au stand. Il est difficile de savoir à quoi s'attendre. Ces derniers jours nous nous sommes aidés du simulateur de course, on a eu un aperçu de la disposition de la piste, de l'enchainement des virages... Toutes les informations récoltées durant le week-end vont maintenant nous servir pour revenir encore plus fort l'année prochaine. Nous devons dire V pour victoire et V pour Vettel. En parlant de l'Inde, vous dites qu'ici les gens n'ont pas d'argent mais sont heureux, comparé à l'Europe. Est-ce l'impression majeure que vous retirez de votre venue en Inde ? Je pense que certaines choses sont difficiles à imaginer pour nous. Si vous regardez d'où on vient, je pense que c'est difficile d'imaginer des choses sans les avoir vues. Dans nos sociétés on évalue le bonheur dans nos vies selon ce que l'on possède. Pour les gens ici, ça n'a pas d'importance, ils sont heureux de ce qu'ils ont, même si en comparaison ils disposent de si peu, mais ils sont aimables, respectueux. Évidemment je ne suis pas resté suffisamment de temps ici, je ne peux juger de manière définitive mais je trouve chaque instant passé dans ce pays inspirant. J'ai été voir le Taj Mahal, un endroit très touristique, ce fut un plaisir de m'y rendre en voiture bien que les routes soient dans un fâcheux état, une sacré aventure ! L'un dans l'autre, c'était super de venir ici, un grand circuit, ce qui importe beaucoup lorsqu'on est coureur automobile. J'ai été surpris par le fait que la course passe si vite, c'est un bon signe, cela signifie qu'on savoure les tours de piste, il y a de magnifiques virages, des virages à haute vitesse qui nous permettent d'atteindre nos limites et par conséquent les limites de la voiture aussi. Cette course va très vite s'imposer et même si nous n'en sommes qu'à la première ici, je me réjouis par avance de revenir l'année prochaine. Quand Neil Armstrong a atterri sur la Lune, il a prononcé cette fameuse phrase « un petit pas pour l'homme, un pas de géant pour l'humanité ». Quels sont vos premiers mots ? Dhanyawaad... aapki aankhei bahut khoobsurat hai (merci, vous avez de beaux yeux). Evidemment je m'adresse aux Indiennes. A toutes les femmes originaires d'Inde, les femmes sont belles dans ce pays. Elles ont de beaux yeux.