Vettel rappelé à l'ordre

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Vettel rappelé à l'ordre
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S'il ne lui manque qu'un point pour conserver son titre de champion du monde, lequel devrait sans surprise tomber ce week-end au Japon, Sebastian Vettel a été invité à l'humilité vendredi. Le pilote Red Bull a compris que rien ne lui serait offert, ni par le circuit de Suzuka où il est parti à la faute sans gravité dans la matinée, ni par Jenson Button, le dernier qui peut encore théoriquement le coiffer sur le fil, meilleur temps des deux séances d'essais libres du jour.

S'il ne lui manque qu'un point pour conserver son titre de champion du monde, lequel devrait sans surprise tomber ce week-end au Japon, Sebastian Vettel a été invité à l'humilité vendredi. Le pilote Red Bull a compris que rien ne lui serait offert, ni par le circuit de Suzuka où il est parti à la faute sans gravité dans la matinée, ni par Jenson Button, le dernier qui peut encore théoriquement le coiffer sur le fil, meilleur temps des deux séances d'essais libres du jour. "Tout le monde ne me parle que de ce point. Mais au risque de me répéter, il va d'abord falloir aller le chercher ce point." Si Sebastian Vettel affichait jeudi en conférence de presse une prudence exagérée, qui pouvait passer pour certains pour de la langue de bois ou de la superstition tant l'intéressé est déjà promis à un deuxième sacre consécutif, l'Allemand a trouvé des arguments à sa rhétorique vendredi lors des premiers essais libres du Grand Prix du Japon. Qu'on se le dise, Suzuka ne s'offrira pas aussi facilement au pilote Red Bull qui, s'il le fallait, rappelait déjà la veille que Michael Schumacher y avait perdu le titre mondial en 1998 sur ennui mécanique. On vous l'accorde, voici un bon moyen de ménager le maigre suspense dissous course après course par Vettel, qui, à l'exception d'une quatrième place en Allemagne, aura trusté les deux premiers rangs de toutes les rendez-vous de la saison, avec un goût particulier pour la première marche du podium (neuf victoires). Mais s'il ne peut raisonnablement plus passer à côté de ce deuxième sacre consécutif (il faudrait qu'il ne marque pas le moindre point lors des cinq dernières courses et que Button réussisse un sans-faute), l'Allemand n'est pas encore assuré à 100% d'être titré à Suzuka, comme Ayrton Senna (1988, 1990, 1991), Alain Prost (1989), Nelson Piquet (1987), Damon Hill (1996), Mika Häkkinen (1998 et 1999) ou encore Schumacher (2000 et 2003) avant lui. Parce que l'Allemand n'est pas à l'abri d'une défaillance de sa monoplace, même si la Red Bull a fait preuve d'une grande fiabilité cette saison. Parce que, sur un circuit plébiscité par les pilotes, il peut partir à la faute, pour preuve sa sortie de piste, heureusement sans dommage, à Degner lors de la première séance d'essais libres. Et parce que Jenson Button est bien décidé à lui mettre la pression jusqu'au bout, qu'importe si ses chances de le doubler sur le fil sont plus qu'infimes. L'Anglais, qui reste sur quatre podiums de rang, une série commencée par une victoire en Hongrie et conclue par deux deuxièmes places, l'a prouvé en signant le meilleur temps des deux séances d'essais libres du jour, devant son coéquipier Lewis Hamilton dans la première et devant la Ferrari de Fernando Alonso dans la seconde. Une manière de prouver aussi à ses dirigeants qu'ils ont bien fait de le prolonger pour les saisons à venir malgré son âge (31 ans).