Vettel: "Nous avons dû être agressifs"

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Vettel: "Nous avons dû être agressifs"
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Cinq courses: cinq podiums dont quatre victoires, 118 points sur 125 possibles. Voilà le bilan exceptionnel de Sebastian Vettel en ce début de saison 2011. Le champion du monde a cette fois dû batailler pour remporter la victoire à Barcelone devant Lewis Hamilton, laissant échapper un cri de joie digne d'un chant tyrolien, mais le constat est implacable: Red Bull et son jeune prodige allemand évoluent dans une autre dimension.

Cinq courses: cinq podiums dont quatre victoires, 118 points sur 125 possibles. Voilà le bilan exceptionnel de Sebastian Vettel en ce début de saison 2011. Le champion du monde a cette fois dû batailler pour remporter la victoire à Barcelone devant Lewis Hamilton, laissant échapper un cri de joie digne d'un chant tyrolien, mais le constat est implacable: Red Bull et son jeune prodige allemand évoluent dans une autre dimension. Sebastian, quel est cet étrange cri que vous avez fait à la radio au moment où vous avez passé le drapeau à damiers ? C'était le cri de l'un de mes héros de comics préférés, Fred Flintstone. Je pense vraiment que c'est une bonne expression de joie. Manifestement la course n'était pas très joyeuse mais un peu plus dure. Hamilton était sur vos talons, comment l'avez-vous vécu ? C'était assez chaud. Lewis était dans mes échappements depuis 30 tours et ça devenait vraiment pressant à la fin parce que je pouvais voir que mes pneus se dégradaient rapidement dans les derniers tours. Je l'ai senti dans le dernier secteur, là où les pneus sont cruciaux. Vous voulez toujours accélérer ici, alors que vous devez attendre le bon moment, parce que dans le cas contraire vos pneus arrières diront adieu assez tôt. Si en plus de ça quelqu'un est dans votre échappement, ça ne facilite pas les choses. Quand vous passez le drapeau à damiers, il n'y a rien de plus à dire que "yabba dabba doo" (le fameux cri lancé, ndlr ). Nous n'étions pas les plus rapides en ligne droite, donc c'était à moi de trouver une solution pour avoir l'avantage dans les virages. Et quand le type derrière toi ne disparaît pas de tes rétroviseurs, tu sais que tu dois te battre et attaquer jusqu'au dernier tour- surtout quand on te dit de ne pas utiliser le KERS, un message que l'on a pas vraiment envie d'entendre quand on est en tête et qu'on ne peut utiliser l'aileron arrière mobile (DRS). Ça ne m'a pas facilité la vie, mais après tout c'était une course parfaite, bien que nous devrons analyser pourquoi nous avons perdu de la vitesse ce week-end et espérer trouver des réponses avant le prochain week-end. Bien sûr la joie prédomine, pas de doute là dessus. "A aucun instant, nous n'avions imaginé que la fin serait si serrée." Quel était le souci avec votre KERS pendant la course ? Il a fonctionné durant la première partie de la course et ensuite à la fin, on m'a dit de ne plus l'utiliser. Mais croyez-moi, nos gars travaillent dur pour résoudre le problème. C'est un peu notre histoire en ce moment: des situations avec et sans le KERS. Je suis sûr que cette situation n'est pas destinée à durer toute la saison. Au départ, Fernando Alonso a pris le meilleur sur vous et Mark au premier virage. Avez-vous toujours pensé être en mesure de le doubler ? Absolument pas. Mais au départ, j'étais vraiment surpris de le voir aussi vite parce que j'avais la sensation d'avoir pris un bon départ - légèrement meilleur que Mark - et j'ai décidé de me déporter sur l'extérieur parce que je pensais qu'il voudrait défendre l'intérieur. Ensuite est arrivé Fernando ! Nous avons du être agressifs et s'arrêter aux stands tôt, ne pas utiliser les pneus tendres autant que ce que l'on aurait pu parce que les durs étaient difficiles à conduire. A la fin, tout marchait superbement pour nous puisque nous avons pris la bonne stratégie pour le passer et reprendre la tête. Mais à aucun instant, nous n'avions imaginé que la fin serait si serrée. "On a prouvé que c'était la bonne stratégie" Votre premier arrêt au stand, après seulement 9 tours, était-il prévu ou était-ce en réaction à la situation ? C'était une réaction. A la fin d'un relais, les pneus se dégradent d'un coup très fortement ce qui signifie que quelqu'un qui dispose face à vous de nouvelles gommes est tout de suite beaucoup plus rapide. Il était donc clair que pour viser loin nous devions nous arrêter tôt- bien que nous nous retrouvions encore derrière Fernando. Le 2e arrêt aux stands a livré le résultat final anticipé, mais ça s'est construit depuis le 1er ravitaillement. C'était une approche agressive, mais à la fin on a prouvé que c'était la bonne stratégie. A quel moment diriez-vous que la course a tourné en votre faveur ? Au moment de votre premier arrêt ? Honnêtement, c'était une course difficile, et ce que nous avons fait était bien, à la fin nous terminons premier. Mais nous avons été très agressifs au début pour passer Fernando - et nous devions le faire car dans le cas contraire nous n'aurions jamais été en mesure de le dépasser en ligne droite. Je pense que nous avons pris les bonnes décisions, comme je pense que si McLaren avait bénéficié de l'écart pris lors de notre tour de rentrée aux stands, ils auraient pris la tête et cela aurait été impossible pour nous de renverser la situation.