Vettel, évidemment ?

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Vettel, évidemment ?
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Red Bull se présente de nouveau en grandissime favori du Grand Prix d'Espagne, ce week-end à Barcelone. Caracolant en tête du championnat du monde, Sebastian Vettel visera une quatrième victoire et une cinquième pole-position cette saison. Le rendez-vous de Montmelo n'étant pas réputé pour ses dépassements, la messe pourrait être dite dès les qualifications samedi.

Red Bull se présente de nouveau en grandissime favori du Grand Prix d'Espagne, ce week-end à Barcelone. Caracolant en tête du championnat du monde, Sebastian Vettel visera une quatrième victoire et une cinquième pole-position cette saison. Le rendez-vous de Montmelo n'étant pas réputé pour ses dépassements, la messe pourrait être dite dès les qualifications samedi. Amis parieurs, suivez les qualifications du Grand Prix d'Espagne, samedi à partir de 14 heures ! Depuis dix ans et la troisième victoire de Michael Schumacher sur le circuit de Catalunya, l'auteur de la pole-position a toujours vu en premier le drapeau à damier le dimanche après-midi. Et il ne faudra pas compter sur une évolution du tracé pour enrayer cette statistique, puisque seules les bordures de la chicane des virages 7 et 8 placées avant le rapide droite de Campsa ont été modifiées depuis l'an passé et le succès de Mark Webber. Du coup, les observateurs ont tôt fait de placer Sebastian Vettel en grandissime favori de cette cinquième manche de la saison. Une prévision on ne peut plus logique puisque l'Allemand, champion du monde en titre et large leader du championnat (avec 93 points et 39 unités d'avance sur le deuxième, Lewis Hamilton), accumule les pole-positions, quatre en autant de courses depuis le début de saison... Alors ce Grand Prix d'Espagne, écrit d'avance ? Pas forcément, tant plusieurs facteurs pourraient enrayer la domination des RB7. 10 dépassements l'an passé, 112 à Istanbul il y a deux semaines... Tout d'abord, le nouveau règlement et l'apport des fameux ailerons mobiles pourraient bouleverser le scénario presque immuable de ce week-end catalan. Le circuit de Montmelo, sinueux sur deux secteurs et parfait pour les tests hivernaux, comprend une des plus longues lignes droites de la saison après celle de Shanghai, incarnant le terrain d'expression idéal pour les KERS et ailerons mobiles des rivaux de la firme autrichienne. La zone d'activation du Drag Reduction System (DRS) des ailerons arrières sera ainsi de 830 mètres, la zone la plus large depuis le début de saison. Or, Istanbul et ses deux boulevards (ligne droite des stands et section placée entre les virages 10 et 12) en ont déjà montré les effets avec pas moins de 112 dépassements comptabilisés durant la course contre... 10 l'an passé en Catalogne. Les ingénieurs attendent donc beaucoup de cette manche espagnole, censée être le test ultime pour les aérodynamiques de leurs bolides. "C'est une piste sur laquelle nous avons d'habitude des difficultés alors, s'il y a des dépassements à Barcelone, je pense qu'on pourra affirmer que les nouveaux règlements sont un grand succès", juge Ross Brawn, le grand manitou de Mercedes. "Je pense qu'il y aura davantage de dépassements. C'est un circuit sur lequel les pneus se dégradent vite et on va donc avoir de grandes différences d'adhérence entre les voitures en fonction de leurs pneus. Et c'est certainement le facteur le plus important." Loué pour ses pneus à usure rapide ayant ramené spectacle et animations, Pirelli arrivera d'ailleurs avec une nouvelle gamme de pneus durs, censée tenir plus longtemps en course, créant un élément inattendu de plus. McLaren a développé tous azimuts "Je suis particulièrement curieux de voir comment ces changements vont affecter le Grand Prix dimanche", a d'ailleurs confié, impatient, le team manager de McLaren, Martin Whitmarsh, au site officiel de la F1. "Nous avons vu comment le DRS et le KERS hybride ont influencé la course jusque-là cette saison, donc nous allons voir comment les choses progressent à Barcelone, étant donné que le Grand Prix d'Espagne a déjà montré des possibilités limitées pour les dépassements." L'écurie britannique, la seule à avoir brisé la domination de Red Bull via la victoire de Lewis Hamilton en Chine, arrivera à Montmelo avec de nombreuses évolutions, certaines ayant été prévues pour Istanbul mais jugées pas encore assez fiables pour être montées sur les MP4-26. "Comme d'habitude, le rythme implacable du développement continue", argumente ainsi le directeur de l'ingénierie Tim Goss. "Nous avons un ensemble d'améliorations que nous prenons pour l'Espagne. C'est un paquet d'environ 10-12 pièces, dont certaines seront reconnaissables de l'extérieur et d'autres qui ne le seront pas." McLaren en embuscade, une course plus ouverte que d'habitude, de nouveaux pneumatiques, ce Grand Prix d'Espagne pourrait donc voir Red Bull vaciller. Mark Webber ne s'affole pas, mais avouait cette semaine qu'il allait falloir batailler. "Tactiquement, la question est de savoir comment nous gèrerons la course avec les arrêts au stand et comment les ailerons arrières seront utilisés dans les dépassements." Après s'être fourvoyé stratégiquement à Shanghai, Red Bull voudra montrer que son équipe technique a retenu la leçon. Et ce dès samedi en qualifications pour perpétuer la statistique soporifique de ce rendez-vous catalan. Tant pis pour le suspense...