Vers un triplé des Audi

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Vers un triplé des Audi
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24H DU MANS - Trois Audi mènent la course alors que Peugeot a connu plusieurs abandons.

24H DU MANS - Trois Audi mènent la course alors que Peugeot a connu plusieurs abandons.Rien ne sert de courir au Mans, il faut aussi tenir. Plus rapide que les R15, les 908 affichent cette année un sérieux talon d'Achille. La fiabilité. Une bien mauvaise surprise pour un proto en fin de développement. Après une attache de suspension causant la perte de la numéro 3 dès 17h30 samedi, les Lionnes ont connu beaucoup de déboires. Trop pour pouvoir rester en tête. La numéro 1, tenante du titre, aura eu beau se lancer dans un sprint effréné, les douze minutes perdues peu après 22h pour un changement d'alternateur auront couté cher. Marc Gené (pilote du dernier relais 2009), parti pour un relais d'anthologie, terminé peu avant 1heure du matin, aura tout essayé pour revenir au prix d'un abandon mécanique...Casse moteur sur la Peugeot !La Peugeot numéro 1 en pleine remontée, et à la lutte pour la seconde place, est au ralenti! Une épaisse fumée se dégage de la 908 d'Alexander Wurz qui rentre au stand. Le moteur semble donc touché. Le pilote autrichien est abattu. La 908 est entré dans son box et aucune réparation ne semble possible. On se dirige donc vers un triplé Audi au Mans, Kristensen, au volant de la numéro 7 occupant la quatrième place, semble promis à rafler la troisième marche du podium.Gené, toute l'énergie du désespoir pour le héros de 2009Même battre le temps de la pole position, sur un tour époustouflant, en 3' 19 614. Une performance qui suscitait l'admiration de son patron, Olivier Quesnel : Marc a fait un relais magnifique. On n'a plus le choix sur cette numéro 1. Il faut pousser, forcer Audi à rouler. On peut, pour cette 908, encore envisager la troisième place dans nos rêves les plus fous. Mais j'extrapole, il va se passer beaucoup de choses encore. Le directeur des lions ne croyait pas si bien dire... Ce tout pour le tout imposé allait aussi mettre beaucoup de pression à Anthony Davidson, le successeur de Gené au volant vers 1h du matin. Le Britannique, revenu à 50 secondes de l'Audi numéro 7 pour la quatrième place, part d'ailleurs à la faute à 1 h 30, sur un dépassement optimiste aux Esses de la foret face à une Ferrari. La numéro 1 y perd une bonne minute dans les graviers avant de pouvoir repartir. Un demi train arrière pour l'ORECA et 17 longues minutes d'arrêtMais Peugeot peut, à ce moment, encore légitimement s'appuyer sur l'équipage de la numéro 2, parfait de maitrise, et sur la numéro 4 confiée à Oreca. Les deux 908, en tête, possèdent alors un tour d'avance sur les premières Audi. Pas pour longtemps. Dès 3h du matin, la série maudite se poursuit avec l'arrêt forcé de Duval sur la 908 de l'écurie varoise d'Hughes de Chaunac. Bilan : un demi train arrière changé et 17 longues minutes de perdues. Deuxième, la numéro 4 recule au sixième rang, laissant Audi menacer la dernière rescapée, la numéro 2 de Minassian, Montagny et Sarrazin. La numéro 2 bien isolée en têteA la mi course, Peugeot ne peut plus compter que sur une seule 908 pour se mêler à la lutte pour la victoire. Un seul équipage sur les quatre monopolisant les deux premières lignes de la grille de départ. Terrible contraste pour des 908 reines mercredi, mais damnées le dimanche. Prudents, les pilotes de la numéro 2 allaient pourtant rendre une copie nocturne parfaite. Calquant son rythme sur la première R15, la numéro 8, l'équipage, à la recherche d'une première victoire au Mans, tente de ménager sa mécanique tout en assurant le moindre dépassement dans le trafic pour s'éviter toute mauvaise surprise. Un choix payant qui voyait la 908 garder son tour d'avance tout au long de la nuit. Car Audi menaçant prend un tout autre rythme, proche des 3' 24 au tour. Un tempo suffisant pour limiter l'écart, et compter sur une fiabilité au rendez vous. Les R15, depuis le départ, n'ont connu qu'une alerte. La sortie de piste de Tom Kristensen en soirée, causant un changement d'aileron arrière. La mécanique du proto allemand s'avère irréprochable. Audi enquille alors les relais dans un ballet redoutable d'efficacité.7h05. Montagny gare sa 908 sur le bas côtéAlors que les positions semblaient quelque peu se figer à l'approche des premiers rayons de soleil sur le circuit des 24 Heures, nouveau coup de théâtre à 7h05. Franck Montagny, lors d'une énième amorce de la ligne droite des Hunaudières, stoppe sa 908 près du rail, à l'amorce de la courbe marquant le début de la légendaire portion. Verdict une nouvelle fois implacable. Le turbo de sa 908 a lâché, causant l'abandon d'un équipage irréprochable sur la piste. De quoi laisser d'énormes regrets à Olivier Quesnel : C'est une course très longue et à priori ce n'est pas pour nous cette année. Audi a poussé et on n'a jamais pu se relâcher. Nous ne rencontrons que des problèmes que nous n'avons jamais connu. Un moteur alors qu'on n'en a jamais cassé, une transmission également...On est surpris mais ça allait très vite. Il y'a encore un certain nombre d'heures, il nous en reste une, la numéro 1, on ne sait jamais... Davidson à son volant, a saisi le message et multiplie alors les boucles record, à deux tours de la R15 de tête. Peugeot se raccroche à son ultime chance, un sprint quitte ou double pour tenter de faire craquer les R15, installées aux deux premières positions. Un maigre espoir bien loin des espoirs légitimes nés de sa supériorité aux essais. Mais Le Mans demeure plus que jamais une course unique, parfois si belle mais aussi cruelle. Et dire qu'il reste encore six heures... Un quart de l'épreuve !Le classement après 22 heures de course :1) Audi R15 n°9 (Dumas-Bernhard-Rockenfeller)2) Audi R15 n°8 (Fassler-Lotterer-Tréluyer)3) Audi R15 n°7 (Capello-McNish, Kristensen)4) Peugeot 908 n°4 (Duval-Lapierre-Panis)5) Aston Martin n°009 (Turner/Barazi/Hancock)