Une Streif sous pression

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Une Streif sous pression
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Le Hahnenkamm 2011 s'ouvre ce vendredi avec le Super-G, finalement maintenu après de nombreuses incertitudes liées à la météo. Le week-end tant attendu à Kitzbühel s'est cependant ouvert dans le drame vendredi avec la terrible chute de l'Autrichien Hans Grugger, transféré à l'hôpital d'Innsbruck. Les images pourraient ainsi peser dans les têtes à l'heure de s'élancer une première fois en course sur la Streif.

Le Hahnenkamm 2011 s'ouvre ce vendredi avec le Super-G, finalement maintenu après de nombreuses incertitudes liées à la météo. Le week-end tant attendu à Kitzbühel s'est cependant ouvert dans le drame vendredi avec la terrible chute de l'Autrichien Hans Grugger, transféré à l'hôpital d'Innsbruck. Les images pourraient ainsi peser dans les têtes à l'heure de s'élancer une première fois en course sur la Streif. Soudain, les regards se sont figés, le silence pesant s'est installé dans l'imposante aire d'arrivée. Et la musique de Greenday crachée par la sono est devenue subitement bien difficile à supporter. Tout était pourtant réuni pour enfin ouvrir le bal d'un des week-ends les plus attendus du cirque blanc. Après plusieurs jours passés entre reports des entraînements et températures printanières, les rois de la descente se présentaient enfin dans la fameuse cabane, prêts à en découdre une première fois avec les plus de 3000 mètres de descente proposés. Soulagés aussi pour certain, alors que le Super-G prévu ce vendredi n'était pas passé loin de l'annulation. Le règlement de la FIS imposant la tenue d'au moins un entraînement, qui plus est à Kitzbühel, l'épreuve avait bien failli passer à la trappe pour laisser la place à ce galop d'essai importantissime. Finalement maintenu jeudi, ce premier passage avait donc l'allure d'un soulagement pour les organisateurs. Mais la Streif demeure impitoyable, comme résolue à rappeler qu'elle représente un terrible défi, même pour les skieurs les plus expérimentés. Après quatre passages, Hans Grugger se présentait ainsi au départ. Et après quelques secondes de course, l'Autrichien de 29 ans, aux quatre victoires en Coupe du monde, décolle alors sur le fameux saut placé à la sortie de la mythique Mausefalle (littéralement, "la souricière"). Trop en arrière, presque simple passager, le skieur originaire de Salzbourg cherche à retrouver son équilibre à grand renfort de moulinets de bras. Bien vain, alors que la réception tourne à la catastrophe. Ejecté vers l'arrière, "Hansi" frappe la glace avec la tête avant de finir, pantin désarticulé, vingt mètres plus bas. Évacué par hélicoptère après avoir subi une intubation, Grugger souffre d'un grave traumatisme crânien. Comme Albrecht en 2008... Plongé dans "un coma artificiel profond" selon le site de la fédération autrichienne qui a publié un nouveau communiqué ce vendredi matin, Grugger poursuit la triste série de la piste mythique, deux ans après la terrible chute de Daniel Albrecht, alors promis à de nombreuses victoires. Revenu sur le circuit cette année après avoir réappris à parler, marcher puis skier, le Suisse n'a pas souhaité faire le voyage dans la station tyrolienne, sans doute encore hanté par des souvenirs bien douloureux. Dans un communiqué publié sur son site internet, Albrecht se disait "profondément affecté" par l'accident. Didier Cuche, meilleur temps de ce passage, a tenu, lui, à souligner qu'il s'agissait d'une erreur de l'Autrichien et non d'un danger sur le tracé. Le triple vainqueur de la Streif (plus une fois en Super-G lors de son incroyable doublé l'an passé) sera l'un des favoris ce vendredi alors que le mental devrait avoir plus d'importance encore qu'à la normale. Parlez-en à Johan Clarey. Le Français, qui devait s'élancer derrière Grugger, aura aussi vécu un calvaire dans la cabane de départ, entre nouvelles inquiétantes et reports de son départ. Le skieur de Tignes ne devrait pas être le seul à voir quelques images trotter dans la tête ce vendredi matin à l'heure de se présenter à nouveau dans le portillon de départ... Il faudra pourtant faire abstraction. Plus que jamais, car Kitzbühel ne pardonne décidément rien.