Une nervosité palpable

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Une nervosité palpable
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C'est un peloton très tendu qui a traversé la Bretagne pour rejoindre le Cap Fréhel ce mercredi, à l'occasion de la 5e étape du Tour de France. De nombreuses chutes ont eu lieu, laissant sur le carreau Janez Brajkovic et impliquant également Alberto Contador, Robert Gesink et Tom Boonen. Le Belge a rejoint l'arrivée avec plus de treize minutes de retard.

C'est un peloton très tendu qui a traversé la Bretagne pour rejoindre le Cap Fréhel ce mercredi, à l'occasion de la 5e étape du Tour de France. De nombreuses chutes ont eu lieu, laissant sur le carreau Janez Brajkovic et impliquant également Alberto Contador, Robert Gesink et Tom Boonen. Le Belge a rejoint l'arrivée avec plus de treize minutes de retard. Jérôme Coppel le soulignait déjà la veille: "C'était super nerveux toute la journée, sans temps mort." Le scénario de la 5e étape l'a encore confirmé ce mercredi avec un peloton tendu sur les petites routes bretonnes vers le Cap Fréhel. De nombreuses chutes ont émaillé les cent derniers kilomètres, provoquant de sérieux dégâts pour certains coureurs, notamment Janez Brajkovic. Le Slovène de la RadioShack (16e du classement général), projeté violemment au sol, a dû abandonner peu après le sprint intermédiaire à Goudelin (km 70). C'est le seul qui n'a pas pu remonter sur son vélo, c'est aussi un soutien de poids en moins pour Levi Leipheimer, le leader de l'équipe américaine, qui comptait sur le vainqueur du Critérium du Dauphiné 2010 dans les étapes de montagne. Christophe Kern, vainqueur d'étape sur le Dauphiné cette saison, n'a pas non plus rejoint le promontoire au bord de la Manche. Le champion de France du contre-la-montre, blessé au genou gauche, a préféré "mettre le clignotant". Un abandon sans lien avec les chutes dont Alberto Contador, Robert Gesink, Tom Boonen, Bradley Wiggins et Sylvain Chavanel, rien que ça, ont été victimes. L'Espagnol, visiblement agacé au point de jeter son vélo avec dédain sur le bas-côté (km 72), a repris la route avec le maillot déchiré par endroits dans le dos. Aidé par plusieurs coéquipiers, le triple vainqueur de la Grande Boucle a rejoint le peloton alors que les Leopard-Trek avaient accéléré à l'avant. Une manoeuvre pas très cordiale... Voeckler: "Il n'y a pas de place pour tout le monde à l'avant" Candidat au podium à Paris, Robert Gesink, qui est tombé en même temps que Janez Brajkovic, a lui aussi réintégré le peloton, avec le genou ensanglanté. Grosse galère en tout cas pour Boonen. Le Belge, au sol avec deux de ses coéquipiers (km 102), a lutté contre la douleur, en chasse patates derrière le peloton qu'il n'a jamais pu rejoindre, terminant l'étape à plus de treize minutes du vainqueur. Une journée à oublier pour l'ancien champion du monde, plutôt transparent depuis le grand départ en Vendée. Thomas Voeckler, qui a tenté sa chance dans le final, a détaillé, avec ses mots, la tension qui règne dans le peloton: "C'était très nerveux, avec beaucoup de chutes, car il y a neuf coureurs par équipes avec un leader par équipes qui joue le général. Ils veulent tous être à l'avant du peloton, mais il n'y a pas de place pour tout le monde. C'est mathématique. La route fait cinq mètres de large." Avant de lancer une petite pique aux grosses écuries: "En ce qui me concerne, il n'y a pas de raison que je laisse ma place à ceux qui courent dans les meilleures équipes du monde sous prétexte que je suis en deuxième division. On est tous sur un vélo, tout le monde veut être devant mais il n'y a pas de place pour tout le monde. Parfois, ça casse comme aujourd'hui."