Une lueur dans la nuit

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Une lueur dans la nuit
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Une semaine après sa défaite indigne en Italie, le XV de France a conclu le Tournoi des Six Nations par une victoire (28-9) face au Pays de Galles au Stade de France, retrouvant l'engagement déficient à Tarvisio. Lionel Nallet, auteur de deux essais, a montré le chemin. Mais ce succès, s'il a le mérite de terminer le Tournoi sur une note positive, n'efface pas tout à six mois du début de la Coupe du monde.

Une semaine après sa défaite indigne en Italie, le XV de France a conclu le Tournoi des Six Nations par une victoire (28-9) face au Pays de Galles, retrouvant l'engagement déficient à Tarvisio à défaut de totalement séduire le Stade de France. Lionel Nallet, auteur de deux essais, a montré le chemin. Mais ce succès, s'il a le mérite de terminer le Tournoi sur une note positive, n'efface pas tout à six mois du début de la Coupe du monde. Le Grand Chelem 2010 restera donc comme une anomalie de l'ère Lièvremont, conclue comme elle avait débuté, avec deux défaites au compteur dans le Tournoi des Six Nations. L'absence du XV de France dans le dernier carré de la Coupe du monde en est aussi une, la sortie en quart de finale du Mondial 1991 restant à ce jour une exception en six éditions. Puissent Thierry Dusautoir et ses hommes se rattacher à ça puisqu'ils n'ont malheureusement plus d'autre alternative. Et l'honneur nous direz-vous, celui sur lequel les coqs bleus, revenus la queue basse de Rome, se sont appuyés comme des vieillards souffrants pour battre le Pays de Galles samedi au Stade de France (28-9) ? L'honneur comme dernier ressort a suffi il est vrai à cette équipe de France pour terminer ce Tournoi sur une note positive après la sortie de route romaine. Mais il faudrait que la presse, la Fédération et la ménagère de moins de 50 ans s'amusent à cracher sur Marc Lièvremont et ses joueurs pendant cinq mois, comme le sélectionneur semble l'espérer, pour que ce sentiment ne survive jusqu'à la Nouvelle-Zélande. En attendant, l'équipe de France n'aura malheureusement que ces deux mois de préparation, censés remettre les Bleus à niveau physiquement, et pourquoi pas permettre au staff d'élaborer un semblant d'animation offensive, pour proposer le 10 septembre prochain face au Japon, en ouverture de son Mondial, autre chose que cette triste bouillie offerte au Stade de France pendant plus d'une heure. Une issue malheureusement palpable d'entrée de match, quand sur un premier cafouillis, le ballon est rendu aux Gallois, mettant Palisson à la faute et Hook en réussite (3e, 0-3). On croit la chandelle de Trinh-Duc, qui conduit à un gros travail des avants pour l'égalisation de Parra (8e, 3-3), suffisante pour rallumer la lumière du caveau dionysien, on se trompe, Français comme Gallois, pourtant conduits par la perspective de gagner le Tournoi, n'offrant qu'un festival de ballons perdus et d'idées creuses. Une période seulement éclairée par la pénalité de Parra (30e, 6-3) mieux luné que Hook (13e). Aussi tremblante de peur, l'équipe de France n'est pas à l'abri de la sanction, coup de bambou évité de justesse par la seule grâce d'une cuillère inspirée de Trinh-Duc sur Halfpenny (32e). Le doublé de Nallet Sans inspiration, ce XV de France ne peut s'en remettre qu'à sa seule arme, ces ballons de contre offerts par les Gallois pour exister. On s'accroche à ce que l'on peut et Nallet, qui passait par là, n'hésite pas à cueillir cette offrande pour aller seul, mû par la volonté de se racheter, et malgré la présence de Trinh-Duc à ses côtés, à l'essai (38e, 11-3). Les Bleus reviennent de loin mais le précipice est encore au bout de leurs orteils quand Hook sanctionne leur nouvelle entame catastrophique de seconde période par une pénalité (43e, 11-6). Heureusement, les Français n'ont pas le temps de gamberger que, Pierre, qui lui aussi passait par là, contre le coup de pied gallois pour permettre à son compère de la seconde ligne de réussir un doublé rare à ce niveau (45e, 18-6). De quoi faire tourner les têtes, l'ancien capitaine des Bleus se mettant à la faute dans la foulée pour permettre à Hook de maintenir le suspense, pour ne pas dire cette sainte trouille, intact (49e, 18-9). La réussite retrouvée au pied de Parra redonne un peu de souffle au XV de France (53e, 21-9), une bouffée d'oxygène qui remet les idées en place de Trinh-Duc qui envoie Clerc, l'une des rares satisfactions françaises du Tournoi, inscrire son 24e essai en sélection sur une petite passe au pied par-dessus (60e, 28-9). A l'abri d'une défaite qui aurait pu définitivement couper ce lien qui continue d'unir Marc Lièvremont à ses joueurs, et qui aurait renvoyé le XV de France avec trois défaites dans le même Tournoi dix ans en arrière, ne restait qu'à Thierry Dusautoir et à ses hommes à ne pas encaisser d'essai, une première dans ce Tournoi. S'ils ont joué à se faire peur, ils auront tenu jusqu'au bout. C'est déjà ça de pris. Et si cela sera bientôt oublié, Marc Lièvremont, au point où il en est, ne crachera pas dessus.