Une défense en question

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Une défense en question
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L'arrière-garde de l'équipe de France reste plus que jamais au centre des préoccupations. Les choix de Raymond Domenech, qui a toutes les peines du monde à stabiliser sa défense, sont toujours aussi discutables. Reste à savoir quelle défense-type le sélectionneur des Bleus alignera-t-il dans ce match-couperet face à la Roumanie, samedi, au Stade de France.

L'arrière-garde de l'équipe de France reste plus que jamais au centre des préoccupations. Les choix de Raymond Domenech, qui a toutes les peines du monde à stabiliser sa défense, sont toujours aussi discutables. Reste à savoir quelle défense-type le sélectionneur des Bleus alignera-t-il dans ce match-couperet face à la Roumanie, samedi, au Stade de France.Au moment où l'équipe de France aborde ce que Raymond Domenech appelle lui-même "la dernière ligne droite" des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, se pose une fois de plus le problème de la défense tricolore appelée à défier les attaquants roumains samedi au Stade de France puis le mercredi 9 septembre à Belgrade. Non pas que ce secteur de jeu soit réellement déficient, la France n'ayant encaissé que trois buts en six matches depuis le début de l'année (mais elle n'a affronté qu'une sélection de top niveau mondial, l'Argentine, qui lui en a marqué deux), mais en raison des nombreux changements effectués ces derniers temps par Raymond Domenech. Certes, les choix du sélectionneur sont parfois dictés par les blessures des uns ou les méformes des autres, mais force est de constater que depuis l'Euro 2008 et la retraite de Lilian Thuram, autrefois pilier de la défense bleue avec William Gallas, celle-ci a bien du mal à se stabiliser.Cette instabilité concerne surtout la charnière centrale, car sur les côtés, si l'on regarde toutes les compositions d'équipe de Raymond Domenech depuis l'été 2008, Bacary Sagna à droite et Patrice Evra à gauche tiennent largement la corde, le premier ayant été titularisé neuf fois sur douze, contre trois pour Rod Fanni, le second huit fois, contre deux à Gaël Clichy et Eric Abidal, ce dernier apparaissant aux yeux du sélectionneur davantage comme un défenseur central que comme un latéral, comme il l'a rappelé jeudi dernier au moment de dévoiler la liste des 23 pour la Roumanie et la Serbie: "Il est une option en tant que défenseur central, oui, il peut aussi jouer à gauche et il y a deux matches. Il faut imaginer toutes les options, toutes les possibilités, tout ce qui peut arriver dans un match, donc on essaie de trouver des solutions, il y a des joueurs polyvalents qui sont un bonheur pour les sélectionneurs, il en fait partie."Quelle charnière centrale face à la Roumanie?La polyvalence d'Eric Abidal est peut-être un atout aux yeux de Raymond Domenech mais elle est aussi un inconvénient pour le joueur dans la mesure où Patrice Evra lui est préféré au poste de latéral gauche et que dans l'axe, il n'a plus été titularisé depuis octobre 2008 et l'amical France-Tunisie. Certes, le Barcelonais a été blessé au printemps dernier, notamment au moment des deux rencontres face à la Lituanie, mais cela n'explique pas tout et Raymond Domenech ne semble pas voir en lui un titulaire indiscutable dans l'axe (on se souvient que, contraint par les événements, il l'avait aligné lors de l'Euro 2008 contre l'Italie avec à la clé une expulsion prématurée), contrairement à celui qui apparaît comme le seul indéboulonnable, à savoir William Gallas. Titularisé huit fois en douze matches, le joueur d'Arsenal, du haut de ses 73 sélections, est le véritable taulier de la défense tricolore et son début de saison, qui l'a vu en outre se muer en buteur (trois buts), montre que, après quelques pépins physiques et «coups de moins bien» dûs aux questions qu'il se posait sur son avenir londonien au cours de l'exercice précédent, il revient peu à peu à son niveau de 2006, capable de museler les meilleurs attaquants du monde, roumains et serbes compris.Reste à savoir qui lui sera associé samedi au Stade de France. En l'absence de Mexès et Boumsong, titularisés cinq et trois fois lors des douze rencontres jouées par les Bleus depuis l'Euro 2008, et à moins que Raymond Domenech n'opte pour la solution Abidal, entré en jeu lundi soir lors de la première journée de Liga sur le flanc gauche du FC Barcelone (à la place de Maxwell, blessé), c'est vers deux autres joueurs du Championnat espagnol que se trouve sans doute la solution, à savoir Sébastien Squillaci et Julien Escudé. Raymond Domenech avait créé la surprise aux Féroé en alignant le second, presque une première, puisque la paire Gallas-Escudé n'avait alors que 45 minutes de vécu commun, la seconde période de l'amical Espagne-France (1-0) le 6 février 2008. A l'arrivée, le résultat a été plus que mitigé, l'ancien Rennais ayant semblé bien fébrile, pourtant face à bien faible opposition. Autant dire que la tendance va à une titularisation de Squillaci, avec lequel Gallas semble posséder davantage d'automatismes, les deux hommes ayant évolué côte à côte au printemps dernier lors du double rendez-vous face à la Lituanie (c'était d'ailleurs seulement la deuxième fois depuis l'Euro 2008 que Raymond Domenech alignait la même défense d'un match à l'autre), avec un bilan bien plus satisfaisant. Bref, la tendance va à une ligne Sagna-Gallas-Squillaci-Evra, mais le sélectionneur étant un adepte du contre-pied, il faudra sans doute attendre samedi, une heure avant le coup d'envoi de France-Roumanie, pour connaître le choix du coach...