Une chute et des écarts

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Une chute et des écarts
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C'est le grand perdant de la journée: Alberto Contador, retardé par une chute qui a scindé le peloton en deux à moins de dix kilomètres de l'arrivée de la première étape du Tour de France, a concédé 1'20" aux frères Schleck et à d'autres prétendants au podium. Un manque de vigilance, récurrent, qui obligera l'Espagnol à passer à l'offensive dès que la route va s'élever.

C'est le grand perdant de la journée: Alberto Contador, retardé par une chute qui a scindé le peloton en deux à moins de dix kilomètres de l'arrivée de la première étape du Tour de France, a concédé 1'20" aux frères Schleck et à d'autres prétendants au podium. Un manque de vigilance, récurrent, qui obligera l'Espagnol à passer à l'offensive dès que la route va s'élever. Avec la victoire, attendue, de Philippe Gilbert au terme de la première étape du Tour de France, c'est l'information principale de la journée: Alberto Contador a concédé 1'20" sur certains des prétendants au podium à Paris. Le coureur de la Saxo Bank a été retardé en raison d'une chute collective survenue à neuf kilomètres de l'arrivée qui a scindé le peloton en deux. Malgré de sérieux efforts pour revenir avec l'aide de ses coéquipiers, tout en étant en contact permanent avec ses managers sur les écarts, il n'a pas réussi à combler le trou avant son passage sur la ligne d'arrivée au Mont des Alouettes, la tête basse. Mais le triple vainqueur de la Grande Boucle n'est pas le seul puisque Samuel Sanchez, 4e l'an dernier, et Roman Kreuziger ont eux aussi perdu du temps dans l'affaire. Ce qui profite évidemment aux frères Schleck, Andy et Frank, tout comme à Cadel Evans, Jurgen Van den Broeck, Bradley Wiggins et Andreas Klöden, rivaux déclarés de Contador et tout heureux de ce fait de course et de voir l'Espagnol déjà en difficulté dès la première étape de la Grande Boucle. Malheureusement pour lui, ce n'est pas la première fois qu'il manque de vigilance dans un final aussi nerveux. En 2009 sur les routes ventées de la Grande-Motte, le Madrilène avait été pris dans une bordure et avait concédé une trentaine de secondes sur Lance Armstrong, qui courrait pourtant sous les mêmes couleurs de la formation Astana mais qui n'avait pas hésité à demander à ses lieutenants de rouler. A deux minutes avant d'aborder les Pyrénées ? C'est d'ailleurs ce qu'a réclamé Cadel Evans. Après quelques secondes de tergiversation en tête du peloton pour évaluer les dégâts causés par la chute, le groupe a repris son allure son l'impulsion de quelques coureurs de la BMC, ceux de l'Australien, relayés plus tard par la RadioShack de Levi Leipheimer. Une manoeuvre qui a eu l'effet escompté puisque l'écart entre le groupe de tête et les attardés n'a cessé de croître jusqu'à atteindre 1'20" au passage sur la ligne d'arrivée. A noter que Bradley Wiggins, Ivan Basso, Levi Leipheimer, Robert Gesink et Andy Schleck s'en tirent bien. Pris dans une nouvelle chute dans le final, tous ont été reclassés dans le temps du peloton puisqu'elle est survenue à moins de trois kilomètres de l'arrivée. Quelles sont les conséquences de ce retard malvenu pour Contador ? D'abord, il pourrait perdre encore de précieuses secondes dimanche lors du contre-la-montre par équipes des Essarts. Son équipe, la Saxo Bank, n'est pas aussi bien armée pour ce genre d'exercice que les Leopard-Trek des frères Schleck, entraînés dans le sillage de la locomotive Fabian Cancellara. L'Espagnol pourrait donc se retrouver au pied du Massif Central, voire des Pyrénées s'il ne bouge pas avant, avec deux minutes dans la vue. Un scénario qui l'obligerait à se dévoiler très tôt, dès les premières ascensions pyrénéennes pour combler son retard. Cela promet en tout cas du mouvement dans tous les sens et donne aux étapes de montagne une dimension inespérée avant le départ.